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Amalia Ulman : "J'aime travailler avec une chose qui me dégoûte"

by L'Officiel Art
30.01.2017
A partir de scénarios qui la mettent en scène dans des récits de mœurs contemporains, Amalia Ulman réalise des performances sur les réseaux sociaux. Articulées autour de son identité numérique, à la fois émanation et pastiche grotesque de sa propre personnalité, ces performances élaborent des arcs narratifs s’étirant sur plusieurs mois. Dans le cadre de sa dernière performance, Privilege, elle a construit une fable sociale dans laquelle critique des violences de classes, références vernaculaires au web et tensions politiques se confondent. Pierre-Alexandre Mateos et Charles Teyssou – commissaires de “Reputation”, exposition à la New Galerie adaptée de cette performance – se sont entretenus avec elle en marge de la séance photo durant laquelle elle a accepté de se mettre en scène pour L’O ciel Art dans les trois environnements qu’elle a créés.

Propos recueillis par
Pierre-Alexandre Mateos et Charles Teyssou

Photos par Giasco Bertoli
Toutes les photos de ce sujet mettent en scène Amalia Ulman
et les pièces de son exposition à la New Galerie, Paris.

L'Officiel Art : Pour commencer, dites-nous quelques mots de vos origines et du parcours qui vous a amenée à devenir artiste.

Amalia Ulman :
Mon enfance a été plus marquée par la contreculture que par les beaux-arts. Mes parents aimaient la bande dessinée, Betty Page, etc. A un moment, j’ai commencé à m’intéresser à la photographie, et notamment à l’aspect rituel de la photographie telle que la pratiquent certaines communautés sur Internet. C’est vers cette époque que j’ai découvert mouchette.org, un site interactif censé être la voix d’une préadolescente qui ne s’interdisait aucun sujet. Le nom est emprunté au lm éponyme de Robert Bresson, avec lequel le site partage des thématiques telles que la misère, la violence ou la mort, mais la veuve de Bresson a menacé de poursuites l’artiste responsable du site. Des années plus tard, pendant mes études à Londres, j’ai découvert Jaron Lanier, la réalité virtuelle et le magazine cyberpunk Mondo 2000. Voilà ce qui m’a poussée à devenir artiste. D’une certaine manière tout a commencé quand j’ai monté avec Felix Lee une exposition dans ma cuisine intitulée d’après le nom d’une déesse africaine : “Mawu-Lisa”.


Qui est Mawu-Lisa ?

J’ai découvert Mawu-Lisa alors que je faisais des recherches sur les avatars en ligne, la culture cyberpunk et les études de genre. Elle est mi-dieu, mi-déesse, puisqu’elle est à la fois déesse de la Lune et dieu du Soleil. C’est à cette époque que j’ai commencé à remettre en question les dualités, à explorer l’identité féminine et la problématique de la représentation. C’est également durant cette période que j’ai mis au point des conférences-performances, et que j’ai commencé à utiliser divers supports comme la photographie, la vidéo, le jeu d’acteur, l’écriture ou les effets sonores.


A partir de ce projet, vous avez choisi une approche plus axée sur la performance.

Oui, ma première conférence-performance remonte aussi à ce moment-là. Buyer, Walker, Rover, réalisé sur Skype, est profondément influencé par ma pauvreté à cette époque, par la poésie et par l’étrange atmosphère des boutiques “tout à 1 euro”, que j’ai beaucoup fréquentées. Puis j’ai acquis une certaine visibilité, tout en continuant à vivre dans le dénuement.

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C’est alors que votre travail a attiré l’attention d’un public plus large. Vous avez découvert le milieu de l’art – aussi bien ses avantages que les inégalités inhérentes qui le caractérisent.

