Hommes

Who's That Boy ? Timothée Chalamet

Si vous apprenez un seul nom durant les Oscars, ce sera le sien : Timothée Chalamet, qu’on découvre dans Call Me by Your Name de Luca Guadagnino, Lady Bird de Greta Gerwig et Hostiles avec Christian Bale. Portrait d’un jeune premier qui a déjà beaucoup d’étoiles sur sa couronne.

À 22 ans à peine, Timothée Chalamet est le héros de la scène d’amour la plus intense de la saison… avec une pêche, tout juste cueillie sur l’arbre. Puis en compagnie d’un homme grand, blond et au bronzage impeccable (Arnie Hammer) dans la néoromance gay Call Me by Your Name de Luca Guadagnino. On l’admire nager, faire du vélo, contempler des œuvres de l’antiquité romaine et se déhancher sur un tube des Psychedelic Furs et de la B.O. de Flashdance (on est en 1983) dans une discothèque de Lombardie. Autant d’expériences agréables dans un film décidé à déjouer toutes les visions étriquées de l’éveil à la sexualité. Une œuvre ni salace ni complaisante, sans conflit, où le seul méchant de l’histoire est finalement la tragédie de l’amour, qui n’en fait qu’à sa tête.
Le jeune comédien l’a d’ailleurs joué de cette manière, en phase avec ses émotions de teenager. Il déclare à longueur d’interviews que le plus difficile pour incarner ce fils de bonne famille en goguette en Italie, cultivé et qui lui ressemble un peu, fut de reprendre les leçons de piano, un mois avant le début de tournage, afin de pouvoir en jouer parfaitement. Ce Franco-Américain, fils d’une ex-danseuse de Broadway et d’un monteur français, est né à Manhattan. Les premiers effets de la notoriété, il les doit à son flirt à l’école, voilà quelques années, avec Lourdes Leon, la fille de Madonna, et aux courses-poursuites avec les paparazzis qui ont inévitablement suivi. Il ne se passe pas un jour sans qu’on tente de lui en reparler. Ces mêmes paparazzis qui guettaient ses baisers – de fiction – avec Selena Gomez, l’été dernier, aux abords du tournage de A Rainy Day in New York de Woody Allen. En janvier, pris de regrets d’avoir tourné avec ce réalisateur à la réputation sulfureuse, Timothée Chalamet a déclaré avoir donné son salaire pour ce film à l’association Time’s Up, entre autres. Son geste a fait l’effet d’une bombe et a bientôt été suivi par des actions similaires. S’il est peut-être, de son propre aveu, en train d’apprendre ce métier de comédien, il n’a, en revanche, plus rien à apprendre en matière de com’. Malgré tout, pour cet acteur pris dans le moment de sa révélation, l’heure n’est pas venue de se retourner sur lui-même ou de céder, déjà, au cynisme, mais de vivre pleinement cette euphorie.

Pour cet acteur pris dans le moment de sa révélation, l’heure n’est pas venue de se retourner sur lui-même ou de céder, déjà, au cynisme, mais de vivre pleinement cette euphorie.
Who's that Boy: Timothée Chalamet - L'OFFICIEL

En France, la sortie de Call Me by Your Name, qui lui vaut sa première nomination aux Oscars, correspond à celle de Lady Bird, premier long métrage acclamé de Greta Gerwig, qui a pensé à lui pour incarner le petit copain snob de son héroïne socialement moins bien lotie. Cet étudiant ne s’exprime qu’à travers les ouvrages de sociologie qu’il passe ses journées à dévorer, quand il ne joue pas dans son groupe de rock, prétentieusement baptisé L’Enfance nue, clin d’œil sans doute au premier long métrage de Maurice Pialat, réalisé en 1968. On le retrouvera aussi en tunique bleue sous les ordres de Christian Bale dans la western gore Hostiles de Scott Cooper, qui avait réhabilité la carrière de Johnny Depp avec Strictly Criminal (2015). Toutes les planètes s’alignent pour celui qui a déjà interprété le fils de Matthew McConaughey dans Interstellar de Christopher Nolan, fait forte impression dans la série Homeland, et qui vient d’incarner – passage obligé de toute carrière naissante – un junkie dans Beautiful Boy, une “sundancerie” réalisée non pas par Gus Van Sant, comme on pourrait trop vite le croire, mais par Felix Van Groeningen (Alabama Monroe). Pour l’heure, et sans doute pour peu de temps, il est encore ce garçon que sa maman a réveillé par un texto truffé d’émojis pour lui apprendre qu’il était nommé aux Golden Globes.

Lady Bird, de Greta Gerwig, avec Saoirse Ronan, Timothée Chalamet… Sortie le 28 février. Call me by your Name, de Lucas Guadagnino, avec Arnie Hammer, Timothée Chalamet… Sortie le 28 février. Hostiles, de Scott Cooper, avec Christian Bale, Timothée Chalamet… Sortie le 28 mars. 

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