Qui es-tu, Melody’s Echo Chamber ?
Pop Culture

Qui es-tu, Melody’s Echo Chamber ?

La Française Melody’s Echo Chamber revient avec un nouvel album féerique, nimbé de vapeurs psychédéliques et de nuages propices aux rêvasseries les plus folles. Avec cette chanteuse enchanteresse, l’été sera doux.
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“Je danse avec des louves, des elfes, des biches, dans la forêt paisible et enchantée”, susurre Melody Prochet (alias Melody’s Echo Chamber) sur le morceau qui ouvre son nouvel album. On a une envie irrésistible de la rejoindre dans ces sous-bois et de goûter aux plaisirs de la nature, histoire d’oublier le chaos du monde moderne. C’est un peu ce qu’a fait cette Française quand elle est partie s’installer en Suède pendant l’hiver 2016, pour plus d’un an. Ce changement de décor lui a visiblement fait beaucoup de bien, après avoir vécu une longue période de doute et d’angoisse.

En 2012, à la sortie de son premier album éponyme éblouissant, Melody fait des premiers pas très remarqués bien au-delà des frontières de son pays, en mélangeant pop psychédélique et dream-pop. Héritière de Stereolab et de Broadcast, cette orfèvre était alors épaulée par Kevin Parker, tête pensante de Tame Impala (son petit ami, à l’époque). L’œuvre suivante a mis plusieurs années à arriver : un projet abandonné pour repartir de zéro, puis un accident et la reconstruction physique et psychique qui s’ensuivirent expliquent ces six années d’écart entre les deux albums. En écoutant le résultat, intitulé Bon Voyage, on comprend que l’attente en valait largement la peine. Chantées en grande partie en anglais, avec des incursions en français et en suédois, les sept chansons irisées qui le constituent sont autant d’invitations au voyage, à la lévitation et à la béatitude. Sur le ravissant dessin de la pochette, assise parmi les fleurs et vêtue d’un kimono luxuriant, Melody est en train de recoudre elle-même une plaie ouverte sur son cœur, pendant qu’un paon erre dans les parages et qu’un personnage joue de la flûte. Illuminé par des instruments étranges et par des mélodies qui passent à l’envers, ce trip fantastique rappelle parfois les expérimentations du White Album des Beatles, la créativité barrée des Flaming Lips et les splendeurs de Serge Gainsbourg période Initials B.B. ou Melody Nelson, interprétées depuis un tapis volant. Cette conteuse douée n’a pas fini de nous émerveiller.

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