Hommes

L'alphabet selon Raf Simons

by Mexico
21.02.2017
Alors que son premier défilé pour Calvin Klein s’est déroulé il y a une semaine à peine, L’Officiel revient sur l’une des légendes les plus incandescentes de la planète mode : Raf Simons. Portrait en 26 lettres.

A pour Adidas Originals. Pheobe Philo, Marc Jacobs et Raf Simons ont popularisé la Stan Smith en l’intégrant à leur uniforme de tous les jours. Il n’est donc pas surprenant que la marque allemande aie demandé à Raf d’exécuter une version limitée des mythiques tennis blanches, mais revues de manière colorblock et perforée d’un « R » sur le côté au lieu des trois bandes habituelles. La collaboration a séduit le monde entier, bien au-delà du microcosme mode.

 

 

B pour la Belgique. Il est né, a grandi et a étudié là-bas. Diplômé en design industriel, il écumait le café Witzli Poetzli à Anvers (repère des créatifs de la ville) avec Olivier Rizzo, Willy Vanderperre et David Vandewal, comprenez les personnages clés qui l’ont accompagné tout au long de sa carrière. Il y commence son label éponyme en 1995.

 

 

C pour Calvin Klein. En plus d’etre responsable de l’ensemble des lignes Calvin Klein, le Belge aura également un droit de regard sur le marketing et la communication visuelle du label américain, chose qui n’a pas eu lieu depuis le départ de monsieur Klein himself. Avec le défilé de la semaine dernière, le changement de logo et la prise de rendez-vous couture en ligne, Raf Simons ouvre un nouveau chapitre dans l’histoire de la marque.

 

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D pour Dior. En 2012, son arrivée à la tête des collections femme fait grand bruit, un écho au départ retentissant de John Galliano. Sa première collection couture, pour l’automne/hiver 2012-13 était une véritable réinvention esthétique de la célèbre silhouette New Look créée par Christian Dior en 1947. Son départ, 3 ans plus tard, serait dû à une pression trop importante. 

 

E pour émotion. La mode et l’art ont toujours été ses deux grandes passions. « J’ai besoin de l'art, je ne peux pas vivre sans, il est mon oxygène » expliquait-il récemment. Car il ne s’agit pas seulement de faire des vêtements et des accessoires, mais réussir à y transcrire une attitude mêlant passé, présent et futur.

 

F pour Frédéric Tcheng. Le réalisateur français, connu pour le biopic de Diana Vreeland « The Eye Has to Travel » , a également réalisé un autre documentaire sur l’arrivée de Raf Simons chez Dior, « Dior and I ». Décriant le processus de création et le stress pré-défilé, il fut récompensé au festival de Tribeca en 2014 pour sa vision juste des coulisses de la maison Dior, loin du glamour. 

 

"Dior & I"

G pour le Gabber. Dans les années 90, on assiste à l’arrivée d’un mouvement musical techno aux Pays-Bas appelé Gabber. Une subculture qui a beaucoup influencé Raf Simons dans ses premières années en tant que designer. Inspiré aussi par la culture skinhead british, sa collection printemps-été 2000 est une référence directe à ce courant underground. 

 

H pour la Haute Couture. Avant son arrivée chez Dior, le créateur n’avait jamais touché à la haute couture. Il n’a eu que huit semaines de préparation pour présenter sa première collection. Aux yeux de la presse comme des clientes, c'est un succès immédiat. Les robes imprimées, rebrodées de bijoux, opèrent une subtile réinterprétation des codes ultra-féminins établis par Christian Dior, revus de manière contemporaine et de façon inédite : le chiffre d’affaire a augmenté de 30% dès la première collection. 

 

I pour Isolated Heroes . En 1999, le créateur publie son livre « Isolated Heroes ». Une série de clichés pris par David Sims, mettant en scène les modèles de Raf Simons sur des mannequins castés directement dans la rue. Récemment, Colette orchestrait une exposition autour de la capsule Isolated Heroes, qui reprenait les photographies de David Sims.

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J pour Jil Sander. Il arrive chez Jil Sander en 2005, et réussit a créer un engouement sans précédent dans l'histoire du label. Une combinaison esthétique de vêtements masculins et féminins dans une palette de couleurs vibrantes, le tout à travers des silhouettes minimalistes fidèles aux idéaux de la fondatrice. Sa dernière collection, accueillie par une standing ovation, a été qualifiée de magique et poétique.

 

K pour Kvadrat. Son univers iconographique unique et sa gestion des couleurs ont attiré l'attention du label de tissus d’ameublement Kvadrat. La formation de Raf en design industriel a complètement matché avec le mantra de la firme danoise, à savoir créer les meilleurs meubles avec les meilleurs textiles.

 

L pour Linda Loppa. A 26 ans, Raf Simons livre une collection composée de costumes noir simplistes et de chemises sans manches, dans l'intention d'impressionner Linda Loppa, alors directrice du département design de mode à l'Académie Royale des Beaux-Arts d’Anvers. Sa réponse fut sans appel, puisqu’elle l’envoya à Milan avec un agent et plusieurs clients intéressés, dont le grand magasin Barney’s.