J’avais déjà donné quelques conférences-performances, mais j’avais aussi eu de mauvaises expériences, parfois humi- liantes. J’ai aussi été contactée, pour des raisons d’ordre sexuel, par des commis- saires reconnus. Quand j’ai assisté pour la première fois à un dîner de vernissage dans une institution londonienne, j’étais très impressionnée. J’avais pour voisin de table l’artiste Mark Leckey, que je ne connaissais pas. Nous avons bavardé, je lui ai demandé qui il était, et il m’a répondu : “Tu ne sais pas qui je suis?Va donc faire un tour sur Google.” Ce n’était vraiment pas élégant, mais jusque-là ce n’était pas très grave. A partir de là, il a essayé de me pousser dans mes derniers retranchements. Il semblait énervé que je boive si peu, que je ne sois pas plus punk. “Pourquoi tu ne bois pas ? Pourquoi tu n’es pas avec des jeunes ? Pourquoi tu es là ce soir ? ” Je lui ai répondu, sans perdre mon calme : “Je préfère être assise à côté de potentiels collectionneurs plutôt que de devoir sucer des bites pour de l’argent.” Il s’est levé et n’est jamais revenu. Je dois préciser qu’à cette époque j’étais aussi une travailleuse du sexe.


Cette expérience de la hiérarchie et du pouvoir a inspiré votre plus célèbre performance, Excellences & Perfections, réalisée sur les réseaux sociaux.

Ce sont mes premières expériences dans le milieu du luxe et des grands hôtels qui m’ont incitée à réfléchir à Excellences & Perfections. Au rebours de la sémiologie de la pauvreté que j’ai pratiquée dans le passé avec Buyer, Walker, Rover, je me suis mise à observer comment les travailleurs du sexe font d’Instagram une plateforme pour attirer les clients. J’ai déchiré tous ces codes, qui relèvent grosso modo de la sémiologie du pouvoir. Les escort-girls utilisent les tenues de luxe et les grands hôtels pour se mettre en valeur, et tout cela est profondément relié aux structures sociales. Ce qui m’intéressait, c’était de recréer ces images dans un contexte différent. Puis j’ai eu un grave accident de bus et j’ai passé des mois à l’hôpital. J’ai vu la mort de près. C’était très dur, mais pendant ma convalescence j’ai découvert le livre d’Elaine Scarry intitulé e Body in Pain. C’est vers cette époque que j’ai pris mes distances avec le monde de l’art et ses critiques.

 

Après l’accident, vous avez réalisé pendant six mois la performance Excellences & Perfections, en incarnant trois stéréotypes de la femme sur les réseaux sociaux – sans révéler la nature fictive de vos personnages. La réaction de vos abonnés est devenue un élément central de cette œuvre.

Il s’agissait en effet de jouer avec l’ambiguïté de la représentation, de voir ce qu’elle inspire en fonction du contexte. J’avais rédigé un scénario assez précis, mais il est resté secret pendant toute la performance, sauf pour quelques personnes du milieu de l’art à qui je l’avais envoyé avant de commencer. Je me suis d’abord transformée en une créature blonde, une naïve en quête de gloire (chapitre 1) ; puis en une fille plus agressive, sexuelle, qui se droguait et sombrait dans la dépression (chapitre 2) ; et enfin, en une adepte de la forme physique, remise de ses excès et décidée à vivre sainement (chapitre 3). Cette performance était une manière d’ob- server les autres : j’ai voulu creuser leur côté obscur, révéler toute leur misogynie. Quand je me suis lancée dans le chapitre 3 les gens ont commencé à trouver cela ennuyeux, ce qui est parfaitement logique quand on regarde les comptes Twitter les plus célèbres. Ils auraient préféré me voir au bout du rouleau, me voir retomber dans une vie de drogues et dépression. Avec Excellences & Perfections, j’ai voulu gratter le vernis qui cache cette perversion.

“L’illusion de persécution présente un avantage paradoxal : on se sent unique, spécial. Le trombone m’a permis de relier l’idée de paranoïa à un besoin désespéré de différenciation sociale. ” AU

La performance a été acquise et archivée par Rhizome, la section numérique du New Museum, et exposée en janvier dernier à la Tate Modern dans le cadre de l’exposition “Performing for the Camera”. Quatre mois après Excellences & Perfections, vous avez entamé un nouvel arc narratif, Privilege, qui s’intéresse aux différentes stratégies de distinction sociale.

