Pop Culture

Faut-il arrêter de manger des Haribo ?

by Hélène Brunet-Rivaillon
30.05.2017
Le spécialiste allemand des bonbons, bientôt centenaire, s’apprête à ouvrir deux gigantesques sites de production en Allemagne et aux États-Unis. Et à sacrifier une centaine de postes dans ses deux manufactures hexagonales.

Les Dragibus, fraises Tagada, Chamallows et autres bonbons gélifiés en forme de crocodiles ou d’ours de la firme Haribo sont devenus des emblèmes de la culture pop, des incontournables des goûters d’anniversaires et des best-sellers dans les distributeurs de sucreries. Avec seize usines dans le monde (en Europe, en Turquie et au Brésil) et un total de 7 000 salariés, le groupe allemand réaliserait un chiffre d’affaires mondial annuel de 2 milliards d’euros. Depuis les débuts d’un jeune confiseur de Bonn, Hans Riegel, en 1920 (qui inventa le nom de sa manufacture en accolant les deux premières lettres de son prénom, de son nom et de sa ville), la société a fait du chemin ! Elle est cependant toujours aux mains de la même famille, et dirigée actuellement par le petit-fils du fondateur.

Depuis 1967, la firme est implantée dans l’Hexagone, où elle a créé sa première filiale. Haribo France gère deux sites de production, un à Marseille et l’autre à Uzès, ainsi que le « Musée du Bonbon » installé dans le second. Ces dernières années, la compagnie a connu un véritable boom dans le pays. Douze boutiques en propre y on fleuri en dix ans. Les fans y font le plein de sucreries et de produits dérivés (mugs, coques pour smartphones, Tee-shirts, etc.).

Sur la même période, le chiffre d’affaires de la filiale française a doublé (250 millions en 2016) et son résultat d’exploitation a triplé ! Tous les ingrédients étaient réunis pour célébrer le cinquantième anniversaire d’Haribo en France en grande pompe. Mais il n’en sera rien. En avril dernier, le fabricant a annoncé la suppression de 100 postes sur les 750 de sa filiale hexagonale avant la fin 2018 (en privilégiant les départs volontaires et en préretraite, dans un premier temps). Une décision incompréhensible pour les salariés, étant donné la bonne santé du groupe. D’autant plus que ce dernier inaugurera cette année la plus grosse usine de bonbons du monde (50 000 m2) en Allemagne. Elle aura coûté 500 millions d’euros et emploiera 800 personnes. En 2020, pour le centenaire de la marque, une première usine ouvrira ses portes aux États-Unis, dans le Wisconsin. Coût de l’opération ? 240 millions de dollars, pour 400 emplois créés. Une injustice qui a de quoi couper l’appétit. 

En chiffres : 

51 600 tonnes
de bonbons fabriqués chaque année sur les deux sites de production français

36 %
du marché des bonbons en France (part de marché du groupe Haribo)

75 000 tonnes
de friandises vendues par Haribo en France par an

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