Jalouse

Marc Jacobs, le retour du roi

Capitalisant sur son humour, son histoire et sa polymathie, Marc Jacobs aura évité en beauté l’écueil du “has-beenat”. Revue des sept points forts qui signent son brillant come-back.
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1. L’art se ressentant du bonheur, notre homme aurait donc bel et bien “tué ses démons” comme le titrait Business of Fashion en février dernier. Grand cru créatif, avec deux défilés acclamés par la presse et le lancement de THE Marc Jacobs, 2019 a vu le designer épouser l’architecte d’intérieur Charly Defrancesco, et aussi fêter ses trois ans de sobriété. 

2. Si le réseau social tend à se protocolariser, Marc Jacobs en défend une approche improvisée. TBT permis de conduire, photo du chien Neville ou taxi-selfie en foulard Gucci… Partout sur @themarcjacobs, l’idée de behind-the-scenes supplante l’idée de vitrine. Cette politique a le mérite de raccrocher les wagons entre le créateur et l’univers qu’il a créé.

3. Balayant le cliché du couturier démiurge, Marc Jacobs envisage la mode comme un jeu collectif. Pour preuve ? Sa nouvelle ligne THE Marc Jacobs, lancée le 30 mai dernier, repose sur un réseau de cerveaux dont la designer Olympia Le-Tan, la styliste Lotta Volkova ou le photographe Hugo Scott. Des collaborations avec Peanuts, Schott et Stephen Jones ont vu le jour depuis.

4. Suivi par Tomo Koizumi, Molly Goddard, Matty Bovan & Co, Marc Jacobs s’impose en 2020 comme le grand tribun de l’extravagance. Son récent défilé Printemps-Été, à New York, en appelait d’ailleurs “au plaisir de s’habiller”, principe qu’il est le premier à mettre en pratique. Face à l’ascétisme ambiant, l’Américain n’hésite pas à dégainer une paire de bottines à talons Rick Owens sur les chemins de Central Park.

5. Avec le “scolasticat” des saisons passées, c’est toute la pompe autour du sacro-saint défilé de mode que Marc Jacobs envoie valser. Adieu donc, podiums lyophilisés. Adieu, marches en rangs d’oignons. Cette vaste entreprise de désacralisation s’appuie sur un second degré assez rare pour être souligné. Que la mode rie donc un peu d’elle-même !

6. Cinéma, musique, peinture… Marc Jacobs a toujours fait interagir la mode avec d’autres disciplines, épaulé par un crew “couteau suisse” comptant Lady Gaga, Selena Gomez ou Rita Ora. Cette transversalité est d’autant plus importante que la jeune génération milite pour décloisonner les arts. Elle lui a valu de décrocher le premier “Fashion Trailblazer” de l’histoire aux derniers MTV Video Music Awards.

7. Qu’elle semble loin, l’époque où les rééditions étaient taxées de passéistes. Rejouant sa messe grunge de 1993 à l’heure des digital natives, Marc Jacobs parle à ceux qui aiment à la fois la tech’ et les vieilles fringues, à ces seniors-millennials (aka les “sellennials”) qui trouvent dans un mode de consommation raisonné – le vintage – la juste dose de nouveauté instagrammable.

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