Filles

Quoi de neuf chez l'enfant cet automne ?

by Laure Ambroise
18.09.2017
Pour la seconde saison consécutive, L’Officiel intègre son supplément enfants à son numéro de rentrée, une jolie façon de reprendre les choses là où nous les ­avions laissées avec gaieté. À l’occasion de cette édition consacrée aux Parisiennes, nous rencontrons la créatrice Christine Innamorato, qui cultive avec brio l’exigence du bon goût, l’art de l’imprimé et l’obsession de la créativité chez Bonpoint, pour parler de l’âme parisienne de la marque. Nous nous posons avec Cordelia de Castellane, qui dessine la ligne Baby Dior, pour discuter de sa dernière collection hommage à la capitale française et de l’anniversaire de la célèbre maison. Nous retournons voir Caroline Touboul, la reine des anniversaires dans les palaces parisiens, pour qu’elle nous parle de ses avancées. Nous succombons aux dernières collections de Lagerfeld Kids et de Primigi. Et nous faisons connaissance avec la sublime marque française de cartables japonais Randsellier, 100 % végans. À vos marques… Prêts ? Partez ! Le timing de la rentrée est très serré.

Photographie par Julien Roux
Modèle  Milo Bellugeon
Maquillage et coiffure  Céline Cheval
Assistante stylisme  Solaine Depale

Premier pas

Pour attaquer la rentrée bon pied, bon œil.

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Milo tient des bottines premiers pas en cuir verni bleu, pointe arrondie, habillées d’une fermeture Éclair latérale interne et d’une semelle légère flexible, Primigi sur www.sarenza.com.

Âme parisienne

Sous l’impulsion de sa directrice artistique Christine Innamorato, Bonpoint cultive avec brio l’exigence du bon goût, l’art de l’imprimé, le souci du détail et l’obsession de la créativité. À l’occasion de la présentation de la collection automne-hiver 2017/2018, elle nous parle casting, Instagram, collaborations et inspirations.

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Milo porte un pull en laine jacquard et un jupon en tulle, Bonpoint, ainsi que des tennis en cuir lamé, Bonpoint x Golden Goose.
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Christine Innamorato.

De Anamaria Vartolomei à Angèle Metzger, vous avez toujours une longueur d’avance sur le casting des muses qui défilent en Yam Bonpoint, votre ligne pour les adolescentes !

Notre vocation est de détecter l’air du temps et d’entourer la maison Bonpoint de talents en devenir. Nous suivons Anamaria, jeune et brillante actrice, depuis ses débuts au cinéma. Elle est en ce sens la première muse Yam. Angèle a suivi, elle incarne cette insolence, joyeuse et chic, que je souhaite pour Bonpoint. Notre dernière découverte, Dolores, est une jeune femme avec une vraie personnalité, à l’image de Bonpoint. Une fidèle de la maison depuis toute petite.

 

 

En quoi Bonpoint est-elle une maison tellement parisienne ?

Parce qu’elle dispose d’un atelier de création parisien et que le style Bonpoint incarne l’élégance parisienne. Ce chic n’est pas simplement d’habiller les enfants avec un style trop apprêté mais de savoir accorder une élégance construite à la notion de quotidien.

 

 

Comment expliquez-vous le succès jamais démenti de Bonpoint ?

Nous sommes tous portés par l’air du temps. Qu’il soit dans un film ou un nouveau mouvement, il joue pour moi le rôle de fil conducteur et nourrit les collections.

 

 

Instagram vous a-t-il fait appréhender différemment l’image de votre marque ?

Les réseaux sociaux sont devenus très importants, avec l’image et les films que nous réalisons afin de les nourrir. Mais pas pour ce qui est de la créativité. Nous devons prendre la parole à travers tous les moyens existants tout en restant fidèles à la marque.

 

 

Parlez-nous des inspirations de votre collection automne-hiver 2017/2018…

De l’univers ludique de Charles et Ray Eames à l’imaginaire infini de la nature, de l’énergie rebelle d’une rentrée des classes punk au romantisme délicat d’un jardin anglais, la collection Bonpoint de l’hiver est une seule et même ode, dédiée aux plus beaux trésors de l’enfance : le jeu et le bonheur. La saison se devait de respecter à la lettre l’une des devises de Charles Eames : prendre le plaisir au sérieux…

 

 

Quel est votre look préféré ?

