PHILANTHROPIE

Jean-Pierre Blanc : "J'aime l'humain"

Au-delà des titres officiels, le père fondateur du Festival d'Hyères et de la toute jeune Design Parade fait figure d'altruiste en chef dans les milieux de la mode et du design. Rencontre avec un humaniste, sous le soleil de l'Anse Méjean.
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Une saison, deux évènements... Qu'est-ce qui fédère la Design Parade de juin et le Festival de mode, de photographie et d'accessoires de mode, en avril ?

D'abord et avant tout, le soutien et le support à la jeune création. C'est la colonne vertébrale de nos festivals. Notre jury parlait ce matin de l'art comme source d'émotion. Voilà l'autre point commun. André Malraux a fait un discours merveilleux à ce sujet, quand il était Ministre de la Culture... Cette capacité à être touché par les oeuvres, je veux la partager avec le public, autour de la mode et de la photographie à Hyères ; autour de l'architecture d'intérieur à Toulon et à Hyères. 

Cette émotion est palpable autant qu'un vrai esprit de famille... C'est important, pour vous ?

Tout à fait. Avec le recul, hier je ne le cherchais pas, aujourd'hui je pourrais presque le chercher. On subit tellement de pression dans nos milieux... Quand on arrive à s'en extraire et à en faire un leitmotiv, comme ici à Hyères et à Toulon, c'est précieux. Des professionnels viennent ici en disant qu'ils y recherchent, précisément, un esprit de famille.

Comment choisissez-vous, chaque saison, les membres du jury ?

Au départ, il y a un coup de coeur. Le travail d'un designer, d'un créateur de mode, d'un photographe, son univers créatif me donne envie de l'inviter. Je revendique le droit à la subjectivité. Parfois ça marche, parfois non. 

À l'heure où nous nous parlons, la "popularité" du design est exponentielle. Je pense notamment à l'émulation autour du Salone Del Mobile...

Je trouve le sujet passionnant. Le regain d'intérêt autour de la grande famille du design vient de la décoration d'intérieur. Peu l'auraient parié il y a quelques années... mais c'est le cas. Le métier de décorateur, d'ensemblier, revient sur le devant de la scène et embarque tout le monde avec lui. Pourquoi ? Ces savoir-faire font partie de l'univers du luxe ; dans l'univers du luxe, il y a des moyens, des envies... Des clients et des commandes spéciales s'expriment et donnent des ailes à ce secteur. Quand on s'intéresse à India Mahdavi, Pierre Yovanovitch, François Champsaur, on s'aperçoit que ces designers ont une clientèle internationale et, du coup, une aura internationale spectaculaire. Tout cela booste le rayonnement du design aujourd'hui. 

La majeure partie des candidats de la Design Parade, cette année, était francophone. Votre volonté est-elle de rendre ce festival d'architecture d'intérieur plus international, à l'image du Festival d'Hyères ?

Tout d'abord, il y a moins d'écoles d'envergure internationale dans ce secteur-là. Je pense aussi qu'avec le temps, fort d'une édition 2019 qui aura battu des records de sympathie et de popularité, le nombre de candidatures va croître. Il y a une émulation autour de cet évènement que je n'avais pas ressentie depuis longtemps. L'intensité professionnelle et émotionnelle est comparable à un festival beaucoup plus âgé comme l'est le Festival d'Hyères... c'est, je crois, plutôt bon signe. 

Certains de vos mécènes du Festival d'Hyères vous ont suivi ici dans l'aventure de la Design Parade. Je pense à la maison Chanel...

On parlait de famille. C'est le cas. Il est rare, avec l'expérience que j'ai dans mon domaine, de rencontrer une maison qui puisse être aussi à l'écoute. Nous nous rejoignons sur la volonté d'être proches des jeunes créateurs et de leur afficher un soutien inconditionnel. Le Prix des Métiers d'Art du Festival d'Hyères et le Prix Visual Merchandising de la Design Parade illustrent ce lien.

L'humaniste que vous êtes est-il heureux de constater à quel point on se mobilise, aujourd'hui, pour la jeune création ?

Si je suis un humaniste, ça me fait plaisir. Ça veut dire que j'aime l'humain et c'est la réalité : j'aime les êtres humains. C'est le sens de ma vie, enfin, un des sens de ma vie. L'humaniste que je "serais" serait très heureux s'il y avait plus de moyens. Je trouve que, d'un point de vue public, on n'en fait pas assez. La jeune création représente l'avenir. C'est une lapalissade que de le dire. Pour l'aider, la mettre en confiance, lui donner de la joie, du plaisir et de l'émotion, il faut se mobiliser. 

www.villanoailles-hyeres.com

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