Art

Comment devenir Art Curator ? 

by Michel Forte
02.02.2017
Prochain arrêt de la caravane des beautiful people : les foires d’art contemporain. Comme à notre habitude, on vous a mâché le travail. Voici quelques bases pour devenir curateur d’art en douceur et avec brio.

Par Michel Forte

Adoptez le bon réflexe garde-robe

On vous voit venir avec vos gros sabots Chanel Prefall Paris-Cuba et vos pantalons en cuir Saint Laurent par Vaccarello. Marche arrière toute. Quand on est dans l’art (beaucoup de gens du milieu utilisent cette expression, vous verrez) cela implique qu’on ait fait des études d’histoire de l’art. Dans histoire, il y a recherche. Dans recherche, il y a bibliothèques, archives, patrimoine… vous suivez ? Piochez donc dans les merveilles du passé, les trésors de la Renaissance et tout le grandiose que Jadis avec un grand J nous a laissé plutôt que dans les ardeurs stylistiques douteuses dont la mode nous a gratifié ces deux dernières saisons. Traduction : faites une escale chez mamie et empruntez-lui tout ce qui est étiquetté Lacroix, Chanel, Dior, Courrèges et qui sent la naphtaline.

Pensez Nadine

Et révisez le chapitre “Art de la conversation” du manuel de savoir-vivre de la baronne de Rothschild. Dans l’art, on fait beaucoup de dîners. Attendez-vous donc à passer des heures à table, pas toujours assis à côté de gens drôles et entreprenants. Si vous ne voulez pas vous endormir et terminer la tête dans le tournedos, vous devez être capable de l’ouvrir sans interruption. Votre passé, vos passions, vos ambitions, ce qui vous anime, ce qui vous horripile, soyez prêts à parler de vous. Pendant des heures. Pas de panique, les gens de l’art sont tellement autocentrés qu’ils ne s’attendent pas à ce que vous leur posiez des questions. Vous pourrez vous contenter de faire semblant d’écouter. Pensez également à réviser vos basiques et à vous faire des fiches : il est impératif de glisser deux ou trois noms d’artistes biélorusses, d’architectes brésiliens ou de décorateurs français installés à New York pour se faire mousser.

Sortir, oui, mais peu

L’art, c’est comme la mode. Tous les soirs, il y a quelque chose à fêter. Une collaboration avec un joaillier italien, une collection de linge de maison en édition limitée, la réédition d’une série de chaises sublimes sur lesquelles on ne peut pas s’asseoir amis c’est pas grave, on vous en passe et des meilleures. Votre agenda de la night risque donc d’afficher très vite complet. Remémorez-vous les préceptes de votre amie journaliste qui se rend sur la Croisette depuis vingt-trois ans, mais qui ne va jamais aux fêtes dingues sur des yachts ou aux dîners rocambolesques donnés à l’hôtel du Cap, parce qu’elle est au lit à 22h avec une tisane. Elle est à Cannes parce qu’elle a des films à voir à partir de 8h30 tous les matins. Faites-en de même. Au maximum, honorez trois fêtes de votre présence éclair. Mais ne vous éternisez pas, vous êtes là pour aller à la rencontre de nouveaux artistes et dénicher de nouvelles œuvres. Soyez sur le pont, carnet Moleskine à la main avant 10h. Art Curator, ce n’est pas blogeuse. C’est un vrai métier. Alors au boulot !

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