J’ai attendu quelques mois entre les deux performances car les mettre dos à dos m’a semblé être une mauvaise idée. Petit à petit, j’ai commencé à poster en ligne des images de moi liées à la nouvelle performance, des images très innocentes en apparence – des photos de moi en train de travailler ou de voyager, par exemple. J’utilisais alors Facebook et Instagram de façon classique, voire rigide. Au début, j’avais mis en place – via l’une de ces caricatures de moi-même – un moodboard où je partageais des images de magazines ou d’objets qui m’avaient plu. Puis, très progressivement, j’ai élaboré un récit autour de cette idée, j’ai exacerbé cette nouvelle représentation de moi-même jusqu’au ridicule. Ma performance était soigneusement planifée depuis le début. Je devais tomber enceinte, puis donner une image de moi très classique, très cinématographique. Mais il me fallait un acolyte, un faire-valoir si vous voulez. J’ai d’abord pensé à un rat, car le scénario élaboré pour ma performance se déroulait dans un environne- ment urbain, le centre-ville de Los Angeles ou Wall Street la nuit. Mais c’était choisir la facilité : on peut interagir avec un rat, pas avec un pigeon. J’ai donc choisi un pigeon comme une sorte d’alter ego Les pigeons de compagnie, ça n’existe pas. J’aime travailler avec des choses ou des êtres pour lesquels je n’éprouve aucune empathie, ou même qui me dégoûtent. C’est pourquoi j’ai travaillé à un moment sur l’esthétique eurotrash. Choisir un pigeon comme instrument narratif, ça relève presque du défi. C’est un être vide de sens. Quand Bob (le pigeon) est appa- ru pour la première fois dans ma performance numérique, j’ai fait croire qu’il venait de passer par la fenêtre de mon bureau.

 

Pouvez-vous évoquer en quelques mots le récit de cette performance numérique, Privilege ? C’est une fable capitaliste sur un pigeon qui veut devenir une colombe.

Le récit est un peu plus abstrait que ça. Il ne s’agit pas vraiment de savoir si Bob souhaite devenir plus attirant ou avoir plus de succès. Bob est un pigeon, c’est tout. En fait, il s’est retrouvé piégé dans le contexte de ma performance. Ce qui a changé au cours du récit, ce sont plutôt les qualités que les gens projetaient sur Bob. Après quelques semaines, mes abonnés ont commencé à le trouver mignon, aussi adorable qu’une colombe. Ça s’est passé de la même manière que l’explosion d’une it-girl dans le paysage médiatique. Au début, mes abonnés se désintéressaient de Bob, et certains voulaient que je m’en débarrasse. On m’a expliqué comment construire un piège, ou même comment le tuer. Puis, peu à peu, grâce à ses apparitions récurrentes sur mes réseaux sociaux, il a gagné en charisme aux yeux de mes abonnés. C’est vraiment intéressant : les gens se sont mis à le traiter comme un personnage, et non plus comme un simple pigeon. Des abonnés se sont mis à m’envoyer des photos de pigeons croisés dans la rue, et à chaque fois ils croyaient reconnaître Bob. Comme dans Excellences & Perfections, j’ai constaté qu’il était très facile d’in uencer l’opinion du public sur un sujet donné. Comment peut-on transformer un capital culturel dans la perspective d’obtenir des privilèges sociaux ? Telle est la toile de fond de la performance et de Reputation, qui est l’adaptation de cette dernière en une exposition.

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Votre performance est structurée comme un roman d’initiation dans lequel le concept social de passing articule l’ensemble du récit.

