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Quand Sue Tilley collabore avec Fendi

by Karen Rouach
10.04.2018
Extraordinaire télescopage entre la célèbre maison italienne réputée pour son élégance sophistiquée et la subversive illustratrice londonienne, promue plume dans le vent. À l’arrivée, une décharge électrique et décalée qui va séduire la jeune génération.

Au défilé Fendi homme printemps-été 2018, on ne voyait que ça. D’abord une peau de banane jaune fluo plaquée sur un sac ultraclassique, suivie de près par un tire-bouchon rouge “téléporté” sur un blouson en cuir, avant que lampe de bureau, combiné téléphonique, tasse à café, trousseau de clés ne viennent fermer la marche. Des dizaines d’objets de la vie quotidienne peints avec une spontanéité presque puérile et appliqués comme par vandalisme sur le très précieux cuir emblématique de la maison, le Selleria Cuoio Romano. Le tout d’esprit vintage, avec un design désuet aux tonalités
de confiseries d’un autre âge pour une sensation de nouveaux logos 3.0 décalés, parfois associés au monogramme Fendi. On savait cette marque inventive et facétieuse, c’est d’ailleurs ce qui a fait son succès ces dernières saisons, mais l’électrochoc est cette fois-ci un cran plus radical qu’à l’habitude. Surtout lorsqu’on découvre à qui Fendi a fait appel pour ce détournement : Sue Tilley. Pas sûr que son nom vous parle. Pourtant, cette Anglaise sexagénaire, longtemps modèle alangui et muse de Lucian Freud sous le nom de “Big Sue”, est une figure de la contre-culture londonienne. Certains d’entre vous ont forcément déjà croisé son physique oversize à la National Gallery ou dans d’autres musées du monde. Aujourd’hui, le modèle XXL se réveille et sort les pinceaux pour se réinventer en illustratrice. Un coup du destin rocambolesque, pop et décalé, qui matche à merveille avec l’ADN de son nouvel employeur.

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