Hommes

Comment le maillot de foot aspire les tendances

Du stade aux catwalks, football et mode sont aujourd'hui tellement interconnectés qu'ils s'inspirent l'un l'autre.
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« On peut marcher pieds-nus à Saint-Tropez / Pas besoin de costume à Saint-Tropez / Un vieux blue jean suffit pour s'habiller / C'est la tenue rêvée à Saint-Tropez » dit la chanson. C’est une France éternelle, bon enfant et frivole, qui ravive la nostalgie que renferme le nom de Saint-Tropez. On pense à la première grenadine à l’eau fluo prise en terrasse près de la mer, au premier match de pétanque avec ses oncles ou de la bouteille de Pastis des grands-parents, finie en cachette au camping. Ce Sud-là, qui fascine tout le monde, jusqu'au pointu Jacquemus qui puise son inspiration mode dans la Riviera, c’est celui qu’on retrouve des films des années 60 tournés à Saint-Tropez. A commencer par Le Gendarme de Saint-Tropez (1964). Multi rediffusée, la saga humoristique de Jean Girault conte l’histoire du gendarme Cruchot (inénarrable Louis de Funès), muté dans la cité balnéaire. Avec sa fille unique – superbe, au passage - dans ses valises, il vit des aventures rocambolesques et hilarantes. Avec le succès des films, certains lieux sont devenus cultes. La plage de Tahiti à Ramatuelle où eut lieu la fameuse scène de la chasse aux nudistes est devenu le symbole de la « french liberté » que le monde entier nous envie : notre Woodstock à nous. La place des Lices où De Funès apprend à danser fait également tourner les têtes des touristes tandis que chapelle Saint-Anne, où le gendarme se marie, rappelle de romantiques souvenirs aux Français qui ont regardé la saga, enfant, en famille.

 

Et Vadim créa…Saint-Tropez

Mais la ville azuréenne bénéficiait également déjà depuis 1955 d’une autre aura : moins familiale et plus sulfureuse. C’est en effet cette année-là que sort le scandaleux Et Dieu… créa la femme de Roger Vadim. La jeune Brigitte Bardot y explose de sensualité dans le rôle de Juliette, une jeune fille au fort tempérament et aux courbes ravageuses. L’insolente, voire indécente orpheline qui danse pieds nus, secoue sa crinière blonde, fait la moue et rend les hommes (et les spectateurs) fous devient un phénomène mondial. Bardot se promène près des bateaux en vélo assorti à sa robe, à l'eau et au ciel et le monde assiste à l’éclosion d'un sex symbole devenant célèbre jusqu’à l'Etranger. Même les Beatles demandant à rencontrer B.B : la Marilyn hexagonale. En même temps, c'est le mythe de la Riviera qui prend forme. Le port entouré d’une nature aussi foisonnante et sauvage que l’icône de la nouvelle vague voit ses couleurs de carte postale sublimées par Vadim. De quoi donner des idées à beaucoup d'autres. Un an plus tard, c’est une autre blonde d'une folle beauté, Jean Seberg, qui tourne sous le regard d’Otto Preminger l’adaptation cinématographique de Bonjour Tristesse de Françoise Sagan. L’héroïne y traîne sa mélancolie et son minois irrésistible au milieu des paysages méditerranéens à couper le souffle. Bonjour tristesse… mais surtout poésie, calme et volupté. 

 

Oisive hédoniste

L’errance, la sensualité, de jolies femmes et de jolies gaçons déshabillés, c’est aussi ce qui fait le sel – avec les dialogues enlevés – de La Collectionneuse de Röhmer ou encore du film Les Biches de Chabrol, tous deux sortis en 1967. De belles villas, de la séduction, des bikinis...Saint-Trop évoque un coin de paradis loin des crises qui se préparent (mai 68). Un an après, en 68, c’est Catherine Deneuve qui fait battre les cœurs dans La Chamade. Elle y incarne Lucile, une sublime oisive hédoniste vivant une vie luxueuse avec son riche amant plus âgé. Ensemble, ils voyagent et fréquentent les plus beaux lieux de Saint-Trop à Paris. En 1970, d'autres bombes explosent dans l'une des plus belles villes de la Riviera : Jane Birkin, Alain Delon et Romy Schneider tournent pour Jacques Deray dans La Piscine. Et nous font plonger pour la chaleur de la ville et leurs plastiques. Mais le climax du potentiel érotique de Saint-Tropez sera atteint en 1984. Dans L'Année des Méduses de Christopher Frank, une ado de 16 ans, Chris, passe ses vacances avec sa mère et s'éprend d'un Don Juan des plages. Difficile de ne pas être médusé par l'apparition à l'écran de Valérie Kaprisky. Farouche, volcanique et décomplexée, elle incarne à chaque plan l'âme de Saint-Tropez.

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Le rose

Faut-il encore croire au terme de “révolution” ?

Je préfère l’idée du travail de fond, lorsque le contexte le permet, de l’évolution et du progrès pour la pérennité. La révolution, la coupure deviennent alors nécessaires pour la survie et constituent le seul outil pour un retour à la justice. Mais elle est toujours coûteuse en drames et douleurs.

 

 

Que pensez-vous des combats qui animent les femmes en ce moment ?

Ce combat ne devrait pas avoir lieu, tant il est inconcevable que cette inégalité et ces exactions envers les femmes se perpétuent. Nous nous rapprocherons de l’idée de civilisation quand tous ces archaïsmes incompréhensibles et odieux auront disparu, au profit de l’harmonie : seule relation acceptable entre toutes les formes d’humanité.

 

 

Quelle figure révolutionnaire vous inspire ?

Gandhi.

Avez-vous toujours voulu être créatrice de mode ?

Magda Butrym : J’ai commencé très jeune à fabriquer mes propres vêtements. Mais à cette époque, vivant en Pologne, la mode n’était pas un choix de carrière.

 

Quel a été votre parcours ?

J’ai travaillé pour un créateur polonais. Cela m’a permis d’ouvrir l’œil et d’apprendre beaucoup sur la relation qu’entretiennent les femmes avec la mode.

 

 

Comment décririez-vous l’esprit de votre marque ?

Je dirais qu’une certaine féminité romantique prédomine. Il y a tellement d’androgynie et d’unisexe dans la mode ces temps-ci que j’ai l’impression que les détails et les références romantiques ne sont plus très bien vus. Donc, ce qui m’anime, c’est de les rendre à nouveau cool.

 

Quelle est votre matière signature ?

Mon classique absolu est la soie satinée couleur vanille.

 

 

Qu’est ce qui vous distingue ?

Je n’ai jamais cherché à être révolutionnaire. Mais je me souviens qu’à mes débuts, les stylistes et les rédacteurs étaient choqués de voir des volants et des imprimés fleuris.

 

Combien de collections présentez-vous ?

Je propose deux collections par an, qui comprennent du prêt-à-porter, des chaussures et des bijoux. Mais je songe à ajouter des collections capsules les prochaines saisons.

 

Où sont fabriquées vos créations ?

Tout est exclusivement fabriqué en Pologne. Seules mes chaussures sont faites en Italie.

 

Combien de personnes travaillent avec vous ?

Nous sommes une petite équipe de dix personnes. Et j’ai un studio à Varsovie où travaillent dix couturières.

@fannybourdettedonon
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