La notion de passing m’a toujours passionnée, d’autant que je suis une artiste issue des classes moyennes. On est toujours pris entre deux extrêmes : la nuit, on sort avec de riches collectionneurs ; le jour, on essaie de gagner sa vie. De manière générale, je m’intéresse depuis longtemps aux prostituées car certaines me semblent se situer en dehors des classes sociales. Elles peuvent se fondre dans divers milieux, maîtriser plusieurs types de codes sociaux. Contrairement à ce qui se passe en Europe, où la hiérarchie sociale est dominée par le modèle familial (un héritage de son passé aristocratique, je suppose), aux Etats-Unis on peut devenir qui on veut, ou presque. On peut devenir blanc sans être réellement blanc. Selon le romancier James Baldwin, par exemple, les Juifs d’Europe ont été persécutés parce qu’ils n’étaient pas assez “blancs”. Quand ils ont émigré aux Etats-Unis, ils ont adopté les codes “blancs”. J’aime cette idée que l’état de “blanc” tient à des signes culturels plutôt qu’à d’autres déterminants : être wasp (white anglo-saxon protestant) c’est aller voir des lms de Woody Allen et rire devant les dessins humoristiques du New Yorker.

 

On trouve dans votre performance, tout comme dans l’exposition “Reputation”, des contrefaçons (fausses chaussures Miu Miu), des matériaux synthétiques (du plastique) et des objets factices (ballons gon ables en céramique). L’idée de performance sociale et celle de facticité semblent se recouper de manière obsessionnelle.

Absolument. Je suis fascinée par le fait que l’on puisse acheter de fausses chaussures de marque à cause d’une forme de pression sociale, afin de répondre aux exigences de la société. En fait, c’est tout ce secteur que je trouve fascinant : des chaussures sont présentées lors d’un défilé de mode, et dès le lendemain on voit se mettre en place la production, la vente et l’achat de contrefaçons de ce modèle.

Vous semblez fascinée par une forme de culture wasp très new-yorkaise. Dans l’exposition “Reputation”, vous avez réalisé une fresque qui pastiche les dessins humoristiques du New Yorker sur les aléas d’un employé de bureau. Par ailleurs, nous savons que vous aimez beaucoup Seinfeld.

Comme je l’ai dit, la performance était une caricature de moi-même. Je me regarde en train de vouloir devenir quelqu’un d’autre. Je suppose qu’il faut comprendre d’où je viens. L’équivalent américain de mon adolescence serait la série Trailer Park. Dès mon plus jeune âge, et notamment parce que j’étais une bonne élève, j’ai essayé de me distinguer de mes camarades de classe. Tous ces films m’ont aidée à me projeter dans l’industrie culturelle. Toutes ces représentations, bien entendu, ont été détruites par la suite lors de mes deux années d’études à la Central Saint Martins à Londres. Mais j’ai voulu utiliser ces références dans mes performances, car elles font partie de mon expérience personnelle.

“Au début, mes abonnés se désintéressaient de Bob, et certains voulaient que je m’en débarrasse. On m’a expliqué comment construire un piège, ou même comment le tuer. ” AU

Vous vous intéressez beaucoup à la sémiologie sociale et à la manière dont une classe se définit par une constellation d’habitus. Vous évoquez Woody Allen, mais vous appréciez aussi Whit Stillman, qui se passionne pour l’ennui et les petits drames qui peuplent la vie de la jeunesse dorée new-yorkaise.

Ce phénomène m’inspire des sentiments contradictoires. Au fond cela me transporte, mais je dois admettre qu’il s’agit d’un plaisir coupable. Je suis obligée de me demander pourquoi cela me plaît tant alors que les personnages et leurs comportements sont assez répugnants. Ce réalisateur m’oblige à m’interroger sur moi-même. Dans Metropolitan, on suit un adolescent de la classe ouvrière qui se lie d’amitié avec un cercle de jeunes gens très riches – pour assister à leurs fêtes, il est obligé de louer des vêtements. Autre élément emprunté à ce film dans mon exposition : l’idée même de réputation. Comme le héros n’appartient pas à cette aristocratie économique et qu’il est issu de la classe ouvrière, son acceptation reste toujours précaire. Au premier écart, il sait qu’il sera expulsé. Du coup, sa réputation devient son bien le plus précieux. Les autres, aussi minables soient-ils, feront toujours partie du cercle. Lui, à l’inverse, a l’obligation d’avoir un comportement irréprochable. D’où le titre de l’exposition, “Reputation”. Le jazz qu’on entend dans la première salle renvoie également à Whit Stillman. Ce n’est pas du jazz à proprement parler, c’est plutôt cette musique jazzy qu’on jouait dans les salons des grands hôtels dans les années 1980. Une certaine élégance standardisée, une douce atmosphère wasp. Je pense à cette séquence du film Barcelona où le personnage principal danse en tenant la revue The Economist à la main. Au tout début de ma performance, la musique renvoyait surtout à l’ambiance solaire et jazzy du music-hall. J’ai beaucoup pensé à Mary Poppins en créant cette performance. D’où l’apparition d’une version robotisée de Bob le pigeon dans l’exposition qui est un clin d’œil au moineau dans le film.