J’aime beaucoup le look mixant le gros pull jacquard et le long jupon de tulle rose poudré du thème “Wild Atlantic Way”. Ou l’impertinence du look associant les écossais aux pulls en jacquard à pois du thème “Talking Heads”.

 

 

Les muses de cette collection d’hiver ?

Pas de muses particulières, mais les œuvres de Cy ­Twombly ou le culte du bonheur du couple Charles et Ray Eames ont énormément influencé la collection.

 

 

Avez-vous des collaborations prévues à la rentrée ?

Nous continuons notre collaboration avec L/uniform, pour qui nous avons développé de nouvelles gammes de couleurs pour les cartables et la valise. Nous sortons une nouveauté avec le sac à dos. Nous allons poursuivre les collaborations avec la jeune enseigne Neva Oslo autour de la ligne “Mon premier diamant”. Et d’autres projets prendront bientôt forme.

 

 

À l’occasion de la semaine de la haute couture, vous avez présenté votre collection printemps-été 2018, pouvez-vous nous en toucher quelques mots ?

Le point de départ était le livre La Vérité sur Jacqueline Picasso de Pépita Dupont, en particulier le chapitre consacré à la vie du couple Picasso au château de Vauvenargues, en Provence. Ensuite, je suis partie dans des univers plus cinématographiques, comme Les Demoiselles de Rochefort de Jacques Demy, Tess de Roman Polanski ou Sabrina de Billy Wilder, avec Audrey Hepburn. Il y a beaucoup d’imprimés façon herbiers, notamment un liberty noir. La garde-robe est solaire et graphique, réchauffée de nuances d’épices, du safran à la cannelle.

 

 

www.bonpoint.com

Rêves d'enfants

À l’occasion des cinquante ans de la ligne Baby Dior, rencontre avec celle qui dessine les collections, Cordelia de Castellane. Sa dernière proposition est une jolie dédicace à Paris !

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Milo porte une robe en maille tricot et tulle plissé, des collants en coton et des slippers brodées en velours, Dior.

Entre votre enfance passée aux côtés de votre oncle Gilles Dufour, ex-bras droit de Karl Lagerfeld, et la création de votre marque enfantine CDC, vous êtes entrée dans le monde de la mode très tôt ; était-ce un choix ou, tout simplement, votre destinée ?

J’ai eu beaucoup de chance d’avoir Gilles, qui était très proche de ma mère et qui m’a fait découvrir la création très tôt : le voir dessiner des croquis quand nous déjeunions chez Carette me fascinait. Je me souviens que je voulais imaginer… Imaginer des dessins et de la mode. Mon choix de rentrer dans la vie active à 16 ans était très déterminé ; sûrement ma grand-mère et ma mère, qui sont très artistes, n’y sont pas pour rien. J’ai découvert le métier auprès d’Emanuel Ungaro, à qui je dois tout : je suis arrivée enfant sans rien savoir et j’ai beaucoup appris dans cette belle maison, auprès d’un grand maître. Il m’a donné le goût de la couleur et de la rigueur, des beaux textes et de la musique d’opéra… Son épouse Laura a remplacé mes années d’étude. Je ne serais pas là sans eux. Ils ont fait prendre forme à mon rêve de petite fille et m’ont inculqué le goût du travail.

 

 

À l’occasion de l’anniversaire de Baby Dior, votre collection s’inspire de Paris. Est-ce une façon de rendre hommage au très parisien Christian Dior ?

Monsieur Dior, c’est la France ! C’est Paris ! “Paris c’est Dior et Dior c’est Paris”, a dit une de ses célèbres clientes. Je voulais à ma façon faire de Paris un endroit rempli d’enfants qui dansent dans les rues. Au lendemain des attentats, j’avais envie de rendre Paris festive. Il y avait eu la guerre quand ­Christian Dior a commencé et, au moment où je prends mes feutres pour commencer, voilà ces terribles attentats. Il fallait que la joie et la vie prennent le dessus et les enfants sont notre plus grand remède.

 

 

Quels sont les thèmes de cette collection ?

