Hommes

Pourquoi la mode homme préfère les séniors

by Felix Besson
12.09.2017
Après plusieurs saisons placées sous le signe de l'extrême jeunesse (voire parfois de l'enfance), la mode homme fait machine arrière et jette son dévolu sur les seniors les plus cotés du moment. Faut-il être cinquantenaire pour être cool en 2017 ? Affirmatif.

Tout business-model à haut rendement connaît un jour un revers de médaille. À l'image du rajeunissement incessant des égéries masculines (et féminines), expliqué par l'attrait de toute l'industrie mode pour cette population aussi incernable que fascinante : les Millennials, la génération Z. Mais au delà d'une simple tendance, on accuserait presque les oligarques du luxe international de discrimination tant les écarts d'âge sont énormes, et tant la maigreur devient comme pour les lignes femme quelques années auparavant un nec plus ultra esthétique. Aujourd'hui, les limites deviennent réelles, et certaines règles viennent (enfin) contrôler l'eldorado des campagnes publicitaires et des cabines de mannequins du monde de la mode. La taille 32 est désormais interdite autant chez l'homme que chez la femme grâce à la charte sur les relations de travail et le bien-être des mannequins, instigée par LVMH et Kering, et certains critères de sélection comme les côtes saillantes n'ont plus lieu d'être. L'époque Slimane chez YSL étant terminée, l'ère des jeunes teenagers minces et désabusés est révolue, place aux séniors. Tendance poussive au début, les quinquas innondent aujourd'hui le marché de l'habillement masculin, autant dans les nouveaux spots publicitaires vidéos que sur les podiums du monde entier, donnant matière à reflexion sur la définition de vieillesse en 2017. 

Pedro Almodovar, Prada FW17-18
Pedro Almodovar, Anthony Hopkins, Robert De Niro : lorsque les légendes deviennent égéries

C'était la grosse surprise du début de l'été. Affichée sur presque tous les kiosques des grandes métropoles autour du globe, la nouvelle campagne Brioni (seconde depuis le départ de Justin O'Shea) met en scène un personnage culte de Hollywood : Anthony Hopkins. Multi-oscarisé, reconnu comme l'un des saint-pères de l'interprétation, l'américain devient pour la première fois ambassadeur d'une grande maison de tailoring. Même scénario pour Prada, qui nous a pourtant habitué à un casting de séniors 5 étoiles depuis quelques années (Gary Oldman, Willam Dafoe, Benicio Del Toro ou Jude Law ont déjà cédé aux sirènes de la maison milanaise). Ce sera ni plus ni moins que Pedro Almodovar, père ibérique du film scandaleux mais esthétique, qui incarne cette saison les collections masculines via les nouvelles dispositions digitales de la maison, Prada 365. Si l'on traverse l'Atlantique, on tombe nez-à-nez avec Robert De Niro et Benjamin Millepied, qui posent dans les rues de New York pour l'objectif d'Alessandro Sartori - comprenez la nouvelle éminence grise de la maison Ermenegildo Zegna. Ou bien, de l'autre côté des Pyrenées, Olivier Martinez qui charme l'objectif de la nouvelle campagne homme signée Mango. 

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Gary Oldman pour Prada
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Anthony Hopkins pour Brioni
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Olivier Martinez pour Mango

Souvent plus masculins que leur progéniture, séduisant un plus large public et jouissant pour la plupart d'une aura démesurée de reconnaissance grâce à leur carrière irréprochable, les seniors seraient-ils en passe de prendre le pouvoir sur la planète tailoring ? Quoi de plus normal après tout. 

 

 

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