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Rossignol descend en ville

À un moment stratégique dans le secteur du sportswear, l’italien Alessandro Locatelli, vice-président de la division Apparel chez Rossignol, a pour mission de booster le développement urbain et lifestyle de ce fleuron français du ski-wear, qui s’installe à Paris. Tout schuss!
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Vous avez inauguré deux boutiques à Paris en trois mois, dont un flagship, boulevard des Capucines. Cette montée en force reflète- t-elle la nouvelle stratégie de la marque?

Alessandro Locatelli: Bien évidemment. C’est même une étape très importante de son histoire, qui concrétise notre volonté de la faire évoluer vers le lifestyle, à une époque où tous les signaux sont favorables.

 

 

Quels sont ces signaux?

L’explosion du secteur sportswear et l’arrivée sur le marché d’une clientèle jeune et connaisseuse sont deux réalités très positives pour nous. C’est le moment parfait pour adapter notre discours, nos produits, et notre façon de les vendre.

 

 

Voulez-vous faire de Rossignol une marque de mode?

Non, surtout pas! Rossignol n’est pas une marque de mode, et ce n’est pas du tout le message que l’on souhaite faire passer. Ici, on parle plutôt de “premium sportswear”, fortement ancré dans notre ADN. Le fait qu’une partie de l’univers de la marque devienne également urbain et lifestyle ne doit pas faire oublier son histoire. Rossignol est réputé mondialement pour la technicité de ses skis et de son ski-wear depuis plus de cent ans, et il est essentiel de ne pas s’en départir.

 

 

Et pourtant, Rossignol fait régulièrement appel à des créateurs, n’est-ce pas contradictoire?

Absolument pas. Jean-Charles de Castelbajac, qui travaille pour la marque depuis quinze ans, ou encore Tommy Hilfiger, qui signe une capsule ski-wear chez nous, injectent de la “coolitude”, quand nous sommes les gardiens du storytelling de la marque.Venant de l’univers de la mode (Alessandro Locatelli est passé par Pierre Balmain, Costume National, Ittierre, ndlr), je sais combien il est important de coller à l’air du temps, tout en gardant son identité de marque.

Quelle est alors la recette pour faire cohabiter le tout?

La structure de la marque compte beaucoup. Rossignol est divisée en trois départements: Winter sports, Cycles (après le rachat de Felt Bicycles et Time en 2017, ndlr) et Apparel. Je ne suis en charge que du troisième département, avec mission de le développer. Ces trois départements cohabitent en un écosystème dynamique, avec le grand avantage qu’il est, selon moi, plus facile de développer une marque quand elle n’est pas devenue généraliste, mais au contraire restée pointue dans son domaine. La base est là, depuis un bon moment, maintenant c’est l’exécution qui compte.

 

 

Après Paris, quelle sera la prochaine étape géostratégique pour la marque?

Nous venons d’ouvrir une boutique à Aspen, dans le Colorado. L’Amérique du Nord (États-Unis, Canada) est un marché très important pour nous car la marque y est depuis longtemps reconnue pour la qualité et les hautes performances de son offre technique. Elle en est même le leader sur ce marché. La Chine sera notre prochaine grosse étape (en juin 2018, Rossignol a ouvert son capital à IDG Capital, première société d’investissement étranger en Chine, afin d’y accélérer son développement, ndlr). Dans tous les cas, l’international est capital pour le groupe, où il réalise hors marché français 78 % de son activité, et y détient un capital sympathie qui n’a pas de prix.

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