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Augustin Dol-Maillot fait ses débuts chez Barrie

Fraîchement nommé à la tête de Barrie, Augustin Dol-Maillot insuffle, du haut de ses 29 ans, modernité et désidérabilité à cette marque de cachemire dont la manufacture écossaise plus que centenaire a été rachetée par Chanel.
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Quel est votre background ?

Augustin Dol-Maillot : Je suis né à Tours, mais j’ai grandi à Nice. Mon père est le directeur chorégraphe des Ballets de Monte-Carlo et ma mère était mannequin dans les années 1980. Je vis actuellement à Paris.

 

 

Quel est votre parcours ?

J’ai commencé chez Chanel à 16 ans, en stage d’été. Comme je me suis très bien entendu avec le studio, j’ai renouvelé l’expérience deux autres étés de suite. Une fois mon bac en poche, j’ai intégré le studio Chanel durant huit mois avant de commencer des études de design graphique à l’Institut supérieur des arts appliqués, à Paris. Après un stage au Research Studios, à Paris, j’ai été embauché pour faire du graphisme et de la direction artistique. En parallèle, avec mon frère, nous avons lancé une marque de mode. Faute de moyens, on récupérait tous les accessoires de luxe de nos parents pour en faire des vêtements. J’ai ensuite suivi mon père à Moscou, qui m’a proposé de réaliser les costumes du Ballet du Bolchoï. Après cette aventure géniale, j’ai réintégré le studio chez Chanel.

 

 

Quelle est votre journée type ?

Le matin, je promène mon jack russell blanc et sourd avant de me rendre au bureau. Je partage mon temps entre le studio de Barrie et celui de Chanel. Je n’ai qu’à traverser la rue. Je passe mon badge à peu près deux-cents fois par jour !

 

 

Comment l’expérience Barrie a-t-elle commencé ?

En mai 2018, Karl Lagerfeld m’a proposé de prendre la direction artistique de Barrie. En quatre semaines, grâce au savoir-faire des équipes techniques, j’ai créé la collection printemps-été 2019.

 

 

Comment décririez-vous cette première collection ?

Le point de départ a été la couleur. J’ai fait développer de nouvelles teintes qui n’étaient pas au catalogue. Le graphisme est le second aspect déterminant. J’ai joué avec les codes de l’Écosse : le chardon, l’esprit collège, l’idée d’uniforme. J’ai voulu que cette collection corresponde à “une journée d’été”, du pyjama du matin au petit déjeuner à la tenue un peu plus chic du soir en résille de cachemire. C’est un vestiaire complet. Toutes les pièces se mélangent entre elles. J’ai imaginé trois axes : homewear, travelwear et nightwear. La grande nouveauté est qu’on a mélangé le cachemire à d’autres fibres telles que le coton, la laine et la soie.

 

 

Quelles sont vos pièces fétiches ?

Il y a évidemment le thème denim en total cachemire avec ses trois teintes : brut, délavé et blanc, le pyjama à rayures et le cardigan avec les deux B.

Quelle est la part de streetwear de la collection ?

La collection est street malgré moi car c’est mon univers. Mais je n’ai pas voulu tomber dans le piège du total streetwear. Le vestiaire Barrie est assez unisexe dans son esprit, mais j’ai désiré qu’il y ait aussi des pièces très féminines et près du corps.

 

 

Quelle est la spécificité de la manufacture Barrie en Écosse ?

La main Barrie est incomparable. La façon qu’ont les Écossais de travailler le cachemire fait que la fibre est quasiment intacte. C’est le secret de la longévité d’un cachemire Barrie. La fibre s’ouvre et s’adoucit au fil du temps.

 

 

Quels sont vos rêves pour Barrie ?

Je souhaiterais que Barrie existe en tant que marque et qu’elle sorte de son côté niche et fournisseur de cachemire. On est en train de travailler sur des projets dans ce sens pour que Barrie ait une iden- tité encore plus forte.

 

 

Quelle est votre devise ?

Il faut toujours se faire confiance sinon personne d’autre n’aura confiance en vous. Je ne me projette jamais à plus de deux semaines voire deux jours. J’ai toujours accepté des défis qui étaient plus grands que moi. Je ne m’inquiète jamais du futur.

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femmes

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