Fashion Week

Quelle est la définition de "l’extra ordinaire" chez Louis Vuitton ?

Surréaliste, dans le bon sens du terme, Virgil Abloh nous offre une leçon de style magistrale, et confirme l’ouverture d’une nouvelle décennie de tailoring.
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En décembre dernier, et alors qu’il sortait de deux mois de réflexion, le créateur Virgil Abloh, annonçait dans un entretien à Dazed "la fin prochaine du streetwear", ou tout au moins sa totale remise en question. Un comble pour celui qui y a tant oeuvré, mais aussi un message fort, qu’il vient de confirmer de façon magistrale chez Louis Vuitton, dont il est le directeur artistique depuis quatre saisons maintenant. 

Que la communauté Abloh se rassure, il s’agit plus d’une ouverture que d’une rupture, à l’aube d’une nouvelle décennie et confirmée par la maison : "Le streetwear est un concept librement accepté et refusé par Virgil Abloh. Avec le bouleversement actuel des codes vestimentaires, l’idée que l’on se fait du streetwear exige une redéfinition du terme lui-même. Aujourd’hui, le streetwear désigne les vêtements que nous portons et la façon dont nous les portons. (avec cette collection) Virgil Abloh étudie l’anthropologie du costume toujours en mouvement et la reprogrammation des dress codes traditionnels." 

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Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le créateur star de la fashion-week parisienne sait à chaque fois nous bluffer, et de façon radicalement différente de la précédente. Après le romantisme de la Place Dauphine l’été dernier, place au surréalisme façon Magritte, pressentie dès l’invitation, une horloge dont la trotteuse tourne à l’inverse du sens des aiguilles d’une montre. Une première impression confirmée par le décor du show, simple boite de ciel pommelé, que viennent tout juste troubler quelques outils surdimensionnés posés ça et là, sculptures en référence à l’artisanat signées Claes Oldenburg, et deux ouvertures béantes orange fluo, dont l’une accueille le dj-set de Juan Atkins et Richard David, aka Cybotron, duo électro de Détroit des Années 80 recomposé pour l’occasion. 

"Heaven on Earth", la collection porte bien son nom : un hommage jouissif au tailoring contemporain, où ce qu’il devrait en être dorénavant, passé à la moulinette pour les générations futures, dont les codes traditionnels sont intégralement repensés, bousculés sans jamais être offensés, travaillés jusque dans le moindre détail et dans les règles de l’art, renouvelant en effet d’un coup d’un seul l’intégralité du discours "streetwear". Même la maroquinerie, si chère à la maison, voit ses grands classiques encore bousculés, cette fois dans une incroyable distorsion ajoutant au surréalisme de l’ensemble. Si la saison automne-hiver 20-21, et probablement la décennie, s’annonce comme celle du passage à un "neo tailoring" né de la fusion enfin aboutie et assumée entre formel et streetwear, Virgil Abloh en est cette fois le maître incontesté. 

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