Food

Le nouveau thaï dont tout le monde parle

by Baptiste Piégay
25.04.2017
À la place d’un atelier de textile, une jolie table polyvalente met les mondains sur le sentier d’une Thaïlande revue et bien corrigée.

L’assiette

Elle revisite la cuisine thaïe avec un rien de brutalité parfois, mais toujours avec sentiment et punch. Au piano, on retrouve Antonin Bonnet, découvert au Sergent Recruteur, et qui a également la main sur l’excellent Quinson dans le 6e arrondissement. Du pad-thaï bien à l’équilibre sur le collant-croquant, des raviolis d’épinards et patates douces léchés par une superbe sauce curry, des desserts au passeport décoré de tampons d’ici et d’ailleurs (crème caramel à la feuille de pandanus).

Le décor

Le tandem formé par Clémence et Clément Goutal a joué – littéralement, avec une innocence enfantine – le jeu de l’imaginaire façon Tintin au Tibet. Avec un terrain de 500 mètres carrés pour laisser libre cours à leur vision. Des cages à oiseaux, un dragon de cuir et métal, des ventilateurs XXL, un parquet laqué noir, des photos de chasse forment un admirable bric-à-brac voyageur et libéré des normes. Sans oublier un salon planqué en bout de salle, dans un registre plus hivernal, comme si la mousson se doublait de grêle gelée, et contraignait à un long exil douillet.

Les détails qui changent tout

La terrasse, admirablement feuillue et paisible, et un fumoir-billard, en sous-sol, qui semble conçu pour nous faire renoncer aux meilleures résolutions.

Les hommes à connaître

Les propriétaires, Thomas Delafon et Jean-Pierre Lopes, créateurs d’adresses chic et durables (pas toujours une évidence) comme le Bistrot Vivienne, le Vin des Pyrénées, le Très Honoré ou encore La Plage Parisienne.

Atmosphère

Boulot-boulot au déjeuner (la moitié des bureaux de presse de mode sont dans le périmètre). Plus délurée le soir.

Qu’y fête-t-on ?

Un contrat, un anniversaire, une affaire qui roule.

La fausse note

La monumentale porte au fond de la galerie présentée et assumée comme un clin d’œil à la prison centrale de Hanoi. Quelle étrange idée. On ignorait que les prisons étaient des lieux festifs.

À savoir

Écrite par Serge Gainsbourg en hommage à sa femme (Bambou, donc), la chanson interprétée par Alain Chamfort fit un joli tube en 1981. À l’écouter aujourd’hui, on se dit qu’il ne se foulait pas toujours, le grand Serge…

Bambou : 23, rue des Jeûneurs, Paris 2e. Tél. 01 40 28 98 30.

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