Victoire de Castellane :"Je n'essaie pas d'être à la mode" - L'Officiel
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Victoire de Castellane :"Je n'essaie pas d'être à la mode"

Que se passe-t-il lorsqu'une illustre maison de couture donne carte blanche à l'une des artistes les plus délurées de son époque pour imaginer les lignes de joaillerie ? La réponse ici avec Victoire de Castellane, directrice artistique de Dior Joaillerie.
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Victoire de Castellane est le genre de créatrice que les joailliers modernes aspirent à être. En 1998, après avoir passé 14 ans chez Chanel à imaginer des broches et camélias aux côtés de Karl Lagerfeld, l'extraordinaire designer a été choisie par Bernard Arnault, directeur général de LVMH, pour le poste de directrice artistique de Dior Joaillerie .

Typiquement parisien (à son image), le style de Victoire De Castellane est aussi imaginatif que décalée. "Je n'essaie pas d'être à la mode", affirme-t-elle. "C'est ma personnalité. Je m'habille pour le moment - presque comme Halloween. Je ne suis pas superficielle mais j'aime le paraître. "

Ses créations plus extravagantes que nature ont été inspirées par des éléments des plus singuliers, des plantes carnivores aux drogues psychotropes et, plus récemment, le décor de chaque salon et jardin du Château de Versailles. Exposée dans les meilleures galeries d'art telles que la Gagosian à Paris, Londres et New York, portée par les A-listers tels que Rihanna et Natalie Portman sur le tapis rouge, Victoire de Castellane est une égérie des temps modernes. Le point en quelques questions sur le phénomène 100% aristo du 30 avenue Montaigne.

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Prêtez-vous plus d'importance au récit ou au design ?

Le récit et le design sont liés. Ce dernier commence par une histoire. Depuis mon arrivée chez Dior, j'ai développé les thèmes existants de la maison comme le jardin de Christian Dior à Milly-la-Forêt, l'excentricité des belles robes de bal, et, bien sûr, la couture. Cependant, les thèmes de mes collections ne sont qu'un point de départ et je les mélange avec mes propres inspirations. Je perpétue sans cesse le dialogue avec Monsieur Dior.

 

Vous avez déguisé des bijoux de haute joaillerie en bijoux de fantaisie, et même utilisé de l'argent noirci dans vos créations les plus extravagantes pour Dior. D'où viennent toutes ces idées?

Je tire beaucoup d'inspiration de mon environnement, de la société, des relations humaines, de l'art, des expositions, du cinéma, de la photographie, de la nature, de l'univers féminin, de l'amour, de la sexualité, de la psychanalyse et de la vie elle-même. Tout m'inspire. Je mets toutes ces inspirations dans mon "agitateur mental" et c'est ainsi que commence une nouvelle collection. Chaque collection en amène une autre et j'adore l'idée d'aller non seulement plus loin, mais dans des endroits où je m'attendais le moins à attérir. Je déteste m'ennuyer. Je trouve que s'ennuyer rend malheureux, alors j'ai toujours besoin de créer des choses qui me divertissent.

Comment choisissez-vous vos gemmes?

Je travaille avec des marchands de pierre et une équipe très professionnelle chez Dior qui respecte et connaît très bien mes exigences en termes de qualité. Je choisis les pierres selon mes désirs et besoins de couleurs et de formes. Pour affiner leur beauté, les pierres centrales sont systématiquement réformées et les facettes sont retravaillées et polies.

Voyez-vous la beauté dans les pierres dures semi-précieuses?

Chez Dior, il n'y a plus de différence entre les pierres précieuses et semi-précieuses. Je préfère les appeler des pierres moins conventionnelles. J'aime particulièrement les couleurs de la tourmaline Paraïba, du grenat spessartite, du grenat tsavorite et du grenat démantoïde. J'ai aussi récemment utilisé l'opale rose, la turquoise, la malachite et l'onyx pour la gamme Rose des Vents.

 

Retrouvez l'interview complète de Victoire de Catsellane dans le numéro de septembre 2017 de L'Officiel Singapore (disponible sur Magzter ).

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