Pop Culture

Michaël Azoulay : "la mode n’existerait pas sans l’image"

Le label marseillais American Vintage se la joue pépinière de talents sous la houlette de son fondateur, Michaël Azoulay. Rencontre avec un agitateur d’idées.
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Cette année marque les deux ans de votre collaboration avec le Festival international de mode, de photographie et d’accessoires de mode à Hyères… Comment définiriez-vous votre rôle ?

Michaël Azoulay : En tant que mécènes, nous soutenons le festival tout en offrant aux photographes émergents la liberté de pouvoir s’exprimer. Avec le Prix de la photographie American Vintage, nous offrons à l’artiste lauréat la possibilité de produire autour d’une série mode qui sera exposée dans l’un de nos points de vente phares. En 2017, Luis Alberto Rodriguez a ouvert le bal, cette année nous avons distingué Sarah Mei Herman. 

Vous semblez très attaché à l’univers de la photographie…

J’aime la mode. Et la mode n’existerait pas sans l’image. Chez American Vintage, nous avons toujours réalisé nous-mêmes nos campagnes, nos look-books… La photographie, pour une marque de mode, est un moyen privilégié de véhiculer son identité. Et le sel de notre époque tient aux complémentarités que l’on peut créer entre les genres, la mode, la photographie, le design, l’art floral…

Pourquoi avoir justement mis en lumière, dans votre boutique de la rue de Charonne à Paris, le travail du jeune fleuriste Guillaume Lanier ?

Le toucher, le parler, l’odorat, nos cinq sens…, voilà ce qui fait la différence. Pas nos téléphones ni nos réseaux sociaux. Mon combat, c’est de faire comprendre que ces outils ne sont que des moyens et pas des fins. Et, pour cela, il faut donner envie aux gens de sortir de leur bulle. Ces tremplins à la jeune création, ces pop-ups que nous mettons en place dans nos boutiques permettent de faire vivre des choses impossibles à expérimenter derrière une tablette. 

Une philosophie que vous mettez en pratique dans votre QG, à quarante kilomètres de Marseille…

J’ai tout de suite voulu créer, avec mon architecte de l’époque, des bureaux comme un lieu de vie, ouverts sur la forêt, le ciel à portée de main… La cuisine collective, la salle de sport, le sauna, le hammam : tout cela apporte du lien entre les équipes. 

Comment percevez-vous l’émulation qui règne à Marseille ?

C’est ma ville. Elle a une capacité telle à faire se mélanger les gens et les genres de manière naturelle que, si on a vraiment une âme du Sud, une âme marseillaise, on grandit bercé par cet état d’esprit. Je pense que l’esprit American Vintage en découle, autant que de l’american way of life, qui m’a toujours beaucoup inspiré.

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