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Joey King: “Mon conseil aux teen stars ? Ne jamais se prendre au sérieux"

Actrice depuis l’enfance, Joey King passe aisément d’une comédie romantique à une série inspirée d’un fait divers trash. À 19 ans, rien ne lui fait peur et sa détermination révèle l’étoffe d’une star.
Reading time 9 minutes

Photographie par Danny Lowe
Video par Evadne Gonzalez

Stylisme par Roberto Johnson
Coiffure Tomy Bucket
Maquillage Jo Strettell
Assistants photo Andrew Espinal et Wesley Carter

Ronronnement de tondeuse, Joey King hurle comme dans un horror movie et les mèches décolorées tombent au sol… Cette scène en rappelle une autre : une ex-enfant star en désarroi, nommée Britney Spears, avait elle aussi sacrifié sa chevelure avec un téléphone pour témoin. Instragram n’existait pas mais la presse tabloïd et tous les sites d’infos worldwide avaient repris la scène. Ici, c’est pour préparer une série et Joey King est l’héroïne de The Kissing Booth (= la boutique des bisous), comédie romantique Netflix. La série, ce sera The Act, avec une Joey reconvertie en héroïne d’un fait divers white-trashissime par la magie de Hulu et de la réalisatrice française Laure de Clermont-Tonnerre. The Act est adapté d’un fait divers qui a effrayé l’Amérique : Joey joue le rôle de Gypsy Rose Blanchard, une jeune femme qui a assassiné sa mère Dee Dee après que celle-ci lui a fait croire pendant des années qu’elle était atteinte d’une maladie incurable. “Syndrome de Münchausen par procuration” disent les psychiatres, une manière comme une autre pour la marâtre de s’attirer l’attention et la sympathie des voisins.

Se faire tondre la tête n’est pour Joey qu’une formalité, elle a déjà sacrifié sa chevelure trois fois dans sa jeune carrière. “On me dit que je suis courageuse… Mais je ne suis pas courageuse, je me fais juste tondre les cheveux !”, fanfaronne-t-elle avec une pointe de défi. “Joey, c’est la nouvelle Jessica Chastain, elle est formidable” : jointe au téléphone à Savannah (Géorgie), la belle Laure de Clermont-Tonnerre ne tarit pas d’éloges sur la jeune actrice. “Hier, elle a passé la journée à essayer sa chaise roulante au soleil sur un parking, c’est une grande professionnelle.”

Une vie sous les projecteurs

On l’aura compris, Joey n’a pas froid aux yeux. Rien de la petite héroïne sucrée de “la boutique des bisous”. Sa carrière a commencé avec une pub pour des céréales quand elle avait 3 ans, belle prestation (visible sur YouTube) très vite suivie d’autres, dont plein de films d’horreurs. À croire que son physique enfantin et sa voix puissante la prédisposent aux hachoirs à viande et aux tueurs fous. À 19 ans, Joey a donc une vraie belle carrière derrière elle. Elle a travaillé presque toute sa vie sous les projecteurs et le fruit de cette dure éducation ne fait aucun doute. Dans ses interviews, où elle n’hésite pas à jouer les vieilles de la vieille, elle insiste toujours sur la part de plaisir et de gaieté qui doit accompagner le jeu : “Si j’ai un conseil à donner aux enfants stars, c’est de ne jamais se prendre trop au sérieux. Il faut que ça reste une blague même si c’est un job et que le job est sérieux.” À la voir rire sous la tondeuse, on comprend que la fillette n’est pas loin. Haute comme trois pommes, la native de Los Angeles s’est choisi un grand dadais de trente centimètres de plus qu’elle comme premier fiancé, Jacob Elordi. N’ayant pas le temps de faire des emplettes elle l’a trouvé sur le tournage de The Kissing Booth. Et comment ? En lui roulant une pelle. Toute la simplicité joeykingienne tient dans cette formule : “C’est pratique de trouver un fiancé sur un plateau, tu peux l’essayer dix-sept heures par jour tous les jours avant de te décider.” Soyons clairs, c’est Joey qui a choisi Jacob et non l’inverse, il suffit de les voir deux minutes ensemble sur un talk-show pour comprendre…

Comment passe-t-on d’un rôle aussi sucré que The Kissing Booth à celui d’une matricide prétendument handicapée ? Préparation ? Training ? Lectures du dossier psychiatrique ? Visite du modèle en prison ? J’ai essayé de poser la question à Laure de Clermont-Tonnerre mais celle-ci n’a visiblement pas les mains libres, la production et les auteurs interdisant à la réalisatrice de parler de la série. En revanche, Joey n’est pas avare de confidences… mais seulement sur ses cheveux, avec des conseils à un magazine beauté.

