Rebecca Dayan, une française à New York - L'Officiel
Femmes

Rebecca Dayan, une française à New York

Elle fait partie de cette nouvelle génération d’actrices made in France parties vivre leurs rêves de l’autre côté de l’Atlantique. Rebecca Dayan se confie à nous, le temps d’un shooting new-yorkais avec la complicité de la maison Tiffany & Co. 
Reading time 6 minutes

Photographie Sebastian Sabal-Bruce

Vidéo Basil Faucher

Stylisme Alizée Henot

Texte Maud Gabrielson

Maquillage Allie Smith

Coiffure Hikaru Hirano

Assistant photo Jason Muhlberger

Assistant numérique Christopher Blythe

Elle a l’énergie de celles qui ont déjà vécu mille vies. Car plutôt que de choisir entre ses différentes envies, la jeune trentenaire gracile au regard déterminé préfère en effet les embrasser pleinement, toutes. Et ce, depuis aussi longtemps qu’elle se souvienne. “J’ai grandi dans le Sud de la France, près de Saint-Paul-de-Vence. Mes parents tenaient un hôtel qui devenait très animé en été, beaucoup de clients étaient d’ailleurs issus du monde artistique. Une directrice d’agence de casting m’a repérée lorsque j’étais enfant, et c’est comme ça que j’ai commencé les castings pour des photos. Cela occupait mes vacances et mes week-ends, un peu trop d’ailleurs ! Adolescente, cela m’a lassée.” Pourtant, l’énergie et l’effervescence des studios photos la suivront longtemps. “Ma tante a été la compagne de Peter Lindbergh pendant de nombreuses années. J’ai passé beaucoup de temps dans les coulisses de ses séances photos, cela m’intéressait énormément. Les personnalités de la mode que j’y croisais ont certainement contribué à forger mon œil et mon intérêt pour le domaine artistique.” À 18 ans, Rebecca Dayan s’installe à Paris et tente le concours de l’école des Arts déco. C’est pourtant la création de mode et le théâtre qui l’attirent alors dans leurs filets. “J’ai étudié au Studio Berçot, tout en prenant des cours de théâtre le soir. Je ne voulais pas encore choisir entre les deux, et cette formation me paraissait finalement assez complémentaire.” Exprimer sa créativité par tous les moyens : tel est le credo de la jeune femme, qui n’a visiblement pas envie de se ranger sagement dans une seule case. Une fois son diplôme du Studio Berçot en poche, Rebecca rencontre la créatrice Gabrielle Greiss et devient son assistante : “J’ai travaillé à ses côtés lorsqu’elle était rédactrice de mode au magazine Mixte, puis chez Sonia Rykiel, en 2008. J’ai énormément appris, je faisais beaucoup de recherches pour elle. J’ai toujours aimé me plonger dans l’histoire du vêtement, étudier le tombé des matières… J’ai un peu tout fait chez Sonia Rykiel d’ailleurs, j’ai été mannequin-cabine, je dessinais…” La maison parisienne lui propose alors un poste permanent, mais elle préfère décliner et part faire un tour d’Asie pendant plusieurs mois, “pour m’aérer la tête”.

Installée de l’autre côté de l’Atlantique depuis huit ans, elle confesse avoir choisi à New York sur un coup de tête. Comme ça, pour voir. “J’étais attirée par les États-Unis sans vraiment pouvoir me l’expliquer. C’est là que je me suis vraiment investie dans le métier d’actrice. J’ai participé à différents ateliers de théâtre, j’y ai appris la rigueur de la méthode américaine.” Et si elle a partagé son temps entre la Grosse Pomme et Los Angeles pendant un moment, elle vient tout juste de s’acheter un appartement dans le Lower East Side, à Manhattan. “Les travaux de rénovation viennent tout juste de s’achever. Cela m’a demandé beaucoup d’énergie, mais j’ai adoré ça ! J’aime me sentir bien chez moi.” Et comment se sent une Française à New York ? “C’est vrai qu’ici, le mythe de la Française perdure, il y a beaucoup de clichés autour de cela. J’ai l’impression que la culture américaine déteint peu à peu sur moi. Cet esprit positif et laid-back. D’ailleurs, désormais, je rêve en anglais ! Même si je reste profondément européenne.” Et elle a recommencé à peindre: “Je fais beaucoup de portraits et d’aquarelles. Je cherche un atelier ici, j’aimerais vraiment y consacrer plus de temps et exposer.” En attendant, c’est sur les plateaux de cinéma qu’elle dévoile l’étendue de son talent. En 2018, elle partagera l’affiche avec Margaret Qualley dans « Novitiate », un film sur une communauté de nonnes dans les années 1960 présenté au dernier Festival de Toronto. Rebecca planche actuellement sur un court-métrage: “Je suis dans la phase de recherche de financement, et j’aimerais éventuellement monter une boîte de production.” D’autres cordes à ajouter à un arc déjà bien fourni. 

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