Joaillerie

“Les Galaxies de Cartier”, une collection qui explore le cosmos

L’esprit pionnier du plus célèbre joaillier du monde se manifeste dans “Les Galaxies de Cartier”, une nouvelle collection surprenante et hypnotique qui explore le cosmos.
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A priori, sur le papier, il n’y a aucun point commun entre un collier “tutti frutti”, un bracelet “panthère”, une broche Art déco et une bague “clou”. Sur le papier seulement. Car un bijou Cartier, quelle que soit la fantaisie de sa forme, quel que soit le prisme de couleurs qu’il réfracte, quelle que soit la thématique qui anime sa conception, ou l’audace qui préside à sa conception, il est immédiatement reconnaissable. Par tous. Un rapide coup d’œil sur l’histoire du joaillier montre que celui-ci ne s’est rien interdit. Cela ne signifie pas que Cartier s’est tout autorisé : l’imposant volume de dessins (pourtant remarquables) rejetés en son temps par Pierre Cartier le prouve. Mais enfin, reconnaissons tout de même que l’imaginaire Cartier ne se résume pas si facilement. Alors comment, dans ces conditions, réussir à définir un style si universellement reconnaissable ? Pour Pierre Rainero, la réponse est pourtant simple : “Le style Cartier est un langage.” Pour éclairer cette singulière assertion, le directeur image, style et patrimoine du joaillier précise : “Le langage, c’est la capacité de raconter des histoires comprises par tous, quels que soient l’humeur, la culture et l’environnement des uns ou des autres. Le style Cartier est un langage d’autant plus admirable qu’il évolue avec son temps et les modes de vie, grâce à l’étendue d’un vocabulaire toujours enrichi et la force d’une grammaire solidement établie.” Une langue vivante. 

“Les Galaxies de Cartier”, c’est le nom d’une nouvelle collection de pièces de joaillerie éditée en série limitée et numérotée. Une collection expérimentale, dans tous les sens du terme, divisée en quatre univers créatifs reliés à l’espace. Le cosmos, un territoire inexploré par le joaillier. Ici, ce qui compte, ce n’est visiblement pas la destination à atteindre, mais le voyage à parcourir. Fût-il intérieur. L’alignement des planètes est figuré par une rotation joaillière de perles de Tahiti dont les nuances moirées, les couleurs vert bronze, les teintes aile de mouche s’épanouissent à travers le design sculptural de deux bracelets-cages en or gris. Des diamants, montés en serti vibrant et ostensiblement détournés de leur rôle traditionnel, scintillent dans un dôme évidé de cristal de roche reposant sur un socle en métaquartzite. L’ensemble est une métaphore de la théorie de la relativité qui rechercherait son Big Bang sur une bague ou un bracelet. Un bracelet et un pendentif aux volumes démesurés développent des sensations inédites, aussi bien visuelles que tactiles – mais aussi sonores – en représentant la Terre vue depuis la nuit spatiale par le biais d’une hypersphère constellée d’une myriade de points multicolores : montés sur rail, disposés en chute, frémissant lors de leur déplacement, les saphirs jaunes et bleus, les opales de feu et les diamants élargissent ici le champ vibratoire du bijou. “Le plaisir que nous donne un artiste, écrivait Proust, est de nous faire découvrir un univers de plus.” Il est bien là le secret du style, du goût Cartier : ce n’est pas une technique ni même un enjolivement, c’est une qualité de vision.

Photographiepar Julien Roux

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