Voyage

Quand l'hôtellerie conjugue exclusivité et amour des animaux

Des animaux sauvages à notre porte, des nouveau‑nés à accompagner, des espèces en danger à soigner… : la nouvelle hôtellerie conjugue avec talent exclusivité et amour des animaux. Voici nos quatre adresses préférées.
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Ce n’est un secret pour personne, la population animale mondiale est sérieusement menacée. Espèces en voie d’extinction, destruction de l’habitat naturel et surexploitation, les cinquante dernières années ont vu le nombre d’animaux sauvages décroître de 60 %. Que faire ? La réponse n’est pas simple, mais les initiatives à petite échelle se multiplient dans nos sociétés mondialisées. Et l’hôtellerie ? Elle aussi s’y met, doucement, réconciliant tourisme premium et vie sauvage, luxe recherché et sensi- bilisation aux espèces menacées, traquées ou surexploitées, s’associant désormais avec des organisations, des sanctuaires et des parcs naturels. Une nouvelle direction encore plus respectueuse de l’environnement, encore plus immersive. Mais aussi l’occasion pour les amoureux des animaux de s’approcher au plus près de leurs espèces préférées, dans une démarche d’aide et de respect.

Aider les éléphants au Four Seasons golden triangle

Perchées sur pilotis, à la lisière d’une épaisse forêt de bambous le long d’un affluent du Mékong par lequel on arrive, les quinze tentes du Four Seasons Golden Triangle, à Chiang Rai en Thaïlande, donnent une nouvelle dimension à la tendance un rien galvaudée du glamping. Il y a la nature, d’abord, celle brumeuse et infiniment fertile du nord du pays, à l’exacte frontière avec le Laos et le Myanmar, où l’œil se perd inévitablement, malgré la sophistication post-coloniale de ces campements cinq étoiles, dont le plus grand avoisine les 230 mètres carrés. Il y a les dîners à la belle étoile, les séances de méditation face à l’immensité, les excursions en Jeep dans les villages voisins et les soins du spa à ciel ouvert, comme perdu en pleine jungle.

Mais surtout, il y a les éléphants. Vingt en tout, sauvés de l’exploitation commerciale et touristique par la Golden Triangle Asian Elephant Foundation, avec laquelle s’est associé le Four Seasons pour offrir aux pachydermes ce sublime sanctuaire. Pas de balades à dos d’éléphant, donc, mais des promenades à leurs côtés pour assister au lever du soleil, et la possibilité de les nourrir, de les soigner et de se baigner avec eux, le tout aidé par des experts et bénévoles. Pour aller plus loin, l’hôtel et la fondation ont mis au point un système de parrainage mensuel, qui permet de soutenir les soins vétérinaires et de suivre la réhabilitation des animaux.

Protéger les bébés tortues au Cuixmala

Fondé à la fin des années 1980, le domaine de l’extravagant milliardaire britannique Sir James Goldsmith est, depuis 2004 et sous l’impulsion de sa fille Alix Marcaccini, l’hôtel le plus confidentiel du Mexique. Folie d’inspiration néo-mauresque avec ses onze chambres, ses trois villas et sa piscine à débordement donnant sur une plage évidemment privée, ce repaire de VIP (dont, au hasard, Emily Ratajkowski, la famille Delevingne, Madonna, Mick Jagger ou Heidi Klum) accueille encore des fêtes dont l’impétueux fondateur serait fier. Une utopie comme on en fait plus, posée dans un parc de dix hectares sur la sauvage Costalegre, disposant d’une piste d’atterrissage, d’une ferme lui permettant une parfaite autosuffisance, de cours de tennis et terrains de golf, d’écuries et, surtout, de sa propre réserve naturelle classée Unesco Biosphere, comptant zèbres, antilopes, crocodiles, pumas ou encore jaguars, évoluant pour certains en liberté autour de l’hôtel, parmi quelque douze mille espèces de plantes et d’oiseaux.

L’endroit compte également ses propres programmes de conservation et de recherche, pour les félins, les crocodiles, les oiseaux, mais surtout les très menacées tortues de mer. Sept cent mille de leurs petits ont été protégés et libérés depuis le début du programme, il y a trente ans, augmentant considérablement le nombre de nids sur la côte mexicaine. Et lorsque la saison le permet, les guests sont appelés à contribuer en aidant à collecter les œufs et libérer les nouveau-nés.

Côtoyer les chimpanzéa au One & Only Nyungwe House

 

Tout juste ouvert dans l’un des états africains les plus respectueux de l’environnement, le Rwanda, le nouveau joyau du groupe One&Only se pose au milieu de plantations de thé, en bordure du Nyungwe, iconique parc national rwandais couvrant 1 020 kilomètres carrés de forêt tropicale et abritant, à lui seul, 20 % de la population de primates d’Afrique, dont la plupart des espèces sont en voie de disparition. On vit ici au rythme de cette nature intacte, dont les senteurs fraîches et entêtantes d’eucalyptus embaument jusque dans les chambres somptueuses, jouissant d’une vue sur les montagnes vaporeuses et leur lumière dorée. Petit déjeuner au lever du soleil, yoga dans des cabanes perchées dans les arbres, cuisine bio et soins holistiques inspirés par les rituels africains…, le Nyungwe House coche toutes les cases de l’éco-resort contemporain avec, en plus, une démarche philanthropique visant à soutenir les communautés locales grâce à des journées d’aide et des terres allouées aux familles de cultivateurs. Une nouvelle approche du tourisme, qui passe aussi par un trekking responsable. Autorisées seulement par groupes de huit, les randonnées, assez sportives, ont lieu à l’aube dans le parc national tout proche. Elles permettent d’observer les chimpanzés et singes colobes dans le respect de leur habitat naturel, alors qu’un expert nous éclaire sur les conditions de préservation de ces espèces menacées.

Dormir avec les loupes

Parc animalier le plus au nord de la planète, en Norvège, le Polar Park Arctic Wildlife Centre compte un seul et unique logement. Bienvenue au Wolf Lodge, gite réinventé installé, littéralement, au milieu des loups. Ultra-exclusif, disponible uniquement sur demande et accessible pour huit hôtes à raison de quinze séjours par an, l’endroit fournit l’une des expériences les plus inédites au monde. Déco hygge soignée avec peaux de bêtes, grand salon et table d’hôtes où officie le chef privé, le Wolf Lodge emprunte plus au confort premium du chalet genevois qu’à la rusticité du gîte de montagne. Mais ici, malgré l’intimité des lieux, on a comme l’impression d’être observé. Pas de gestes brusques, pas d’enfants en dessous de 15 ans, nous prévient-on. Car tout autour du Wolf Lodge, séparée des hôtes par les seules baies vitrées, rôde une tribu de loups norvégiens qui, malgré leur domestication – tous sont nés en captivité –, ont conservé leur instinct primaire, sauvage et curieux.

On sort accompagné d’un guide privé – le cofondateur et gardien du parc, créé à l’origine pour protéger cette espèce crainte souvent chassée par la population locale –, à notre entière disposition pendant tout le séjour, pour approcher de très, très près, les sept loups parfaitement acclimatés au contact humain et tenter le wolf kiss sous le soleil de minuit. Autre privilège, un accès privé à l’intégralité du parc animalier, avec ses lynx, ses ours et ses renards arctiques.

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