Pop Culture

Les mèmes sont-ils une nouvelle forme d'art ?

by Felix Besson
03.07.2017
Phénomène interplanétaire qui a envahi la toile plus facilement que le vernis rose les orteils de Paris Hilton, le mème est devenu LE nouveau moyen de communication adulé par les cool kids de la génération digitale. Passade branchée ou cas d'école à l'avenir assuré ? On penche plutôt pour la deuxième option.

Vous avez sûrement déjà vu certaines de vos connaissances, voire amis proches, se taguer mutuellement sur des photos agrémentées d'une bordure blanche et d'un texte et qui polluent, sans le vouloir bien sûr, votre fil d'actualité. Et bien préparez-vous, car le mouvement compte grossir les rangs de ses adeptes. Nourissant l'actualité d'absolument tous les domaines d'activité, de la politique à la musique en passant par la mode ou encore la télé-réalité, le mème connaît la même croissance exponentielle que la vidéo format réseaux sociaux il y a deux ans de cela, lors de son apogée. Certains comptes Facebook et Instagram se sont même spécialisés dans le repost et la création de ces vignettes 100% auto-dérision, détournant les scènes mythiques de Keeping Up With The Kardashians ou du tapis rouge des MTV Music Awards avec des situations de la vie quotidienne. @That'sSoFetch, page brésilienne des premières heures, compte à elle seule plus de 500k de followers, et voit naître des alter ego plus trashouilles ou au contraire, bon enfant (@BotoxErotica, @Superficial qui enchaînent les références bitchy made in 2000 à faire hurler de rire le plus réticent des intellectuels), qui comptabilisent chacun presque autant de fidèles. 

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Outil de campagne

Durant la dernière présidentielle américaine, le mème a joué un rôle politique de premier plan, hissé comme outil de campagne ou de contestation idéologique pour les deux candidats. Ainsi, il n'était pas rare de voir Donald Trump affublé d'une tête de Kermitt la Grenouille, ou le visage en larmes de Michael Jordan mis en scène contre l'élection du candidat à la couleur de cheveux plus que douteuse. Mais c'est lors de la primaire démocrate que le mème prit un chemin un brin discriminatoire, opposant Hilary Clinton et Bernie Sanders, et montrant que là où Clinton cherchait à avoir l'air cool dans ses réponses "superficielles", Bernie Sanders abordait ses thèmes avec passion et authenticité. Vecteur d'identité et d'opinion donc, qui tend à être adopté même par les personnes qu'elle vise.

Mais dans un domaine moins sérieux, c'est la maison Gucci qui créea la surprise générale en dévoilant sa campagne baptisée #TFWGUCCI, composée intégralement de mèmes mettant en scène la nouvelle ligne d'horlogerie maison. Une série à prendre au millième degré, et qui prouve que les grandes maisons de luxe aussi importantes soient-elles n'ont pas peur de se mouiller en tournant leur image dans un axe plus humoristique, dédramatisant ainsi les sublimes campagnes qu'on a pu admirer sur les panneaux de publicité des plus grandes métropoles mondiales. Carton plein niveau audience, le concept ne fait qu'engrainer le phénomène mème, le crédibilisant et adoubant l'arrivée d'un nouveau moyen d'expression qui, par sa réalité crue, parle à tout le monde. Car oui, le mème est la matérialisation même des situations gênantes du quotidien, que nous connaissons tous. Ce qui fait qu'il est si facile de s'y identifier, et de plonger la tête baissée dans le mème-contest. En tout cas, vous avez notre bénédiction. 

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