Beauté

Comment passer à la slow beauty ?

by Mélanie Mendelewitsch
30.05.2017
Face à une industrie de la beauté de plus en plus normée et soumise aux diktats des tendances, le phénomène slow beauty gagne du terrain. Cosmétique Do it yourself et rituels déstressants : les conseils d'experts pour ralentir sa routine beauté.

La Slow Cosmétique, retour aux basiques

Face à l'over-consommation de produits de grandes marques chargés d'actifs chimiques et aux promesses souvent irréelles, la slow cosmétique séduit un nombre grandissant d'adeptes Une alternative healthy qui s'adresse à toutes celles qui souhaitent prendre soin de leurs peau tout en respectant la planète et leur propre organisme, en évitant la pétrochimie et les perturbateurs endocriniens. Ce phénomène conceptualisé par l'auteur Belge Julien Kaibeck prône un retour aux basiques de la beauté, et revisite les secrets ancestraux en les adaptant au goût du jour. 

«J'ai inventé la Slow Cosmétique en réaction à un constat : on consomme trop de produits, sans avoir toujours conscience de ce qu'ils contiennent ou de ce qu'ils peuvent réellement nous apporter, explique t-il. Un état des lieux assez pessimiste qui inspirera son ouvrage "Adoptez la Slow Cosmétique" paru aux Editions Leduc, véritable best seller et bible de la beauté naturelle. « La Slow Cosmétique consiste à consommer moins mais mieux, poursuit-il. Moins, en déclinant par exemple un même produit pour plusieurs usages, ou en utilisant des ingrédients peu transformés comme le miel, les huiles végétales, ou encore le sucre.  Mieux, en choisissant consciemment des produits cosmétiques dont la formule est vraiment noble, faisant la part belle aux végétaux et aux ingrédients naturels, plus écologiques» 

Un mouvement qui va croissant, puisque depuis la parution de son ouvrage fondateur, 135 marques portent aujourd'hui la Mention Slow Cosmétique, label qui permet aux novices de s'y retrouver.

Changer sa routine

Comment concocter ses propres formules même lorsqu'on manque de temps ? 3 gestes simples à adopter, sur les conseils de Julien Kaibeck :

«Remplacer le gel douche par un bon savon à froid surgras, un produit naturellement plus riche en glycérine naturelle. Il permet une toilette très douce de tout le corps, et n'est pas polluant puisque sans flacon ni substances plastiques»

«Troquer sa crème de nuit contre une huile végétale noble, riche en acides gras essentiels et en Vitamines. On masse ainsi chaque soir son visage nettoyé avec 3 grosses larmes d'huile de noyaux d'abricot, d'argan, ou d'églantier. L'huile ne graisse pas l'épiderme et permet d'améliorer la barrière cutanée, ce qui retient mieux l'eau dans les tissus et participe à l'hydratation, clé d'une jolie peau éclatante et rebondie»

«On peut aussi remplacer son déodorant par une eau florale d'hamamélis, très astringente et régulatrice, au parfum délicat. Un produit naturel, amplement suffisant lorsqu'on a une transpiration modérée»
 

Adoptez la Slow Cosmétique par Julien Kaibeck, 16 euros, paru aux Editions Leduc
www.slow-cosmetique.org

 

 

Créer ses rituels de beauté sur-mesure

La clé de voûte de la slow beauty ? La connaissance de soi, comme l'explique Victoire de Taillac, bercée à la beauté naturelle et à l'origine de la résurrection de Buly 1803, ancienne officine d'apothicaire crée en 1787. Une élégante boutique qui propose des eaux, des  huiles,des formules miracles et autres accessoires cultes venus du monde entier, et qui célèbre une vision old school de la beauté où on prenait le temps de se faire du bien. Une volonté manifeste pour Victoire de Taillac de renouer avec une époque où les femmes s'accordaient plus de moments privilégiés.

