Pop Culture

Charlotte Gainsbourg : "Quand je doute, je fais appel à ma mère."

by Russia
06.10.2017
Charlotte Gainsbourg n'est pas une muse. Car si elle se prête volontiers à des campagnes et des collaborations, la fille de Serge Gainsbourg et Jane Birkin mène de front sa double carrière, un pied dans le cinéma, l'autre dans la musique. A l'occasion de son tout nouvel album "Rest" et de son prochain film "Le Bonhomme de Neige", en salle fin novembre, L'Officiel a rencontré celle qui inspire, peut être malgré elle, créateurs et femmes du monde entier.

Malgré votre carrière d'actrice et de musicienne, la mode ne semble pas se lasser de vous. Le cinéma a-t-il influencé votre style ? 

Pendant le tournage de « L'Effrontée », puis de « La Petite Voleuse »  de Claude Miller, j'ai découvert ce que c'était que d'être habillée pour un film. J'étais  entièrement en fripe, d'ailleurs, et j'ai adoré ça. Le vintage ne m'a jamais quittée depuis. J'ai du mal à supporter les vêtements neufs, je les trouve sans patine, sans passé. Je préfère chiner aux Puces de Clignancourt. 

 

 

Ce style vous est donc venu très jeune ?

Oui, mais je suis restée longtemps incertaine, maladroite. Aujourd'hui, les jeunes filles ont beaucoup plus d'assurance. Moi j'étais très titmide. En revanche, j'ai gardé le même corps, enfantin, un peu sans formes. La mode n'a jamais cessé être le moyen de souligner mes atouts en cachant d'autres parties. Je ne me considère pas comme un modèle de style, même si poser pour des photographes géniaux comme Mario Testino reste une des mes expériences préférées. Il faut juste ne pas se prendre au sérieux. 

A quoi ressemble votre tenue de tous les jours ? 

J'ai tendance à ne jamais changer ! J'ai ma propre silhouette, et je m'y tiens. Je me sers parfois des vêtements comme de boucliers, comme avec un imperméable Burberry. Je porte des jeans droits avec des boots que je garde trois ou quatre ans, jusqu'à ce que je m'en lasse. 

On vous voit plus souvent qu'avant en jupes et chemisier, pourtant.. 

Porter des robes me fait me sentir féminine, moins adolescente. Je dois en avoir une vingtaine totalement neuves dans mon dressing, je ne les mets jamais ! Parfois j'en essaye une, je me dis que je devrais faire un effort.. Et puis je la repose (rires).  Je dois me rendre à l'évidence :  beaucoup de robes sont faites pour être portées par de vraies femmes. Quand je les mets, j'ai l'impression que quelque chose manque. Du coup je termine toujours en jeans. Quand je suis en robe, j'ai l'impression que tout le monde me regarde, surtout à Paris. Je préfère ne pas attirer l'attention. 

 

Lorsque vous tournez, ces considérations s'envolent ?

Pas du tout ! Mais au moins, c'est le styliste qui décide pour mois. Mais il m'arrive aussi de tourner dans mes propres vêtements. C'était par exemple le cas dans "La science des Rêves" de Michel Gondry.  C'était ma propre garde-robe, et finalement, ça m'a donné confiance. 

Vous dites que les robes sont faites pour les vraies femmes. La féminité est donc une question de formes ?

Pour moi, ce sont vraiment les plus sexy, oui. Mais ça ne fait pas tout, heureusement. Il y a aussi une question d'allure, de grâce. Regardez Kate Moss, par exemple.

Qui, selon vous, incarne l'élégance féminine?

Audrey Hepburn, pour moi,  incarne le style absolu, mais sans sex-appeal. Alors que Marilyn Monroe incarne la féminité hyper sexualisée, sans beaucoup d'élégance. Le juste milieu serait sans doute Gena Rowland, elle est à la fois la grâce et la féminité, avec une touche de fragilité.

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Avez - vous un idéal féminin ?

Ma mère. Elle n'a peut être pas de seins, mais elle a des fesses extraordinaires, que je n'ai pas ! Voilà, vous savez tout maintenant. 

Et l'élégance masculine, que représente-t-elle pour vous ? 

Honnêtement, j'y suis tout à fait indifférente ! Je suis plus sensible à la beauté, des hommes, surtout quand elle cache une part de violence. L'adolescent blond et virginal ne m'intéresse pas. J'aime qui'l y ait chez eux une forme de négligence maitrisée, comme en toute chose, d'ailleurs. C'est sans doute aussi l'influence de mon père. 

 

 

Quel rôle vôtre mère a-t-elle joué dans votre recherche du style ?

Elle ne m'a jamais forcée, mais m'a donné beaucoup de conseil. Quand je doute, je fais appel à elle. Je la vois toujours comme une beauté naturelle. J'entends souvent des réflexion sur elle, quand elle était très maquillée pour des shootings, dans les années 60. Aujourd'hui mes parents sont divinisés, surtout mon père. Mais dans les années 80, j'avais parfois honte d'aller à l'école à cause de leur réputation.

Vous sentez-vous libre?

Oui, mais cela ne signifie pas que je n'ai aucun complexe ! Je suis libre, mais je suis restée timide et modeste, c'est ma manière de fonctionner et je préfère ça.

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