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On a trouvé l'exposition insolite à aller voir ce week-end

Jusqu'au 4 décembre 2019, Le Mobilier National invite l’artiste Mathias Kiss dans le cadre de son programme Carte Blanche. Un événement unique, à ne louper sous aucun prétexte si vous êtes de passage à Paris.
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Avec son œuvre IN SITU #3, Mathias Kiss crée une superficie miroitante étonnante dans le cadre de la Carte Blanche du Mobilier National. Visant à créer un échange entre la production d’aujourd’hui et le patrimoine historique, l'artiste s'intéresse ici à l'importance que revêt la couleur dorée, à son évolution, et propose un emploi déconcertant de l'or d'un point de vue contemporain.

Les premières salles du site dévoilent de fastes ornementations du Moyen-Âge, de la Renaissance et de la Monarchie française, à l'intar de marqueteries de pierres dures, de tapisseries incrustées de fils d'or, ou de somptueux biens patrimoniaux. Mais le clou du spectacle n'est autre que la réinterprétation de l'or royal selon Mathias Kiss, une oeuvre qui prend sens au sein de la Chapelle des Gobelins. L'artiste transgresse les deux codes du doré, en imaginant une surface horizontale et proche du spectateur. La production à admirer se trouve ainsi au sol, sous nos pieds. En foulant la superficie, on marche sur une surface entièrement recouverte de feuille d'or, une expérience de la couleur unique en raison de l’horizontalité et du jeu de reflets miroitants.  L’étendue et la proximité s’opposent à l’atemporalité et à la distance autrefois véhiculés par cet ornementation. D'autant que le parallèle entre ce lieu religieux, qu'est la Chapelle, et cette installation, qui désacralise le doré, ne va pas sans surprendre.

Au fil de cette promenade intimiste sur l'oeuvre, l'esprit est amené à se questionner. La relation au sacré est entièrement remise en question. Les pas résonnent dans cette Chapelle silencieuse, et donnent lieu à une introspection hors du commun. Cet or, autrefois érigé au plus haut rang, est à portée de main. Il est même en quelque sorte profané sous nos foulées. Une relation de soi à soi rare, qui ébranle et ne laisse pas indifférent. La déambulation devient un acte créatif, soit par l’instrument de la marche (la chaussure), soit par le chemin parcouru (le sol d’une chapelle). La frontière de l’inaccessible s’est déplacée, elle n’est pas dans une distance symbolique mais dans la manière de percevoir les reflets, elle n’est plus dans une matérialité physique mais dans une expérience sensible. Une installation qui ne laissera personne indemne, qui mène à une réflexion autour de la déconstruction de l’héritage classique, entre une symbolisation du passé et sa déconstruction contemporaine.

 

La Carte Blanche à Mathias Kiss est à voir jusqu'au 4 décembre 2019 au Mobilier National.

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