Hommes

Rob Raco : récit d’une ascension

Après avoir conquis une légion de fans avec la série “Riverdale”, le Canadien Rob Raco, nouvel ambassadeur des collections Eyewear de Fendi, prend ses marques à Los Angeles tout en gardant les pieds sur terre.
Reading time 6 minutes

Photographie par Casper Kofi
Stylisme par Jérôme André

Il ne dissimule ni ses tatouages de marin ni ses bagues de pirate. Si on lui proposait d’incarner le fils de Jack Sparrow, ce fan de Johnny Depp signerait tout de suite. Pour le moment, Rob Raco, dont la famille est originaire de Rome et de Calabre, fait rire ses amis avec ses imitations de John Travolta et ne cache pas son admiration pour les Italo-américains Robert De Niro et Martin Scorsese.Avec son visage sculpté et ses yeux clairs perçants, l’acteur de 29 ans fait surtout fondre les cœurs en incarnant Joaquin DeSantos, le membre d’un gang féroce qui n’en assume pas moins son homosexualité dans la très populaire série Netflix, Riverdale. Au croisement des classiques du petit écran comme Twin Peaks, Gossip Girl, Dawson’s Creek et Beverly Hills 90210, Riverdale a conquis les millennials. Cette série pour les grands qui adorent l’univers teen renouvelle le portrait d’une petite ville américaine, à la fois bubble gum et surréaliste. Tout y est : des jeunes gens attractifs qui discutent pop culture dans les couloirs de leur lycée, des parents négligents, des triangles amoureux avec la blonde next door et la brune stylée, des voyages dans le temps et, bien sûr, un meurtre mystérieux au sujet duquel tout le monde en sait plus qu’il ne le dit. Rob Raco s’est vite imposé comme l’une des révélations majeures de ce soap opera aux allures de manifeste dada. 

/

Vous avez débuté en jouant de la batterie. Votre sens de la cadence vous a-t-il aidé en tant qu’acteur ?

C’est devenu un atout : ça m’a donné le rythme intérieur de mes personnages, leur métronome.

 

Quelle est la différence entre la vie d’un musicien sur les routes du Canada, et la vie d’acteur à Los Angeles ?

En tournée, vous n’avez que vos chansons auxquelles vous raccrocher. Vous n’avez pas le temps de connaître les villes que vous traversez, ni votre public. À Los Angeles, vous savez où vous êtes et ce à quoi il ne faut pas vous raccrocher : le mirage de la gloire.

Être né dans l’Ontario, au Canada, c’est donc un atout ?

Oui, je viens de la ville de Windsor, à un kilomètre de la frontière américaine et de Detroit. En face, il y a Chrysler, Ford et General Motors.Windsor est une cité ouvrière, pas un havre pour les artistes, alors si vous voulez en devenir un et vous tirer d’ici, il faut vraiment bosser. À Los Angeles, il y a tant de gens avec des rêves immenses, qui attendent un miracle.

 

C’est en raison de cette jeunesse à Windsor que vous êtes fasciné par les outsiders du cinéma américain ?

Johnny Depp et Vincent Gallo sont des modèles pour moi. Ils ont subverti la notion d’idole par leur étrangeté. Ils m’encouragent à être moins lisse.

Que vous apporte le succès de Riverdale ?

Ça a changé ma vie, d’autant qu’au départ il n’y avait pas d’attente démesurée envers ce show. Puis le public est arrivé en masse et c’est un public ado, qui grandit vite. On peut donc se permettre d’être audacieux avec lui.

 

Notamment avec la vie amoureuse de votre personnage, Joaquin…

C’est un marginal comme je les aime, mais dans l’environnement dur et criminel où il évolue, il laisse s’exprimer son amour pour le personnage de Kevin. C’est la preuve que l’amour peut exister en dépit de tout, et même si une série TV ne va pas triompher de l’intolérance, c’est inestimable d’avoir pu montrer ça : une confiance en sa sexualité LGBTQ+, où rien n’est forcé à l’écran, rien n’est artificiel. Être hétéro et avoir confiance en ma propre sexualité m’a sûrement aidé à le jouer. Cela dit, je suis encore surpris par les retours, en majorité très positifs.

Travailler avec Fendi, c’est aussi une surprise ?

C’est clairement une chance de collaborer avec une grande marque qui vous donne tout de suite le sentiment que vous faite partie de la famille, que vous êtes comme invité au dîner de Noël. Ça reste quand même très intimidant, d’autant que là d’où je viens, acheter le plus casual des blousons suffit pour se sentir cool.

 

Vous êtes également le visage de Fendi Eyewear.

Ce sont quasiment des prototypes de lunettes, qui sont atypiques dans l’univers de l’optique. On pense aux montures de Keanu Reeves dans Matrix, à la pop culture. Pour Fendi Eyewear, ce sont mes yeux qui font tout le travail pour transmettre les émotions, c’est beaucoup plus dur que de jouer. Par chance, je peux au moins me cacher derrière ces lunettes !

Rob Raco on Love, Style, Johnny Depp and Martin Scorsese - L'OFFICIEL

Articles associés

Recommandé pour vous