«Nous nous retrouvons tout à fait dans les préceptes de la slow beauty. Il est essentiel d'apprendre à se connaître, et surtout de créer ses propres rituels de beauté qui aident à se sentir bien au jour le jour», approuve t-elle. Et pour ce faire, il n'est pas nécéssaire de donner dans les routines à rallonge, façon beautista coréenne fan de layering : «La beauté peut être simple, poursuit Victoire de Taillac. Pour moi, moins c'est souvent mieux. Suivez votre propre inspiration sans vous laisser porter par les tendances, concentrez votre ressenti pour ne conserver que les soins qui vous font vraiment plaisir. En ce qui me concerne, c'est le brossage à sec le matin, des pieds à la tête. Cela me change véritablement la vie, et ça modifie la façon dont j’appréhende ma journée»

 

Officine universelle Buly 1803, 6 rue Bonaparte 75006 Paris
www.buly1803.com

Apprendre à respirer

Coté sportif aussi, on apprend à mettre la pédale douce et à éviter l’écueil de la performance à outrance, comme en témoigne la tendance lourde du low intensity workout, conseillée par de nombreux healthy guru outre-atlantique. Une approche plus progressive de l’entraînement physique, où on privilégie les activités «soft» telles que le yoga ou le Pilates. A la clé, un système immunitaire renforcé, et une confiance à soi gonflée à bloc. Une mutation approuvé à 100% par Julie Laurent-Marotte, coach et sophrologue en charge de l'excellent cours Breath and Stretch du Klay, séance ultra tonifiante qui associe des techniques de relaxation Shiatsu aux étirement des méridiens.

«Dans la pratique sportive, contrairement aux idées reçues, l'essentiel est de s’écouter. Attention, cela ne signifie pas se plaindre ou se lamenter, mais appliquer de façon littérale le mantra «no pain no gain» sans écouter son corps et ses capacités du jour, c'est contre-productif, et ça peut même mener à des blessures !»

Les disciplines essentielles pour arriver à se recentrer sur ses sensations sans être obnubilée par nos objectifs à court terme? La sophrologie et la méditation:

«Des activités incontournables pour apprendre à vivre le moment précis et surtout maîtriser sa respiration, la base de tout dès lors qu'il s'agit de revenir à soi et de déconnecter de nos obligations quotidiennes, poursuit Julie Laurent-Marotte. Le but? Réussir à stopper le petit vélo mental qui nous rappelle 100 fois par jours ce qu'il faut qu'on fasse. Arrêter de se mettre la pression aussi, notamment quand on cherche à perdre des kilos superflus. En un mot: déculpabiliser»

Un constat approuvé par Aurélia Lanson, fondatrice de Méditation in the City : «De plus en plus de gens on le sentiment que leur vie leur échappe. Qu’ils passent leur temps à courir d’un rendez-vous à un autre, à honorer leurs engagements, qu'ils aimeraient être ailleurs. Bien sûr, il y a beaucoup de pratiques comme celles du yoga, du Pilates,du Taï-chi qui nous incitent à ralentir, à nous inscrire dans le moment présent, et donc à « déconnecter ». Et évidemment la méditation,une pratique qui nous aide à nous focaliser sur ce que nous avons de beau et de bon aujourd’hui dans notre existence, au lieu d’être constamment préoccupé par ce que l'on n’a pas. Mais à mes yeux, le plus important est de trouver l’activité qui nous permette de nous réjouir de la vie, qui va remplir notre être d’un profond sentiment de joie au moment où on est en train de l’accomplir, plutôt que d’être constamment en train de penser à ce que l’on va faire après. Cela peut être de prendre des cours de chant, de danse, d’escalade, tout autant que d’accomplir une activité créative comme celle de dessiner chaque matin avant d’aller travailler. Ce qui me semble essentiel n’est pas de s’imposer une contrainte supplémentaire, mais de respecter l’élan naturel de notre être, de ce qui nous excite. 

 

Cours Breath and Stretch au Klay, 4 bis rue Saint-Sauveur 75002 Paris
www.klay.fr
www.meditationandthecity.com 

 

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