 

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M pour muses. Lors de sa période Dior, elles incluaient Marion Cotillard, Natalie Portman et Leelee Sobieski, alors que pour Calvin Klein, le créateur a choisi l'actrice star de la série Stranger Things, Millie Bobby Brown. Mais son modèle préféré est sans conteste le belge Robbie Snelders, un garçon qui, en 1998, était sa source d’inspiration majeure.

 

N pour New York. Sa position chez Calvin Klein à impliqué plusieurs changements pour sa marque éponyme. La semaine dernière, la collection automne/hiver 2017/18 présentée à la Gagosian était un hommage vibrant à la Grosse Pomme et un reflet de la condition politique des Etats-Unis.

 

O pour Olivier Rizzo. Aucune campagne sous la direction de Raf Simons (pour sa marque éponyme, chez Jil Sander ou chez Dior) n'a échappé au talent du styliste Olivier Rizzo. Durant leurs années d'études à la Royal Academy d’Anvers, le duo a établi une dream-team composée également du photographe Willy Vanderperre, prouvant au monde entier que la Belgique a une grande influence sur l'industrie de la mode.

 

P pour Pieter Mulier. Bras droit de Raf Simons, il a connu la gloire avec le documentaire « Dior and I ». Après avoir étudié l'architecture à l'Académie Royale d’Anvers, il effectue un stage chez Raf Simons. En 2002, il commence à travailler avec lui à plein temps. Peu à peu, leur relation professionnelle se mue en amitié, et le duo devient inséparable. Pieter vient de prendre ses fonctions chez Calvin Klein.

 

Q pour Quote : «Je suis seulement intéressé si ce que vous faites est sublime. Qui se soucie de l'organisation ? "

R pour la Royale Académie des Beaux-Arts d’Anvers. Dries Van Noten, Walter Van Beirendonck, Ann Demeulemeester, Martin Margiela, Haider Ackermann, Demna Gvasalia, Peter Pilotto et beaucoup d'autres sont sortis de cette école. Depuis les années 80, c’est un incubateur de talents incontournable, et Raf Simons en est forcément diplômé. 

 

S pour Sterling Ruby. Il n'est pas secret que Raf Simons détient une collection d'art avec des œuvres signées Evan Holloway, Mike Kelley, Brian Calvin et Sterling Ruby. Ce dernier a travaillé à maintes reprises avec le créateur. En 2008, il a conçoit le magasin de la marque à Tokyo et un an plus tard, le duo présente une collection de denim.  En 2012, quatre tableaux de Sterling Ruby ont été imprimés sur les robes de la collection Dior Haute-Couture.

 

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Tienda colaboración Raf Simons y Sterling Ruby por Frederik Vercruysse

T pour Tranquille. Raf n'a jamais cherché à être le centre d'attention. Influencé par l'idéologie de Margiela, il a toujours laissé son travail parler pour lui, laissant de côté les interviews et la frénésie des réseaux sociaux.

 

U pour Université des Arts Appliqués de Vienne. Entre Octobre 2000 et Juin 2005, il a enseigné la mode à l'Université des Arts de Vienne, poste qu'il a dû quitter pour prendre ses fonctions chez Jil Sander.

 

V pour (Walter) Van Beirendonck. Il était le dessinateur stagiaire de Walter Van Beirendonck -éminent membre des Antwerp Six- et a assisté avec lui au légendaire défilé immaculé de Martin Margiela en 1991. Cet événement l'a poussé à se consacrer entièrement à la mode.

 

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10 Works for Raf Simons

W pour Willy Vanderperre. Olivier Rizzo, Raf Simons et Willy Vanderperre se sont rencontrés à Anvers, et ont toujours travaillé ensemble depuis.

 

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X pour XXL. Après son départ de Dior et avant l’annonce de sa nomination chez Calvin Klein, le créateur a eu le temps de créer une collection pour sa marque éponyme. Nommée « Nightmares and Dreams », c’est un véritable hommage à Margiela (le créateur et non sa marque) qui s’axe autour de vêtements déchirés, chandails surdimensionnés, certains tachés par les années, et manteaux ou vestes XXL.

 

Y pour Yannick Abrath. Suivant les traces de Robbie Snelders, ce modèle a commencé sa carrière durant le défilé printemps/été 2009 de Raf Simons. Il est devenu à partir de là un habitué des podiums du créateur, mais aussi de ses projets spéciaux comme la collaboration avec le label anglais Fred Perry. 

 

Z pour « zapatos ». Durant ses 3 ans et demi chez Dior, Raf Simons a promu Francesco Russo à la tête des collections de souliers. Ils ont, ensemble, toujours surpris la presse avec leurs paires hybrides et uniques: bottes en latex avec talons plexi, tennis brodées de sequins, talons triangulaires et escarpins-sneakers. 

 

 

FIN

Traduction : Félix Besson

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