Hommes

Success story : David Yurman

by Hervé Dewintre
22.06.2017
Secondé par sa femme Sybil et son fils ewan, David Yurman incarne depuis trente-sept ans à travers sa marque la quintessence du luxe décontracté.
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Une étape de la fabrication.

Voici une histoire typiquement new-yorkaise où s’entremêlent l’énergie verticale des gratte-ciel Art déco de Manhattan, la vitalité cosmopolite du Bronx, l’attitude progressiste de Greenwich Village. Une histoire viscérale donc, presque tellurique. Dans cet effervescent bouillon architectural et culturel, la vocation du futur joaillier se développa avec aisance, mais elle prit, pour éclore, un biais inattendu. En 1958, David a 11 ans, c’est un penseur précoce qui se réfugie volontiers dans la librairie de son quartier. Un livre dépeignant la grotte de Lascaux l’interpelle ; la beauté rugueuse des lignes simples et franches de ces fameuses fresques préhistoriques l’éblouit : c’est certain, il sera artiste. Le reste appartient, comme on dit, à la légende. Les premiers succès et les premières amours vinrent, non pas grâce aux bijoux, mais par le biais de la sculpture. C’est, en effet, au côté du sculpteur Ernesto Gonzalez que le jeune David Yurman apprit la méthode de création de formes en trois dimensions par soudure bout à bout à partir de tiges en métal fondu. Il peaufine sa technique auprès de Jacques Lipchitz, la perfectionne auprès de Theodore Roszak, figure majeure de l’école newyorkaise, avant de créer son propre atelier sur Sullivan Street. Mais, disons-le franchement, ce que doit surtout David Yurman à la sculpture, c’est la rencontre avec Sybil Kleinrock qui deviendra bientôt sa femme, sa muse, sa partenaire à vie. Aujourd’hui encore, lorsque vous rencontrez le joaillier, on sent bien que sa manière à lui de vous faire un compliment, c’est de vous dire : “Vous devriez rencontrer Sybil, je suis sûr qu’elle va vous adorer.

Le duo fonctionne à merveille : c’est pour Sybil que David dessina son premier collier. Surtout, ensemble, ils apprirent à dire non. Jugez plutôt : en septembre 1979, David et Sybil Yurman se marièrent au temple EmanuEl. Deux heures plus tard, Sybil avait encore sa couronne de mariage dans les cheveux, ils arrivèrent à un rendez-vous d’affaire destiné à formaliser la cession de leur première entreprise. La vente était le cadeau de mariage de Sybil. L’offre s’avérera pourtant, à la grande surprise des amoureux, trop faible. L’acheteur prétendit que le projet avait peu de chances de rencontrer le succès. Les jeunes époux se regardèrent en silence, se comprirent et la refusèrent d’un bloc. L’avenir leur donna raison : 1980, ils fondèrent la marque de joaillerie David Yurman, avec un best-seller dans leurs bagages, le bracelet “Cable” : un hit si incontestable qu’il reste depuis sa création le bijou iconique de la maison Yurman. La France a fait un bon accueil à la griffe newyorkaise, surtout depuis son installation en 2010 au Printemps Haussmann. Un endroit mixte car Evan – fils unique de David et Sybil Yurman – a eu la bonne idée de faire glisser la maison familiale vers le territoire du bijou masculin. On adore tout particulièrement l’utilisation troublante de la météorite sur la ligne de bijoux “Anvil”, une collection véritablement frappante par son design disruptif, son essence métallurgique et ses lignes augurales.

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Bracelet en argent avec des diamants noirs de 0,37 carat de la collection “Anvil”.
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Bracelet en argent avec des diamants noirs de 0,37 carat de la collection “Anvil”.
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Bracelet en axier inoxydable et argent de la collection “Anvil”.
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En médaillon, bracelets en cuir de la collection “Anvil”, celui du haut avec une fermeture en argent et acier, le second en argent et bronze.

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