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Qui se cache derrière les Grands Verres ?

Si plus personne n’entendait parler de Quixotic Projects, c’est parce que l’équipe du Mary Celeste de Candelaria et d’Hero mijotait, sans piper mot, un des projets les plus ambitieux de l’année. Cap sur Les Grands Verres, sa sublime cantine du Palais de Tokyo.

Carina Soto Velasquez, Adam Tsou et Joshua Fontaine, alias Quixotic Projects, à savoir l’un des trios les plus mouvants de la capitale, dont Candelaria a été classé 17e bar à cocktails au monde par le prestigieux site World’s 50 Best Bars.  L’équipe habituée aux planques bondées de l’Est parisien change d’ère et bâtit Les Grands Verres, réinventant l’intimidant espace qui servait au Tokyo Eat. Même gigantesque verrière, même plafond post-industriel. Mais la ressemblance s’arrête là. Car avec son bar de 13 mètres de long, ses infinies suspensions et sa cuisine ouverte, l’endroit ressemble désormais à la version augmentée d’une table d’auteur.

Le chef

C’est Preston Miller, un Américain de 32 ans mutique et appliqué, passé par le Breslin à New York, au côté d’April Bloomfield, puis en solo au Bar Major de Seattle et au brillant Ruka à Boston. Figure de la jeune cuisine de la côte ouest, adepte d’une saisonnalité à la lettre et ouvert aux métissages plein sud, il livre ici des assiettes où les produits sourcés dans le respect de l’environnement se mâtinent d’influences orientales : salade fattoush vinaigrée par du sumac, moules au vadouvan, chawarma de poulet, bucatini à la turque côtoient un artichaut entier au four et un bar de ligne. Dès l’afterwork, on se poste au bar ou sur la terrasse pour des cocktails signés par un ex-Mary Celeste.

L'architecte

Lina Ghotmeh, qui a remporté le Grand prix Afex pour le Musée national estonien. Mêlant développement durable et structures postmodernistes, sa vision lui a également permis de lancer le chantier de Ré-alimenter Massena, immeuble-potager prévu pour 2019 dans le cadre du programme Réinventer Paris. En attendant, elle imagine pour Les Grands Verres un décor où les unités mobilières en bois blond, les banquettes en velours et la lumière chaude des ampoules suspendues dessinent, malgré les 170 couverts, des espaces intimes et cossus. Çà et là, des tables en pierre brutes, des lattes en bois, des plantes ou des jarres en verre rappellent l’attachement de l’architecte aux matériaux organiques et minéraux.

13, av. du Président-Wilson, Paris 16e.
www.quixotic-projects.com

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