Hommes

Virgil Abloh : « Ma plus grande satisfaction ? Voir mon travail copié »

by Felix Besson
16.06.2017
Fondateur du label à fort cool-potentiel Off-White, Virgil Abloh est un électron libre hyperactif dans un milieu qui tend à rendre le streetwear aussi luxe qu’un weekender en croco. Mais heureusement pour lui, sa démarche artistique ne s’arrête pas au vêtement : il matérialise les désirs d’une génération Y à qui tout réussit. Et y parvient avec une justesse encore inégalée.

Au lendemain de son défilé à forte connotation contestataire, pile en face du Palazzo Pitti à Florence, on se sent encore groggy. Peut-on faire de la mode, sauter à pieds joints dans la flaque du système capitaliste, et critiquer ouvertement la géopolitique actuelle sans pour autant concevoir qu’on en est un rouage ? Les poèmes enflammés qui défilaient sur la façade du Palazzo Pitti, symbole même de l’impérialisme italien, démontraient que selon le directeur artistique, oui. Même si l’antithèse était pour beaucoup flagrante. Arrivé au Pitti pour la première fois, Virgil Abloh tend à révolutionner les codes tailormade si chers à la mode florentine, sans pour autant les renier. « Le concept d’Off White est simple : apporter une vision plus jeune et fraîche de la création dans l’industrie du luxe. Nous sommes honorés d’être invités au Pitti Uomo, de plus nous avons commencé l’histoire du label avec une ligne masculine, des vêtements créés pour les Millenials. Cet évènement est le meilleur endroit pour parler tailoring, coupes et silhouette avec la même intensité que lorsqu’on parle d’un t-shirt imprimé ou d’une autre pièce streetwear. Je ne veux pas seulement combiner un sweat avec un costume, mais rajeunir la manière de porter ce costume sans le dénaturer » explique-t-il. 

 

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Une nouvelle manière d’approcher le style des jeunes lookés ? Il semblerait que Virgil Abloh soit un véritable outsider du fashion-system, du genre à nier en bloc son appartenance aux dictats de l’industrie textile et à agir de son propre chef, enchaînant les collections, collaborations, projets spéciaux et surprises à faire hurler d’hystérie les fanatiques des bandes blanches emblématiques de la marque. « La nouvelle génération  n’a personne qui créée des vêtements depuis leur point de vue. Ils sont plus intelligents que nous. Le jeune consommateur dicte aujourd’hui à la mode ce qu’il veut porter, et non l’inverse. Normalement, c’est le système mode qui impose une silhouette, une manière de porter une pièce. Je rejète cela autant qu’eux. Lorsque vous achetez une veste à 2000€, vous devriez avoir le choix de la porter comme vous le désirez ». Ambassadeur d’une relève générationelle, le designer adapte son discours à l’ensemble des cool kids qui deviendront, dans 5 ans, les nouvelles poules aux oeufs d’or de la galaxie mode. Et en ajoutant un message aussi fort que distinct dans ses collections, il a su s’attirer une communauté aussi addict que fidèle. Un nouveau business-model qui passe par l’art, la politique et la reconnaissance sociale pour atteindre la réussite digne des plus grosses cash machine. 

 

www.off---white.com

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