Pop Culture

Colin Farrell : "Tourner avec Sofia Coppola vous change et vous apaise"

by Juliette Michaud
12.10.2017
L’ex-bad boy de Hollywood révèle toute sa vulnérabilité dans des films d’auteur, et ça lui va vraiment bien : revoici Colin Farrell dans Mise à mort du cerf sacré, de Yórgos Lánthimos. Cigarette et café du matin, il se confie.

Il est plus brunch que breakfast ? Qu’à cela ne tienne. Colin Farrell mord dans un croissant, attrape sa tasse en vous regardant droit dans les yeux, vous parle de très près avec un accent irlandais à couper au couteau... La carrière de Colin Farrell, 41 ans, ne ralentit pas, bien au contraire. Victime consentante du désir féminin dans Les Proies de Sofia Coppola, on le verra à nouveau aux côtés de Nicole Kidman le 1er novembre dans le nouveau film “dérangé” de Yórgos Lánthimos, son réalisateur de The Lobster. Avant de tourner sous la direction de Steve McQueen et de Tim Burton. Rien que ça.

 

Quelles sont vos habitudes de petit-déjeuner ?

Mauvaises (rires). De temps en temps, surtout quand je ne travaille pas, je m’adonne au brunch, et j’adore ça. Des œufs, tout ce que vous voulez. Sinon, je ne mange pas le matin. Surtout si je travaille, car je me sens lourd et incapable d’aborder un personnage le ventre plein. Juste café ou thé. Et une cigarette. (Il rejette la fumée de celle qu’il tient entre ses doigts.) Je sais, c’est mal.

Où vivez-vous ?

Entre Dublin et Los Feliz, un quartier de Los Angeles, où j’ai fait venir une bonne partie de ma famille. À Los Angeles je fais du yoga, des randonnées dans Griffith Park, je cuisine un peu, mais depuis que j’ai pris tout ce poids pour The lobster, je fais attention à ce que je mange. Je suis un vrai Californien.

 

Il émane de vous quelque chose de très doux – tout le contraire de votre personnage de père chirurgien dépressif marié à Nicole Kidman dans Mise à mort du cerf sacré, tragédie très kubrickienne.

Oui, d’ailleurs si vous avez une explication quant au sens du scénario de Mise à mort du cerf sacré, je suis preneur (rires). Le film a été aussi éprouvant à tourner qu’il l’est à regarder : tendu, répressif, sans aucune explication. Je rassurais Nicole en lui disant que ça allait être bien. C’est une femme épatante, j’espère que nous tournerons une troisième fois ensemble. Et même avec Yórgos s’il nous le demande, car je suis son fan numéro un. Et il en profite ! (Rires.)

 

Vous avez tourné avec tant de maîtres, cela vous a-t-il changé ?

Tourner avec Sofia Coppola, par exemple, vous change, vous apaise, car elle vous entoure de douceur et de beauté. Mais c’est surtout la paternité et devenir sobre qui m’ont changé. Et d’avoir fait le petit film libérateur Bons Baisers de Bruges. Chez les géants, comme Terrence Malick, finalement, vous ne faites que passer. Tenez, jusqu’au premier jour de tournage du Rêve de Cassandre, Woody Allen me prenait pour Ewan McGregor (rires).

 

Votre appétit de jouer semble avoir redoublé.

J’attendais que mes deux formidables petits bonhommes de fils soient plus grands pour accepter davantage de rôles. Cette année, je tourne Widows de Steve McQueen (un film de braquage au féminin avec Viola Davis, Michelle Rodríguez, Liam Neeson et Robert Duvall) ; je campe un avocat face à Denzel Washington dans Roman Israel, Esq., un thriller dramatique de Dan Gilroy, qui avait fait Night Call ; et Dumbo de Tim Burton, avec Eva Green. Je joue le père des gosses qui s’entichent de l’éléphanteau. Je varie les plaisirs pour m’amuser. Ma révolution existentielle a été de faire confiance.

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