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Qui es-tu, Cai Xukun ?

À 21 ans, Cai Xukun, megastar chinoise mixant RnB, pop et électro, est en train de transformer une industrie qui pèse des milliards de dollars en Chine.
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Photographie par : Jumbo Tsui
Stylisme par : Sylar Lu


 

Avec son boys band Nine Percent, dont il est le leader et le chanteur (26 millions de followers sur le réseau social Weibo) et ses projets en solo, cette étoile de la pop bat record après record. Mais avec Cai Xukun, alias Kun, il ne faut pas se fier aux apparences : derrière ce physique d’Adonis fragile et romantique se cache un perfectionniste dévoué corps et âme à la musique et au travail.
 

Allez-vous collaborer avec d’autres groupes ou musiciens ?
Cai Xukun : Je discute beaucoup avec des musiciens en privé. J’ai un ami qui joue du RnB. Je ne comprends pas pourquoi il se cantonne à ce genre. Un jour il m’a demandé : “Quel est ton style si chacune de tes chansons est différente?” Je ne suis pas sûr de pouvoir mettre le doigt sur ce qu’est exactement le style. Si un chanteur est dans un état émotionnel différent, il aura besoin de s’exprimer différemment. Lorsque de l’eau est versée dans un récipient rond, elle devient ronde. Ma musique est comme l’eau, elle peut prendre n’importe quelle forme. Je ne veux pas me répéter dans mon travail.
 

On dit que plus une idole concentre l’attention du public, plus elle devient parfaite. Êtes-vous d’accord ?
Je ne suis pas tout à fait d’accord avec cela car il est difficile d’obtenir l’approbation universelle. L’attention du public ne doit pas être source de confiance. Seules vos œuvres le sont. La première tâche que je me suis fixée après mon succès a été de perfectionner mes morceaux. Votre confiance ne vient que de vous-même, pas des autres.
 

Être une star fait exploser votre influence. Cela vous oblige presque à devenir, très jeune, un saint, non ?
Je ne suis pas un saint. C’est sûr. Si je dois me choisir une étiquette, je dirais que je suis un garçon extrêmement concentré. Dans ce business, votre volonté détermine jusqu’où vous pouvez aller. J’ai subi des échecs au début. Mes espoirs ont été brisés. Personne ne voulait de moi. C’était un cauchemar. Mais je n’ai pas abandonné et aujourd’hui je suis de retour dans le jeu.

Votre physique attire naturellement le regard...
Ce que je suis aujourd’hui ne doit rien à l’inné. Une grande partie est le résultat d’un entraînement intensif. Pour danser comme je le fais en concert, j’ai dû pratiquer devant un miroir de nombreuses fois. Je me suis très longtemps exercé à lever les bras de la bonne façon. De maladroit à bon, de bon à parfait, il faut beaucoup de travail. Rien n’est facile, et on ne peut être parfait dès le début.
 

Que pensez-vous de cette phrase répétée par tous les jeunes talents : “La musique est la part la plus importante de ma vie” ?
C’est bien de balancer des slogans, mais ce qui compte vraiment, c’est ce que vous faites réellement pour votre musique. Seul le temps peut prouver si vous étiez sincère lorsque vous exprimiez votre passion pour la musique. Mon travail consiste à faire de la bonne musique. C’est une partie de mon quotidien, comme boire de l’eau ou dormir.


Y a-t-il quelque chose de pas très glorieux que vous auriez fait mais dont vous continuez à penser que cela en valait la peine ?
Pour la plupart d’entre nous, l’enfance et l’adolescence sont des périodes propices aux essais et aux erreurs, qui offrent aussi des occasions de grandir. (Il réfléchit un instant.) Beaucoup de gens sont curieux de la cicatrice sur mon visage. C’est à cause d’une bagarre à laquelle j’ai participé à l’école. Certains élèves, plus âgés, martyrisaient mon camarade de classe et je les ai affrontés. J’y ai récolté cette cicatrice, à la suite d’une blessure causée par une pince pour livre que j’ai utilisée pour me battre. Mais je ne pense pas que ce que j’ai fait à l’époque était mal. Si cela se reproduisait, je n’hésiterais pas à le refaire.


Vous êtes allé à l’exceptionnelle exposition Picasso à Pékin, vous a-t-elle inspiré ? 
J’ai toujours aimé l’art classique, car de toute façon on ne peut jamais rattraper la tendance. Il faut chercher l’avenir dans l’art ancien.

Retrouvez cette interview dans le numéro d'Octobre de L'Officiel de la Mode et sur @lofficielparis.

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