Femmes

Comment la mode dépoussière le tricot

Savoir-faire ancestral, le motif ajouré passe sans ciller du vide-greniers des quartiers gentrifiés au podium de J.W. Anderson.
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Biscuits de Sèvres, fauteuils Louis XVI en toile de Jouy..., le phénomène “arts d’autrefois” s’étend jusqu’au trousseau de grand-mère, dont les créateurs de mode prélèvent ce printemps la substantifique moelle : le napperon au crochet. Aussi appelé “granny square” par les Anglais, ce carré de laine ou de coton assemblé à l’aiguille a les honneurs de la nouvelle génération. Et que ça parle tricot dans la rue et sur les podiums, de J.W. Anderson, Gypsy Sport, Alexander McQueen ou encore Jil Sander et Chloé.

Pilotée par Natacha Ramsay-Levi, cette dernière maison convoque l’art des dentellières françaises de Calais ou Chantilly... Formées à l’aiguille ou au fuseau, ces néo-Ariane appliquaient aussi, dès le XIXe siècle, la technique du crochet à l’utilisation de fils moins “gros- siers”. Travaillée sur toute la silhouette, la technique débouche, cet été, sur des robes 60s à la Brigitte Bardot ponctuées de franges, de pompons, ou sur des pièces style brutaliste chez Jil Sander par Lucie et Luke Meier.

Dans un genre plus frontal, le crochet vu par JW Anderson et Rio Uribe de Gypsy Sport se porte “en mode napperon” à l’épaule ou sur le plastron, avec bandana de cuir et hoodie rose bonbon. Ces deux designers, gourmands de détournements, semblent avoir imaginé ici la razzia d’un millennial dans le grenier familial... Récemment, Converse a même tapissé son emblématique sneaker "Chuck Taylor"... de crochet.  Ah, les joies de l’anachronisme.

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