Pop Culture

DJ Henri : "J'écoute toujours les Spice Girls"

by Mathilde Berthier
28.08.2017
DJ aux airs de Leeloo, Henrietta Tiefenthaler vient d’une galaxie fréquentée par Amon Düül, André Courrèges et Luc Besson. Retour vers le futur.

La première chanson que vous ayez écoutée ?

Je ne m'en souviens pas... Mais le premier single que j'ai acheté, c'était "Wannabe" des Spice Girls. Je l'écoute toujours.

Le premier dancefloor que vous ayez écumé ?

Une afterparty Oasis, à Wembley. J'avais 13 ans, y participer me donnait l'impression d'être la fille la plus cool de la terre. Dans la foulée, j'ai accompagné ma mère dans un club underground de Vienne, voir Kruder & Dorfmeister.

Quelles sont vos influences ?

Je me suis lancée dans le Djing par amour pour le Krautrock. Tellement de genres m'inspirent aujourd'hui... J'apprécie les rythmes latino et afro, mixés avec de la disco et de la deep house.

Vos rituels de composition ?

Je peux partir d'une pulsation, d'un rythme, d'une séquence musicale que j'ai échantillonnée, ou d'une mélodie. Et puis les transformer.

Le meilleur endroit pour mixer ?

N'importe où, tant qu'il y a un bon sound system.

"À l'instant T, j'adore Gucci."

Votre remix fétiche ?

Straight World Problems, un remix pour le groupe de Mickey Madden, Collapsing Scenery. Ça sort ce mois-ci.

Votre mixtape la plus perchée ?

Flight Facilities, avec la voix éthérée d'Emma Louise. Ce son est parfait pour les jours de gueule de bois.

Vous passez parfois pour une "bête de mode"... Qui sont vos créateurs favoris ?

À l'instant T : Gucci. Historiquement, j'ai toujours admiré Alexander McQueen, Jean Paul Gaultier, Courrèges... Je soutiens pas mal de jeunes créateurs, dont mes amis Yasmin Bergmann et Peter Non, qui dessine des souliers. Henrik Vibskov, aussi.

Votre style en un mot ?

Frénétique. Je ne me fixe jamais, quoique je reste accro à la mouvance Space Age et au Cinquième Élément. J'aime tout ce qui gravite au-delà du réel.

"J'ai le sentiment d'approcher l'Armageddon."

Le meilleur outfit pour mixer ?

La robe Galactic que mon amie Mimmy Mondobegazo m'a dessinée pour l'ouverture du nouvel hôtel de Ian Schrager à New York. Sinon, je crée moi-même mes tenues, pour obtenir exactement ce que je veux sans devoir m'approprier le style de quelqu'un d'autre. Mais ça prend plus de temps et ce n'est pas très rentable !

Parlez-nous de votre passé d'écrivain...

Je travaillais dans une maison d'édition indépendante à Los Angeles, et on prévoyait de publier une biographie d'Anna Nicole Smith par sa demi-soeur, Donna Hogan. En éditant le livre, j'ai découvert que certains passages avaient été copiés-collés depuis Internet... J'en ai parlé à mon boss, qui a viré le ghost writer, et m'a demandé d'assurer l'écriture du livre. Le délai était insensé, d'autant qu'Anna est décédée deux semaines plus tard, et que j'ai dû tout réécrire et éditer en deux semaines. Comme son décès faisait les gros titres, je me suis retrouvée à devoir promouvoir sa biographie comme une experte...

Que représente l'écriture pour vous ?

Une autre vie. Parfois, j'écris quelques paroles de chansons.

Vous sentez-vous bien dans notre époque ?

J'ai le sentiment d'approcher l'Armageddon. En Grande-Bretagne, les tragédies s'enchaînent... On a l'impression que quelque chose de terrible plane au-dessus de nos têtes. J'ai aussi peur pour notre planète, car on consomme toujours plus de déchets, et Trump contrecarre les actions positives mises en place par le gouvernement.

Donc, si vous pouviez voyager dans le temps, vous le feriez ?

Oui. Par curiosité, j'aimerais passer quelques heures dans le futur.

Henri - It's Like This, It's Like That

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