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Rejina Pyo : "J’essaie toutes les pièces que je réalise"

Rejina Pyo est une des maisons de mode qui a retenu notre attention à l’occasion des dernières collections.
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“Je dessine pour moi-même et mes amis de manière très personnelle, j’essaie toutes les pièces que je réalise afin de savoir ce qu’on ressent quand on les porte.” Rejina Pyo


Parlez-nous de votre parcours mode...
J’ai grandi à Séoul, en Corée du Sud, où j’ai monté mon business de mode vintage, jusqu’au jour où j’ai décidé de déménager à Londres, en 2008, pour étudier à la Central St Martins. Une fois ma maîtrise en poche, j’ai travaillé pour plusieurs maisons avant de lancer ma propre marque en 2014 (premier dé lé printemps-été 2018, ndlr).

Vous avez collaboré avec la créatrice Roksanda Ilincic, quel souvenir gardez-vous de cette expérience ?
Travailler avec Roksanda était génial parce que nous partagions une même esthétique. La conception y était très naturelle. J’ai également acquis beaucoup d’expérience dans la complexité de la gestion d’une entreprise, ce qui m’a été incroyablement utile.

La mode a-t-elle toujours été une évidence ?
Ma mère, qui était designer, m’y a initiée, d’une certaine manière. Petite, je regardais ses carnets de croquis et je jouais avec ses tissus. Elle m’a appris à utiliser une machine à coudre et à fabriquer mes propres créations.

Avez-vous un mentor ?
Louise Wilson (professeur culte de la Central St Martins, décédée en 2014, ndlr) a été un tuteur et un mentor incroyable pour moi pendant mon séjour à Central St Martins, et encore maintenant. Elle m’a poussée à devenir la version la plus forte de moi-même et à définir mon point de vue en tant que designer. Je me souviens encore lorsqu’elle nous disait:“Faites ce que vous faites bien, ce que vous savez faire de bien, il y aura une place pour cela.”

De quels créateurs vous sentez-vous proche ?
De beaucoup de créatrices. Je dessine pour moi-même et mes amis de manière très personnelle, j’essaie toutes les pièces que je réalise afin de savoir ce qu’on ressent quand on les porte. C’est un privilège d’être une femme qui crée des vêtements pour femmes.

Quelles sont vos inspirations automne-hiver 2018-19 ?
Cette collection a été inspirée par l’idée de “passer à l’âge adulte”, de s’éloigner de la maison pour la première fois, avec un sentiment d’espoir, de potentiel, et des rêves. J’ai imaginé une jeune femme vivant de nouvelles expériences, commençant à définir qui elle est.

Vous êtes la reine de la diversité sur votre podium, pouvez-vous expliquer cette nécessité (Rejina Pyo lutte pour davantage de diversité dans la mode, qu’il s’agisse d’âge, de taille ou de couleur de peau. Elle avait lancé un appel aux femmes confiantes, uniques et inspirantes de toutes les ethnies et de tous les âges pour le casting d’un de ses derniers défilés, ndlr)?
C’était une manière très naturelle de montrer la collection à des femmes qui sont mes amies, qui portent mes vêtements, qui aiment et représentent la marque. Nous voulions célébrer toutes les femmes.

Quelle est l’influence d’Instagram sur votre travail ?
Pour moi, Instagram est un outil de communication pour renforcer la communauté de ma marque.

Que pensez-vous des influenceurs?
Je ne suis pas une grande fan des photos de style “influenceur”. Beaucoup d’entre eux affichent les mêmes contenus pour lesquels ils ont été payés, ce n’est pas très original et cela ressemble beaucoup trop à de la publicité. Je suis plus intéressée par leur style de vie. J’aime les gens qui ne se prennent pas trop au sérieux dans leurs selfies, comme @leandramedine ou les images éditoriales de la styliste qui fait notre conseil, @alexcarl.

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