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Alexa Chung : "Ce que je dessine est de plus en plus personnel"

Entre sa dernière collection Alexachung et sa nouvelle émission Next in Fashion sur Netflix, la jeune créatrice est partout, et n’a pas fini de nous épater.
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Photographie par Guen Fiore. Stylisme par Marianthi Hatzikidi. Chemise à col en popeline de coton bleu, Dior. Joaillerie, BOUCHERON.

L’Officiel : Quelle a été votre première rencontre avec la mode ?

Alexa Chung : J’ai été repérée à l’âge de 15 ans par une agence de mannequins, ce fut mon premier contact avec l'industrie de la mode. Avant cela, je faisais des magazines et des émissions de télévision sur la mode mais dans ma chambre, avec mon voisin.

 

Depuis votre premier front row jusqu'à maintenant, avez-vous vu la mode changer ?

Tout à fait. La mode s’est diversifiée et a pris conscience des questions sociétales. La notion de durabilité a vraiment été motivée par les consommateurs. Et je pense que l'arrivée des médias sociaux, il y a une décennie, a vraiment changé l'expérience du show pour toujours.

 

Pourriez-vous résumer votre collection Alexachung printemps-été 2020 en quelques mots ?

C'est une sorte de goûter de Pâques sous acide. Je ne sais pas d'où me vient cette idée. Je pense que c’est en regardant trop Mad Men et les couleurs pastel que porte Betty.

 

Votre approche du style et du design est-elle basée sur l'instinct ?

Assurément, par le désir de m'habiller comme je le ressens et d'exprimer ma personnalité à travers des vêtements.

 

Qui est la femme Alexachung?

Elle pourrait être n'importe qui. Je ne conçois pas ma mode avec une muse à l'esprit. Ce que je dessine est de plus en plus personnel, alors peut-être que la femme Alexachung, c’est Alexa Chung.

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Vous présentez une nouvelle série sur Netflix appelé Next in Fashion dans laquelle vous rechercher LE nouveau designer de demain. Comment avez-vous challengé les candidats ?

Chaque semaine, il y avait un défi différent conçu pour tester leur polyvalence en tant que designer ainsi que leur capacité à collaborer car, selon mon expérience, une grande partie de l'exécution d'une vision créative consiste à être en mesure de communiquer clairement une idée, mais également à prendre en compte l’avis des autres. On leur a donc demandé de concevoir un ou deux looks selon différents thèmes comme “la montée des marches” ou “l’active wear”.

 

Ce sont de jeunes créateurs (18 ans) qui ont participé à cette émission, avez-vous été impressionnée par leur talent ?

Absolument. Je pense que la production de la série a fait un excellent travail pour trouver des personnes talentueuses dans des écoles de mode de qualité, il y a donc une réelle légitimité dans cette compétition.

 

Est-il difficile de choisir un seul gagnant (le gagnant remporte 250 000 $ et a l’opportunité de proposer sa collection sur Net-a-porter) ?

Oui, c'était vraiment difficile car les deux finalistes étaient tous deux des designers avec lesquels nous avions établi des liens et tous deux méritaient de remporter cet argent pour développer leur travail. Mais ils étaient également totalement différents sur le plan stylistique. En fin de compte, la décision a été fondée sur la force de leur dernière collection dans un esprit commercial.

 

Êtes-vous impatiente de toucher un public mondial via Netflix avec la diffusion de Next in Fashion ?

Je pense que oui… C'est toujours agréable de se retrouver dans un pays étranger et de s’entendre dire bonjour. Avec un peu de chance les gens m'aimeront, et si ce n’est pas le cas, je mettrai un grand chapeau et je me cacherai dessous.

 

Comment était la coprésentation avec Tan France, l'expert de la mode dans Queer Eye ? Aviez-vous regardé son émission auparavant ?

Oui, je suis fan de Queer Eye. Un jour, Tan France est arrivé à une fête à laquelle j'étais et j'ai poussé un cri en le voyant car pour moi il est si célèbre ! Je pense qu'il a apprécié ma compagnie parce qu'il était arrivé seul, ça ne le dérangeait donc pas d'être en compagnie d'une fan aussi bizarre que moi. C'est de cette façon que nous nous sommes rencontrés. 

 

Directrice créative d’Alexachung, star de YouTube, mannequin, écrivain, vous avez de nombreux talents. Aimeriez-vous ajouter une autre corde à votre arc ? Déesse ? 

Wowww. Non, merci.  Je pense que je donne le meilleur de moi-même et je suis très heureuse du travail que je réalise au sein de mon entreprise, car il me permet de vivre toutes les choses que j'aime faire au sein d'une même maison.

 

Quelles rencontres ont changé votre vie ? 

Celle avec Karl Lagerfeld, en ce sens qu'elle m'a apporté une certaine légitimité dans le monde de la mode lorsque j'étais présentatrice télé. Et celle avec mon premier investisseur qui m'a encouragée à créer ma propre marque. 

 

Quelle musique pourrait être la bande originale de votre vie ces jours-ci ?

Probablement de la musique classique. J'essaie d'être calme et élégante.

 

À quand remonte la dernière fois que vous avez été bluffée ?

Lors de ma rencontre avec Tan France à Londres. Avant cela, c'était avec Bruce Willis à New York.

 

Que voulez-vous faire par la suite, quel est votre rêve ?

Je suis très heureuse en ce moment, alors je souhaiterais maintenir cet équilibre entre mon travail et ma vie personnelle. Et je veux vraiment un pull ennuyeux, un cachemire noir à col roulé. C'est tout ce qui me vient à l'esprit (rire).

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Photographie Guen Fiore

Stylisme Marianthi Hatzikidi

Coiffure : George Northwood.

Maquillage : Florrie White.

Assistant photo : Francesco Zinno.

Assistante stylisme : Gabriela Cambero.

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