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Pourquoi "THE", le nouveau label de Marc Jacobs, est déjà un succès

Quatre ans après l’arrêt de Marc by Marc Jacobs, le plus baroque des créateurs américains offre à sa ligne principale une nouvelle petite soeur baptisée "THE". Sa bannière ? Le double-jeu.
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En mode, les génies de la strate se comptent sur les doigts d’une main. Pompeusement baptisée « layering », la grâce de mélanger les époques, les styles, les matières et ce sans perdre le Nord a touché ceux qui maîtrisaient l’art du détournement. Engendrer une attitude 3.0 à base d’éléments datés passe par le second degré. Alessandro Michele chez Gucci l’a compris. Demna Gvasalia chez Vetements et Balenciaga, aussi. Johnny Coca chez Mulberry. Déjà, chez Louis Vuitton, Marc Jacobs associait bagagerie Belle Époque et art néo-pop japonais. À New York désormais, chacun de ses défilés est une projection à l’ère contemporaine d’un passé réel ou fantasmé : Corpse Bride enfilant un sweatshirt sous son "granny square". Marie-Antoinette en robe de gaule et galons rhabillée pour une rave. 

Chez THE, petite soeur de Marc Jacobs inaugurée le 30 mai dernier, Snoopy joue à "Où est Charlie ?" avec Courtney Love, Blondie, Andy Wahrol et les Spice Girls. "THE est une collection éclectique d’articles.", commentait ainsi Marc Jacobs au moment du lancement. Trois lettres. Une particule empruntée à l’Instagram @themarcjacobs. Le label se veut un jeu de Scrabble où chaque jeton, pièce, peut s’accommoder l’une de l’autre. En somme, les strates sont là : au cool kid de faire le reste. "Nous voulions faire quelque chose à contre-courant de nos collections classiques, quelque chose qui fonctionne plus en terme d’objets. Vous pouvez les assembler à votre façon ; THE, c’est plus une question de style à soi que de total look emprunté à un défilé."

Aussi, Marc Jacobs envisage THE comme un hub créatif où les énergies et les designers se croisent. Une basket "Peanuts", un t-shirt New York Magazine, une montre D.Porthault… L’ami de toujours Stephen Jones, chapelier, prépare pour THE une "capsule" de couvre-chefs et de bandeaux. Ludique, la marque est également historiquement avertie. Beaucoup d’articles renvoient peu ou prou, si ce n’est à une période précise de l’histoire de la mode, aux trente années de créations de Marc Jacobs. "The grunge sweater" résonne Nivarna, quand "The victorian boot" en appelle à une autre contre-culture, gothique, au croisement du 19e siècle et des années 1980… Au début des années 1990, Marc Jacobs avait d’ailleurs fait scandale en lançant sa collection "Grunge" pour Perry Ellis.

Cultures nerd, geek, pop, culte du "goodies"… Ce joyeux bordel prend corps dans un portfolio construit en équipe. Au stylisme ? Le troisième oeil de la mode aka Lotta Volkova. Au design ? La créatrice Olympia Le-Tan, qui a rejoint Marc Jacobs — et New York — en septembre 2018. Le photographe écossais Hugo Scott, de son côté, immortalise sur le bitume ou au vert des "twins", soeurs, frères, presque tous anonymes parmi lesquels Shanae Mullings et sa soeur Shanika en robes années 1940, étoles léopard et collants logotomisés. Avec un brushing avec la Cyndi Lauper, Kaye et Colleen ont baptisé, de leur côté, la collaboration de THE avec Schott autour d’un perfecto en cuir rose bubble gum dans un esprit post-disco…à particule.

www.marcjacobs.com/the-marc-jacobs/the-collection/

Introducing THE MARC JACOBS

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