Sujet : “Comment se maquiller quand on a la boule à zéro”… Joey, on l’aura compris, ne rate aucune occasion de l’ouvrir. Avant de finir dans un fauteuil à roulettes, Joey est passée par un film d’horreur, Slender Man. Aux journalistes qui lui demandaient si elle avait des séquelles suite au tournage, toujours cash, au lieu de s’en sortir avec une joke facile (“je me suis séparée de mon hachoir à viande” ou “j’ai du mal avec les requins blancs de mes amies”) elle avoue carrément : “Oui, j’ai eu une maladie bizarre, inexplicable… Mon sang a commencé à perdre des plaquettes, on a voulu me transfuser mais j’ai refusé, finalement ça c’est rétabli avant le début du tournage de The Act.” Peur de rien Joey ? Si, la grosse bête a peur de la petite : “Il y a une abeille au secours !!!” crie-t-elle pendant une interview téléphonique… Sous des dehors de matamore, une hyper-émotivité sert son jeu d’actrice. D’après Laure de Clermont-Tonnerre, “elle attrape les indications de façon extraordinaire, elle est extrêmement attentive”.

“Si j'ai un conseil à donner aux enfants stars, c'est de ne jamais se prendre trop au sérieux. Il faut que ça reste une blague même si c'est un job et que le job est sérieux."

La métamorphose

Le rôle de Gypsy Rose est violent, atroce même, mais c’est aussi l’occasion pour une actrice aussi vivante que Joey King de construire une composition spectaculaire. Gypsy Rose Blanchard (27 ans aujourd’hui), récemment condamnée à dix ans de prison pour le meurtre de sa mère, a accordé en janvier dernier une interview à ABC : “Je me sens plus libre depuis que je suis en prison.” On la comprend… Lorsque Gypsy Rose avait 8 ans, sa mère a raconté qu’elle était atteinte d’une leucémie, d’une dystrophie musculaire et qu’elle devenait aveugle et sourde. Pendant toutes ces années, c’est la course en avant vers une sorte de gloire trash : Dee Dee fait participer sa fille à des téléthons ou à des rencontres avec des stars avant de bénéficier de l’aide médiatique d’une association caritative pour avoir perdu sa maison en 2004 à cause de l’ouragan Katrina. À l’adolescence, la fille se révolte alors que sa mère la fait passer pour beaucoup plus jeune qu’elle n’était en réalité. “Elle m’enchaînait au lit, mettait des clochettes aux portes, disait aux gens de la prévenir s’ils me voyaient sous prétexte que je traversais une phase compliquée…” La jeune femme a fait poignarder sa mère par son petit ami Nicholas Godejohn. La police établira après leur arrestation, en juin  2015, que Gypsy Rose n’avait aucune des infirmités ou des maladies inventées par sa mère. “Je n’ai pas fait ça parce que je la détestais, j’ai fait ça parce que je voulais lui échapper”, déclare-t-elle à ABC.

Joey King va sûrement faire un tabac avec une telle histoire et des personnages aussi savoureux. C’est l’immense Patricia Arquette qui lui donne la réplique dans le rôle de Dee Dee la marâtre. Je note au passage que la haute qualité de l’onomastique white-trash (Gypsy Rose, Dee Dee…) ajoute beaucoup aux charmes de leurs méfaits. Reste une question : comment le gentil Jacob, amoureux resté sur le carreau pastel de “la boutique des bisous”, va-t-il surmonter la métamorphose de la belle Joey ?

Just Joey King Being So "High Fashion" - L'OFFICIEL

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