Comment pimper son vagin ?
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Comment pimper son vagin ?

Objet d’une nouvelle spécialité médicale à visée esthétique et réparatrice, la sphère intime féminine se refait une beauté. Injections d’acide hyaluronique ou de graisse autologue, voici les protocoles de soin pour se reconstruire aussi bien physiquement que psychiquement.
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Repulper et redessiner les grandes lèvres

Véritable mode outre-Atlantique, cette technique connaît un franc succès dans l’Hexagone, quoiqu’entourée de plus de discrétion. L’école américaine prône le “Barbie look”, avec des lèvres survitaminées, hyper-gonflées, à l’image de celles des actrices de X. En France, les praticiens optent pour une approche plus conservatrice, adaptée à la morphologie de la patiente et à son âge. Récente, la démarche est purement à visée esthétique. A fortiori lors d’une perte de poids importante ou à partir de la ménopause, quand les grandes lèvres peuvent se dépulper et s’atrophier, d’où un sentiment de perte de féminité et de sex-appeal.

“Les tabous sautent, et les femmes assument plus facilement leur souhait d’être désirables et attirantes pour leur partenaire et pour ellesmêmes”, remarque le Dr Laurent Benadiba, chirurgien plasticien spécialiste de la sphère intime à Paris, co-créateur du Dumeg (diplôme universitaire de médecine esthétique génitale) à l’université Paris-Est Créteil. “On recrée du volume avec une injection de une à deux seringues de Desirial Plus des laboratoires Vivacy, un acide hyaluronique spécialement formulé pour traiter la zone intime, ce qui permet de restructurer les grandes lèvres en leur redonnant un aspect rempli et donc rajeuni.” Le geste, précédé d’une petite anesthésie locale, est effectué en cabinet et prend à peine vingt minutes.

Durée du résultat : douze mois.

Post-traitement : pendant cinq jours, pas de rapports sexuels ni de vélo. Éviter de porter des pantalons serrés.

 

Pour un résultat plus durable ou dans le cas de grandes lèvres très dépulpées et atrophiées, on peut opter pour une labiaplastie. Le chirurgien prélève au bloc opératoire un peu de graisse sur le ventre ou les cuisses et, après l’avoir centrifugée pour la purifier, la réinjecte sous anesthésie locale à la canule. La zone reste un peu dure et sensible durant deux semaines, le temps que le greffon se mette en place. Lorsque les lèvres sont très distendues, l’excédent de peau est retiré. Dans la plupart des cas, le résultat est définitif.

Hydrater la muqueuse

La sécheresse vaginale peut toucher les femmes à divers moments de leur vie : lors de grands stress, d’un traitement médicamenteux, d’une maladie et, surtout, au cours de la ménopause. “Il faut faire passer le message que l’acide hyaluronique, ça marche. Le retour des patientes est extrêmement positif et rejoint les études cliniques”, insiste le Dr Benadiba. “On pratique une sorte de mésothérapie où, après l’insertion d’un spéculum et la pose d’un gel anesthésiant, la paroi postérieure du vagin est injectée avec une seringue de Desirial. On juge de l’efficacité du traitement après quatre à six semaines, on peut alors envisager une réinjection.”

Durée du résultat : de six à neuf mois.

Post-traitement : pendant cinq jours, pas de rapports sexuels, de bains, de natation.

Aplifier la zone G

Le point s’est transformé en zone, c’est dire ! Cette zone au tissu érectile est située sur la surface antérieure du vagin à environ trois à cinq centimètres de la vulve. Chez certaines, il est moins en relief ou, au fil des ans, il s’est aplati, d’où une plus grande difficulté à atteindre l’orgasme. “Quand les patientes viennent consulter pour l’hydratation, elles veulent aussi améliorer leur vie sexuelle et sont nombreuses à demander l’amplification de la zone G, qui permet d’améliorer la qualité des orgasmes vaginaux”, poursuit le Dr Benadiba. “L’intervention se fait au cabinet médical et dure trente minutes, pose de gel anesthésiant comprise. Un spéculum est inséré dans le vagin de la patiente installée en position gynécologique. La zone G est localisée par palpation, puis l’acide hyaluronique avec lidocaïne est injecté. Ce geste délicat nécessite une grande précision, et seul un praticien ultra-formé à l’anatomie vulvo-vaginale pourra injecter la quantité de produit nécessaire en prenant soin d’éviter l’urètre tout proche, ce qui pourrait le bloquer.”

Durée du résultat : de neuf à douze mois.

Post-traitement : pendant cinq jours, pas de rapports sexuels, de bains, de natation.

Bien choisir son praticien

En France, rares sont les gynécologues formés. Après un rejet initial (et moralisateur ?), la profession s’ouvre enfin à cette technique, et les gynécos commencent à s’inscrire au Dumeg. Les pionniers de cette spécialité récente, en majorité des hommes, sont des médecins et chirurgiens esthétiques français. Surnommés les French Sex Doctors, ils sillonnent la planète pour former leurs pairs et soigner les femmes. Aux États-Unis, les femmes ont recours à sans complexe à leur service, cumulant le repulpage des lèvres avec le regonflage de la zone G. Le droit au plaisir et à la beauté du sexe est clairement revendiqué et prend même une tournure politique. En France, on ne se refile pas encore l’adresse de son spécialiste lors des dîners en ville, mais faisons le pari que ça ne saurait tarder.

Photographie par Betina du Toit

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