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Christian Louboutin : "l’artifice n’a rien de superficiel"

Chausseur émérite, Christian Louboutin investit l’univers de la beauté. Après les vernis, les rouges à lèvres et les parfums, il se lance à l’assaut du regard. Rencontre dans son fief parisien de la rue Jean-Jacques Rousseau, après un jogging matinal sur les quais de Seine.

Êtes-vous du matin ?

Oui, c’est le moment où je dessine et où je suis le plus productif et créatif.

Racontez-nous une journée type…

Aussitôt levé, je fais, de 6 h 50 à 7 h 50, une séance de gym avec mon coach, lorsque je ne vais pas courir. Je prends ensuite un petit déjeuner léger puis me rends à 9 h 45 à mon bureau. Je déjeune à 13 h 30, souvent chez moi, avant de retourner travailler. En fin de journée, je passe du temps en famille puis je ressors dîner, même si, depuis peu, j’apprécie recevoir dans mon nouvel appartement.

Que prenez-vous au petit déjeuner ?

À la maison, un muesli avec des fruits ou bien du pain sans gluten et du beurre salé – je suis breton. Lorsque j’ai le temps, je bois du thé Earl Grey et, quand je suis pressé, plutôt du café. En Angleterre, j’aime les petits déjeuners salés, notamment les crumpets et, en Égypte, j’aime les crêpes à la confiture de figue ou au miel, auquel j’ajoute du citron, j’en mets partout.

Quelles sont vos adresses préférées ?

À Paris chez Claus, à Londres au Claridge’s et à Los Angeles dans les jardins du Chateau Marmont, surtout pas en chambre, c’est trop long.

Voyagez-vous beaucoup ?

Oui, outre l’Italie, où je passe beaucoup de temps à l’usine, je me rends très souvent au Portugal, mon havre de paix, mais aussi en Égypte, en Inde et aux États-Unis.

Quels sont vos hobbies ?

J’aime le cinéma, la gastronomie et j’ai une passion pour l’horticulture, que je pratique en Vendée et au Portugal. Lorsque je visite une ville, je mets en priorité les jardins et l’architecture avant les musées. J’aime aussi à chiner des objets que je rapporte d’un peu partout et que je stocke dans un entrepôt. Tout est listé dans un catalogue. Je les place ensuite dans mes boutiques ou une nouvelle maison, ou bien cela me permet d’offrir un cadeau à un proche pour son anniversaire.

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Quelles femmes vous inspirent ?

Au-delà du physique, des femmes de caractère. J’aime les femmes avec une histoire, qui ont un côté indépendant et survivor.

Qu’aimez-vous dans la beauté ?

J’aime le pouvoir qu’elle donne à la femme et l’idée de la main de l’homme sur le naturel. Je suis plus ému par un jardin que par la nature elle-même. Pour moi, l’artifice n’a rien de superficiel. Je suis fasciné et influencé depuis petit par le music-hall et par Nefertiti – je porte une bague à son effigie.

Quelle attention portez-vous au packaging ?

Je crois, comme Lacan, au sens des mots ; je suis étonné de voir parfois de si laids contenants pour des produits de beauté. Je dessine tous mes packagings, à l’exception des parfums, pour lesquels j’ai fait appel au designer Thomas Heatherwick. J’adore les miniatures et travailler sur de petits objets.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans cette aventure de la cosmétique ?

L’idée de repartir à zéro et l’imaginaire sensoriel, très différent de la chaussure.

Comment vous imaginez-vous dans vingt ans ?

J’espère pouvoir apprécier la vie, comme je le fais maintenant, et pouvoir retourner dans ma maison en Syrie. 

De quoi rêvez-vous ?

J’ai un vieux fantasme, qui est de créer de petits hôtels. Cela me permettrait de lier tout ce que j’aime : textiles, architecture, jardins, service, gens et lieux. 

Christian Louboutin Beauté,
8, galerie Véro-Dodat, Paris 1er.

www.christianlouboutin.com

Photographie par Raphaël Gianelli-Meriano

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