Je revisite les endroits que Christian Dior aimait, avec les roses de Bagatelle, SaintGermain, le Moulin rouge, l’avenue Montaigne… Une collection qui commence un joli matin et qui finit sur les toits de Paris, tel Pierrot.

 

 

À quoi reconnaît-on un modèle Baby Dior ?

Grâce à l’architecture qui s’en dégage et à travers tout le savoir-faire de nos ateliers qui sont en France, et qui se ressent dans chaque pièce. Christian Dior concevait ainsi ses modèles et j’essaye de conserver ce précieux héritage.

 

 

Plus qu’une maison de couture pour enfants, Baby Dior s’inscrit aujourd’hui dans le quotidien ; comment avez-vous opéré cette transition ?

Nos clientes évoluent et j’ai moi-même un style très casual. Nous avons habillé avec beaucoup de succès les enfants pour les grands événements. Maintenant que nous avons eu la confiance de nos clients, nous avons évolué et voulu proposer un choix plus ancré dans le quotidien, qui complète bien nos robes couture. Les enfants restent des enfants ! La transition a été assez radicale. C’est dans mon caractère, je ne fais rien à moitié.

 

 

Instagram vous a-t-il fait appréhender l’image de Baby Dior différemment ?

L’Instagram de Baby Dior fait partager cette magie à qui le souhaite. Ce que je crée, je le fais bien sûr pour les clients mais avant tout pour continuer à faire rêver. Dior est une marque qui fait rêver et, que l’on puisse ou non se l’offrir, tout le monde a le droit au rêve, dont font partie ces jolies images.

 

 

Vous êtes mère de quatre enfants, sont-ils vos critiques les plus difficiles ?

Mes quatre enfants m’ont appris à savoir ce que porte un enfant ou non. Mais ils ne sont pas mes influences. Je ne crée pas pour eux spécialement, ce serait trop “petit esprit”. Finalement, je suis mère depuis toujours, l’expérience me sert donc à savoir que, sur un pyjama de naissance, les boutons doivent se placer d’une certaine façon et qu’une robe en tulle, aussi féerique soit-elle, si elle gratte, restera sur le cintre.

 

 

Instagram : @babydior_official www.dior.com

Mon premier it-bag

Sac culte des petits écoliers japonais, le “Randoseru” arrive en France sous le nom de Randsellier, une réalisation artisanale et intégralement végane. Focus sur une marque pas comme les autres.

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Milo avec son sac d’écolière 100 % végan, Randsellier.

Randsellier est une marque française de cartables s’inspirant d’un modèle japonais, le “Randoseru”. Au Japon, il se porte obligatoirement pendant les six années d’école primaire. La particularité de ce nouveau modèle est d’être 100 % végan, et il se décline dans une version pour adulte, plus stylisée et plus adaptée à la vie quotidienne.
L’apparition de ce sac iconique remonte au xixe siècle, au début de l’ère Meiji, où de nombreux sacs à dos en toile ont été importés puis appelés “Randoseru”, qui signifie “cartable” en japonais. Sa forme actuelle date de 1887 : le Premier ministre de l’époque l’offrit au futur empereur Taishō Tennō lors de son entrée à l’école primaire. Admiratifs de la famille impériale, les petits écoliers japonais se mirent à porter le même, et c’est ainsi que la tradition est née.
La marque Randsellier a été fondée en ce début d’année. Il lui était indispensable de créer un produit respectant la cause animale. Tous les sacs sont donc fabriqués dans un tissu cellulaire exclusif 100 % végan, le Maestley. Cette matière synthétique présente une qualité équivalente à celle du cuir véritable : il se tanne avec le temps et reproduit avec exactitude l’effet du cuir tout en étant plus léger, ce qui est important pour le dos des écoliers.
Les cartables Randsellier sont confectionnés au Japon dans un atelier traditionnel. Ils sont le fruit d’un véritable savoir-faire artisanal. Plus de trois cents pièces de cuir synthétique et de métal sont assemblées pour la réalisation d’un seul sac. Les finitions sont faites à la main et la tannerie est végétale, garantie sans produits chimiques.
La maison prépare des projets de collaboration avec une marque française… Les collections adulte et enfant sont vendues dans le conceptstore The Japan Store situé à la Maison de la culture du Japon, à Paris.

