Femmes

Julia Roberts : "Le hasard a voulu que j’hérite de telles jambes"

by Mathilde Berthier
08.12.2017
Actualité chargée pour Julia Roberts : la voilà à l’affiche du nouveau film de Stephen Chbosky, Wonder ; la voici montrant ses gambettes légendaires pour Calzedonia.

Elle n’a pas vraiment changé depuis Pretty Woman. Même assurance, même empathie, même naturel gouailleur doublé d’une aura hypnotique… Julia Roberts, dont le sourire a été assuré à hauteur de plus de vingt millions d’euros, trace sa route avec l’humilité des vrais grands. Bientôt à l’affiche de Wonder, signé du réalisateur et écrivain Stephen Chbosky, elle joue son propre rôle dans la dernière campagne “collants” du label Calzedonia. Encore une histoire de jambes donc… et une belle raison de lui parler cinéma, sous un soleil de fin d’été à Vérone. 

Être ambassadrice d’une ligne de collants, alors que vos jambes sont l’objet d’une fascination, d’un mythe même, est-ce une manière pour vous de jouer avec votre propre image ? 

En partie, oui. Je trouve ça amusant et important de cultiver chacun de ses signes particuliers, toutes ces choses qui font partie de soi et que l’on ne pourra jamais changer, sans s’appesantir sur ce que cela engendre. Cette histoire de jambes, de sourire… tout cela n’est qu’un coup de dés. Mes deux sœurs et moi avons des physiques différents. Le hasard a voulu que j’hérite de telles jambes. 

L’acceptation de la différence, c’est tout le sujet de votre dernier film, Wonder …

Aujourd’hui, les gens, et surtout les plus jeunes, ont du mal à prendre le temps de se connaître les uns les autres. Quelqu’un de beau à l’extérieur ne pourrait pas être beau à l’intérieur, et vice versa ? Tout va très vite autour de nous, les enfants sont parasités par tous leurs gadgets… C’est une belle idée de dire : “Prenons le temps. Discutons d’abord ensemble. Puis décidons.”

Vous pensez à l’impact des réseaux sociaux sur les rapports humains…

Mon opinion est mitigée. J’aime l’idée de pouvoir garder le contact avec les gens que l’on voit rarement, qui sont loin… Mais la virtualité crée une séparation, une barrière avec l’humain. Rien ne remplace le fait de partager un espace, du temps, une conversation avec quelqu’un.

Parlons jambes… et cinéma. Une scène mythique en la matière ?

Le dialogue entre Anne Bancroft et Dustin Hoffman dans Le Lauréat de Mike Nichols : “Mrs. Robinson, you're trying to seduce me. Aren't you?” (“Madame Robinson, vous essayez de me séduire, n’est-ce pas ?”, ndlr.) 

Qu’est-ce qui a changé, depuis ce film, en 1967, dans la manière de les filmer, ces fameux “compas” dont parlait Truffaut à la même époque ? 

Beaucoup de choses ont changé, et pas qu’au cinéma, dans la vraie vie aussi. Aujourd’hui, les gens sont bien plus à l’aise avec leurs corps, ils se dénudent dans la rue, et c’est une bonne chose. Pour autant, je trouve que, au cinéma – et je ne veux pas parler comme une grand-mère –, filmer un short revient à filmer une culotte ! (Rires.) Plus sérieusement, banaliser la nudité réduit la capacité du septième art à suggérer. Aujourd’hui, les réalisateurs ont plus de mal à provoquer comme ils le faisaient dans les années 1960 et 1970… avec un simple frôlement de jambes, justement. 

Wonder, de Stephen Chbosky, sortie le 20 décembre.

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