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Motoyuki Daifu : "Mon travail est un examen continuel de ma vie privée"

Motoyuki Daifu : un nom comme un mot de passe, ouvrant les portes d’un monde aux perspectives neuves, où normalité et étrangeté inversent leur rôle, jetant sur le quotidien une lumière lui offrant une nouvelle dimension.
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Si le travail du photographe japonais évoque un Juergen Teller sentimental et tendre, on ne saurait le réduire à une seule référence. “Mon travail est un examen continuel de ma vie privée, reconnaît l’artiste, présentée avec humour, pour détourner les codes photographiques conventionnels.

De la vie domestique, il fait une mise en scène à la poésie familière, saupoudrée d’inquiétude, aux airs de catastrophe imminente, délicatement dissonante. D’allures vives, ses images portent au premier plan un propos de diariste un peu dépassé par le cours des choses, qui nous le rend si proche qu’il semble un ami de longue date. Entre le chaos – reliefs de repas, emballages criards, objets anonymes négligés – et l’ordre – couleurs géométriques, netteté du cadrage tentant de rétablir l’équilibre –, ces images reflètent moins  une aspiration à un idéal impossible (l’harmonie parfaite du quotidien) que la tranquille acceptation de l’imperfection du monde. Shootées en contreplongée, au flash, les images prennent une dimension  universelle: il n’est pas anodin qu’elles soient présentées de façon anonymes, sans désignation particulière. Parce qu’elles nous regardent aussi, nous appartiennent naturellement. Comme les grands artistes, Motoyuki Daifu nous révèle ce que nous ne savons pas voir, et rejoint ici le geste délicat du parfumeur manipulant des essences rares, figure à l’honneur  dans notre série parfums que le photographe a mise en images.

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