 

Votre performance a-t-elle été in uencée par Los Angeles et votre proximité avec l’industrie hollywoodienne ?

Bien sûr, l’idée de réputation est essentielle dans cette ville. Je trouve toujours stupéfiant, par exemple, qu’on demande à des acteurs d’être vus ensemble dans tel ou tel restaurant pour assurer la promotion d’un film. Rien n’a changé depuis les années 1940. Cette idée a beaucoup inspiré ma performance, surtout au début, quand je visais une esthétique très inspirée par les music-halls. J’ai vu de très nombreux films muets. J’aime particulièrement Louise Brooks, dont j’ai lu les mémoires – Loulou à Hollywood. Elle écrit très bien et c’est une femme très réfléchie. Elle décrit à merveille ce monde d’apparences et de publicité. Tout ce qu’elle dit des années 1920 est encore valable aujourd’hui. Elle a eu une grande influence sur ma performance, tout comme Hollywood Babylon de Kenneth Anger.

 

Votre performance et votre exposition s’articulent autour de la paranoïa qui se traduit dans le motif du trombone. Ce petit objet anodin est devenu le MacGuffin de votre récit, pour parler avec Hitchcock.

Bien que scénarisées, mes performances restent influencées par le contexte et le climat social dans lesquels elles évoluent. Depuis le début de l’année, tout ce qu’on peut voir, lire ou entendre semble dominé par les élections présidentielles américaines. L’hystérie domine des deux côtés du spectre politique, et elle révèle ce qu’il y a de pire de part et d’autre. Un phénomène m’intrigue en particulier : l’atmosphère conspirationniste qui entoure Donald Trump, mais aussi la droite réactionnaire, et qui a fini par se muer en paranoïa collective. Je me suis penchée sur la culture de la paranoïa, notamment aux Etats-Unis, avec toutes ces personnes qui se croient surveillées par la CIA. L’illusion de persécution présente un avantage paradoxal : on se sent unique, spécial. Le trombone m’a permis de relier l’idée de paranoïa à un besoin désespéré de différenciation sociale. C’est l’objet typique d’un environnement de travail : totalement inoffensif et pourtant omniprésent.

 

Le scénario de votre performance figure dans l’exposition.

Il s’agit du scénario inachevé de l’essai vidéo associé à la performance Privilege. Chaque fois que je termine une performance, comme vous le savez, je crée un essai vidéo comme celui qui achève Excellences & Perfections. L’essai accompagnant Privilege sera du même ordre. Il cristallisera toutes les émotions sur- gies au cours de la performance. Il sera moins linéaire, moins conventionnel que les autres, et bien plus abstrait. J’y raconte notamment mon expérience des hormones femelles, et leur effet sur ma production artistique. C’est une expérience très comparable à celle Paul B. Preciado, sauf qu’au lieu d’hormones mâles j’ai ingéré des hormones femelles. C’était passionnant pour moi, car cette pratique n’est pas sans rapport avec la grossesse chimique, la pilule du lendemain et d’autres types de manipulations que l’on opère sur le fonctionnement hormonal des femmes.

Amalia Ulman est représentée par les gale- ries Arcadia Missa (Londres), et James Fuente (New York).

À VOIR
 “Amalia Ulman, Reputation”,
jusqu’au 17 décembre 2017,
New Galerie, 2 rue Borda, Paris 3.

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