Hommes

C'est le moment de ressortir votre survêt'

by Anne Gaffié
23.03.2017
Quand les coachs tombent le survêt’, les fans de mode, eux, en font leur nouveau talisman. Mais le survêtement, le "vrai", donne bien des soucis aux gardiens du style. On ne compte plus dans les pages people ceux qui paradent en training comme autrefois en costume, avec toujours autant d’assurance mais beaucoup moins d’allure. Comment a-t-on pu en arriver là?
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Chez MSGM, l'hiver 2018 s'annonce sportif, même en ville.

Rappel des faits

Pas besoin d’être sorti de Central Saint Martins pour avoir vu venir le raz-de-marée streetwear. Surtout avec le retour sur le devant de la scène mode de pièces sportswear iconiques, facilement repérables. Ça a commencé doucement mais sûrement en début de siècle avec la "sneakers mania", avant d’attaquer le textile, en vénérant d’abord le coton molleton (pantalons de jogging, sweat-shirts zippés à capuche, hoodies), puis le nylon, le pur le dur, celui qui a tendance à briller, avec ses Zip et bandes contrastées. Effet boomerang garanti, à la très forte odeur eighties et nineties. Un constat qui tendrait d’ailleurs à faire penser que cet engouement pour le sportswear vintage tracte à lui tout seul les tendances masculines de ces deux dernières saisons.

Les protagonistes


À la source, on retrouve les marques mythiques des univers street et sportswear, anciennes voire oubliées ou actuelles et cotées. Pour les premières, des équipementiers qui refont surface comme par miracle, ressuscités en "collabs" par les créateurs (Fila chez Gosha Rubchinskiy, Umbro chez Off-White, Everlast par Milan Vukmirovic pour Ports 1961...). Pour les secondes, des blockbusters bien de leur époque, courtisés par leurs aînés (North Face chez Junya Watanabe, Eastpak chez Ami, Supreme chez Louis Vuitton…). Dans leur sillage, le prêt-à-porter et ses marques de luxe, qui adaptent leurs créations à cette nouvelle tendance incontournable même, et surtout, à la ville. Tous ou presque y ont cédé, comme Burberry qui intégrait il y a peu des vestes de survêtement à ses silhouettes si "politically correct", ou Bottega Veneta qui décline depuis plusieurs saisons l’idée du jogging premium.

Le mode d’emploi

Maîtriser l’art du survêt’ est assez simple, même si cela reste une pratique à risque, avec deux façons de l’aborder :
- Soit vous intégrez une seule pièce sportswear à une silhouette urbaine. Un pantalon de survêtement, un sweat à capuche, une paire de baskets…
- Soit vous osez le total look "sortie de salle", même en ville. Dans ce cas, vous opterez pour le nylon plutôt que le coton molleton, qui peut certes sembler plus pointu en terme de style, mais qui se tient finalement beaucoup mieux que l’autre

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Steve McQueen à l'entraînement, aux studios Paramount, en 1963.
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Run-D.M.C., en 1985.
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Chas Tenenbaum (alias Ben Stiller) et ses enfants dans La Famille Tenenbaum (2001) du réalisateur Wes Anderson.
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À partir de la gauche, Robert Clark, Glenn Morris, et Jack Parker, vainqueurs de l'épreuve du décathlon aux JO de Berlin, en 1936.

LEXIQUE

-Tracksuit
-Jogging Suit
-Sweat Pants
-Training 

GENÈSE

Années 1960
Naissance du "tracksuit" ("survêtement" en anglais), inventé pour réchauffer les sprinters à l’entraînement, vu en premier sur John Carlos ou Tommie Smith.

 

 

Années 1970
Le tracksuit passe dans la culture populaire, on le voit à l’écran sur Bruce Lee ou Lee Majors.

 

 

Années 1980
C’est l’uniforme des sportifs du dimanche, comme le "fitness gear" des joggers.

 

 

Fin des 80s
Le milieu hip-hop le détourne en "prestige streetwear". Du sport pro à la musique, de Michael Jordan ou O.J. Simpson à Run-D.M.C., il descend dans la rue chez les break-dancers et remplace le "zoot suit" des sapeurs.

 

 

Années 1980
Le survêtement Adidas devient l’uniforme des B-Boys américains (Beastie Boys, Snoop Dogg, Wu-Tang Clan, Tupac…) avant d’investir la scène musicale anglaise (Oasis, Blur…).

 

 

1995
On le retrouve sur le dos des caïds du crime organisé, tel John A. Gotti, qui aime son côté confort, idéal pour les séjours en prison. Fidel Castro et Hugo Chávez y prennent aussi goût.

 

 

 

2001
Wes Anderson le sacralise sur Ben Stiller dans La Famille Tenenbaum.

 

 

Aujourd'hui
Il hante les podiums et devient un must-have du vestiaire masculin.

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