Pop Culture

Pourquoi les films cultes auront toujours une suite

by Felix Besson
06.06.2017
2017 remporte sans conteste la palme de l'année des retours cinématographiques de haut-vol. Top Gun, Blade Runner, Love Actually, les gros cartons du box office reviennent sur les écrans pour une suite (très) attendue. Simple coup marketing ou passion du métier ? Le doute est permis.

L'hystérie était totale sur le plateau de Sunrise, une émission australienne, le 22 mai 2017. C'est lors de son seul et unique TV chat en Australie que Tom Cruise, 54 ans, confirme l'arrivée imminente d'un deuxième opus de Top Gun, le film cultissime qui l'a rendu célèbre mondialement sorti il y a plus de 30 ans. En l'espace d'une journée, l'info devient virale et le monde entier applaudit le retour de Pete "Maverick" Mitchell. Et personne n'a besoin d'être un producteur de génie pour flairer le coup de maître, autant au niveau commercial que publicitaire. Car l'équation du succès est tellement parfaite qu'on ne peut pas louper le tir. Tom Cruise + Top Gun + fans en folie = carton au box office. Mais, 30 ans après, peut-on imaginer une suite à l'un des films les plus mythiques de l'histoire sans faire souffrir le brief initial ? Lorsqu'on entend que des histoires de drones et de cyborg sont à l'ordre du jour, on ne peut que s'inquiéter de la version 2.0 de Top Gun. 

L'amour, un thème intemporel qui amasse les foules

Même histoire pour Love Actually, qui revient pour une suite très attendue par les fans, célibataires et autres désillusionnés de l'amour, addicts aux réseaux de rencontres et autres mascarades made in Apple Store. Mais pour ces navets joliment ficelés, une suite restera toujours une option favorable car le public est et sera toujours en demande de romance niaise, à l'eau de rose, qui leur rappelle leurs propres échecs sentimentaux. La clé du succès ? Le casting bien sûr. Hugh Grant et son déhanché pour les ménagères de plus de 40 ans, Keira Knightley pour rendre la mixture plus digeste, Colin Firth pour la caution chic et Martine McCutcheon dans le rôle de la femme de Hugh, parce qu'il faut forcément avoir un personnage que l'on aime bien détester. Des acteurs au jeu sans vague, dans lesquels on se retrouve aisément, et qui nous font du bien depuis le fond de notre canapé le dimanche soir, la main à proximité d'une pizza triple pepperoni-cheddar. Un carton assuré, donc. 

Mais au delà des romans de gare adaptés au grand écran, la science-fiction a également la cote. Surtout lorsqu'on apprend que Blade Runner est reconduit pour une version made in 2017, et que la tête d'affiche s'annonce chargée (Harrison Ford, Robin Wright et Ryan Gosling, rien que ça). Le phénomène prend aussi côté séries avec la 3e saison de Twin Peaks dévoilée en avant-première au Festival de Cannes cette année, et qui annonce encore de beaux jours au duo Kyle McLachlan-David Lynch. Il semblerait donc qu'au delà d'une vision purement monétaire et vénale de la chose, orchestrer l'arrivée d'un deuxième opus de film culte relèverait aussi d'une envie de perpétuer un sens de l'esthétique, un couple d'acteurs ou tout simplement une philosophie de vie qui prendrait plus son sens aujourd'hui qu'à l'époque. Et lorsqu'on décortique les entrées des versions bis, qu'on les compare aux cartons planétaires de leur original, on prefère pencher pour la deuxième option et penser que les producteurs sont des personnes sensibles dotées d'un coeur et d'une conscience professionnelle. Amen. 

 

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