 

 

À partir de 930 €.
www.randsellier.com

L'art du logo

Quand il s’agit d’afficher ses convictions avec style.

Pull Lagarfeld.tif
Sweat-shirt en coton, Karl Lagerfeld Kids, 75 € sur www.kidsaround.com et www.karl.com.

Féerie de l'enfance

Passée maître dans l’art d’organiser tous les événements des petits, du baptême à l’anniversaire, Caromy & Co alias Caroline Touboul est devenue la référence en la matière. Rencontre.

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Depuis notre dernière rencontre, en 2015, année de votre lancement, quelles ont été les évolutions de Caromy & Co ?

Nous nous sommes développés dans tous les sens du terme. De nouveaux artistes sont entrés en scène avec un dresseur de bulles de savons, un équilibriste du cirque Bouglione, un jongleur ou un mangaka qui croque les enfants. Et de nouveaux ateliers ont fait leur apparition, tels que l’ikebana, l’art floral japonais, ou l’initiation au pilotage de drones. Nous avons également mis en place des partenariats avec plusieurs palaces parisiens et certaines grandes maisons françaises de l’industrie du luxe.

 

 

Ce que Caromy & Co a de plus que les autres ?

Nous formons une équipe très passionnée. On dit souvent que la réussite professionnelle réside dans la passion. L’amour que je porte à mon métier est authentique. Je crée avec précision, concentration, comme si chaque événement était le mien. Mes sources d’inspiration me viennent du quotidien. Je suis très curieuse de tout. Des gens en particulier, des relations que je tisse. Mais également de cette passion du voyage que j’entretiens, avec comme destination récente la Russie.

 

 

Quels sont les thèmes d’anniversaire les plus demandés ?

Nous avons enrichi notre thématique, de plus en plus influencée par certains événements comme le festival de Coachella, Elli et la Chocolaterie, d’après Charlie et la chocolaterie, le carnaval de Rio, Koh-Lanta, Harry Potter…

 

 

La requête la plus folle à laquelle vous avez répondu ?

Organiser dans un palace parisien, pour une petite fille de 6 ans venant de Moscou, un anniversaire très féerique sur le thème de La Reine des neiges, avec une arche de huitcents ballons en forme de tunnel, un tapis blanc parsemé de neige artificielle, un buffet sucré et des spectacles exceptionnels sur mesure animés par des artistes bilingues.

 

 

Qui sont vos clients ?

Des particuliers comme des entreprises, également des ambassades, des écoles, des associations caritatives liées à l’enfance ou les hôpitaux pour enfants malades.

 

 

Y a-t-il des différences entre vos clients français et étrangers ?

Les clients internationaux recherchent le raffinement à la française de nos décorations et le côté artistique de nos animations. En général, notre clientèle française apprécie les thèmes originaux que nous proposons, qui enrichissent l’univers de leurs enfants. Nous avons également eu la chance d’organiser des fêtes à l’étranger : à Miami, Moscou, Monaco, Genève. Les tendances ne sont pas les mêmes d’un pays à l’autre et c’est enrichissant et inspirant pour moi de découvrir aussi leurs goûts et envies. Le dénominateur commun que je rencontre, c’est la volonté de faire plaisir aux enfants. Ce sont généralement des parents très occupés professionnellement, mais ils prennent le temps de réfléchir au thème et au déroulé de l’événement.

 

 

Que préconisez-vous pour l’anniversaire le plus simple et le plus mignon ?

Pour plaire à un enfant, il faut écouter sa demande quel que soit son âge et transformer l’histoire pour la rendre féerique. Selon le budget des parents, nous nous adaptons. Si l’on veut rester simple, nous proposons une animation de qualité et quelques bouquets de ballons pour égayer la fête.

 

 

Votre fille Romy de 7 ans est-elle votre critique la plus difficile ?

Elle a un regard très aiguisé. Ce qui lui plaît reste un très bon indicateur des tendances enfantines. Romy est directe et cela me plaît. L’œil de l’enfant est important, c’est ma boussole.

 

 

Quelles sont vos actualités de la rentrée ?

Nous travaillons sur le développement d’une maison d’ateliers parisienne, qui proposera aux enfants des activités extra­ scolaires artistiques originales.

 

 

www.caromyandco.com

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