Hommes

L'art du costume chez Dior Homme

by Edson Pannier
19.01.2017
On connaît surtout Dior pour ses collections de prêt-à-porter iconiques qui, dès les années 2000, donnent le ton aux tendances masculines chaque saison. On ignore en revanche que, hors des podiums, Dior Homme perpétue, dans les règles de l’art, le savoir-faire des grands maîtres tailleurs. En plein Paris.
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Des artisans en blouse blanche qui s’affairent en rythme au son des machines à coudre... Non, il ne s’agit pas de l’arrière-boutique ou d’un basement de Savile Row ni d’une fabbrica napolitaine, mais d’une manufacture tout ce qu’il y a de parisien. Gage, s’il en fallait, que la capitale française n’a absolument rien à envier en matière d’artisanat à ses voisines outre-Manche et transalpine. C’est en effet en plein cœur du Triangle d’or, dans un immeuble haussmannien situé à seulement quelques pas de l’adresse mythique du 30, avenue Montaigne, que Dior Homme a établi son atelier tailleur. Les fidèles de la maison peuvent désormais s’y faire confectionner leur costume en demi-mesure, après un passage obligé dans le magasin attenant dédié aux collections masculines et inauguré il y a tout juste un an.

Dans cette grande salle aux murs immaculés où règne une sensation d’épure, aucun accroc visuel ne vient contrarier le processus de création, n’était-ce le sobre portrait en noir en blanc de Kris Van Assche, le directeur artistique, entouré de ses artisans. Toujours très chic avec leur cravate impeccablement nouée et le logo de la maison brodé fièrement sur la poitrine, ce sont eux les véritables maîtres des lieux. Imperturbables, ils évoluent parmi les portants sur lesquels sont suspendus leurs plus récentes réalisations et parmi les rouleaux de tissus disséminés aux quatre coins de la pièce. 

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« Il faut environ 3 à 3,5 mètres et entre 50 et 70 morceaux de tissus pour réaliser un costume de bout en bout », explique un des maîtres-tailleurs de l’atelier qui travaille ici depuis dix ans après avoir longtemps œuvré auprès de Monsieur Yves Saint Laurent. Son nom, comme celui de ses collègues, est tenu secret par la marque qui sait ô combien leurs compétences particulières sont recherchées dans la profession. Et pour cause, ces artisans-là ont de l’or au bout des doigts, au propre comme au figuré d’ailleurs. Car un costume Dior sur-mesure a un coût, il faut compter 3 600 euros pour une entrée de gamme et jusqu’à 20 000 euros pour les demandes les plus audacieuses. Des sommes qui se justifient notamment par la somptuosité et l'éventail de tissus proposés. Pour faire leur choix, les clients disposent de 14 modèles de costumes déclinables en plus de 600 références de tissus.

Et les chemises ne sont pas en reste avec 15 modèles et 200 références. Le tout sélectionné personnellement par le designer belge, à la tête du studio depuis avril 2007. Laine, cachemire, vigogne... les possibilités sont infinies, jusqu’à l’ajout d’éclats de saphirs ou de diamants.

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Mais atteindre un tel niveau d’excellence demande du temps, cinq à huit semaines précisément entre le moment du tout premier rendez-vous en magasin et celui de l’essayage final. C’est au cours de cette période que les artisans peuvent opérer leur magie. Après la sélection du modèle, le choix de l’étoffe, et la prise de mesures personnalisées en boutique, on développe un patron sur ordinateur que l’on imprime en autant de morceaux que nécessaire. Le puzzle qui en résulte est placé directement sur le tissu. Armé d’une craie blanche, le maître-tailleur en dessine soigneusement les contours, les découpe pour finalement voir apparaître le col, le revers, les pans, le bas, les poches... 

Autant d’éléments constitutifs de la veste. Et c’est là que le véritable savoir-faire entre en jeu. Car avant d’assembler ces différents éléments, il convient de renforcer le tissu par le fil en bâti puis d’insérer au sein de la doublure une toile tailleur dont la rigidité confère sa structure au vêtement.

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Bien qu’invisible, cette étape est cruciale dans le sens où elle garantit au modèle forme et longévité. « C’est toute la différence entre notre métier et ce qui se pratique dans la confection de masse. Nous, nous créons des pièces qui durent et qui conservent leur allure au fil des ans », se félicite le maître-tailleur. Vient ensuite la technique du picotage à la main pour que la toile épouse le tissu. Une fois l’« union » finalisée, le repassage de la veste, placée sur des jeannettes, ni de déterminer les volumes et les courbes. On place alors la poche poitrine, les poches côtés à rabat, et les trois poches intérieures aux fonctions bien dé nies : une pour le portefeuille, une autre pour les stylos et la dernière pour un briquet, par exemple.

Il est ensuite temps d’assembler les différents éléments restants : le col avec son revers en feutre et les manches montées séparément en amont. Si les machines interviennent en grande partie dans l’assemblage, la couture à la main reste essentielle à ce processus. Le bas des manches, ainsi que la fente, sont toujours réalisés manuellement, à l’instar de la boutonnière, mais seulement si le client en fait la demande.

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