Qui est le nouveau surdoué de la mode parisienne ?
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Lenny Guerrier : "La place de la République m'inspire beaucoup"

Co-fondateur de Nïuku, le label underground qui révolutionne le lexique de la création parisienne, Lenny Guerrier a une vision de la mode qui lui est propre. Sans genre, sans artifices, sans dictats. Rencontre.
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Pour qui créez-vous ?

Pour nous déjà, à la base. Pour nos amis ensuite, les gens qu’il y a autour de nous. Nous n’avons pas une personne précise en tête. Aujourd’hui, les bandes, les gangs ne sont plus comme avant. Ils étaient tous habillés pareil à l’époque, aujourd’hui chaque membre d’un gang exprime son propre style, sa personnalité. Avec Nïuku, nous essayons de représenter la jeunesse, celle que l’on voit à Paris. Très éclectique, composée d’anglais, d’italiens, d’espagnols ou d’américains, pour moi ils sont tous parisiens. 

 

Le brief initial de Nïuku ?

Au départ, nous voulions créer un uniforme car nous avions une boutique. Mais à la place de l’uniforme, on a créé un vestiaire masculin, qui s’est agrandi aujourd’hui. On espère bien arriver à bientôt faire des collections complètes. La ligne est composée pour l’instant de basiques, de pièces intemporelles, que l’on coupe de manière à ce que ce soit autant masculin que féminin. Le brief de Nïuku, c’est le genderless. Mais depuis peu, nous avons voulu montrer que nous savons aussi créer des pièces femme, c’est pour cela que les derniers passages du show étaient des robes. 

 

Qu’est-ce que la Basscoutur ?

La Basscoutur, c’est le troisième. Chez Niuku, on est deux avec Kadjahdjah, et il y a une troisième entité qui est cachée. Basscoutur c’est elle, qu’on a assemblée pour créer une ligne dans la marque. Un peu comme Junya Watanabe pour Comme des Garçons. Ce n’est pas une collaboration, mais vraiment une ligne interne, qui nous force à nous remettre en question, penser notre créativité différemment. Une bonne énergie, en quelque sorte. De plus, toutes les pièces Basscoutur suivent la règle des 3 R, recycle, rethink, redesign : ce sont soit des matières issues de vieux stocks que l’on récupère pour en faire de nouvelles pièces, soit une pièce que l’on déconstruit pour en créer une nouvelle. Ca va devenir une sorte de labo de création pour la marque. 

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Peut-on encore créer quelque chose de jamais vu aujourd’hui ?

Rei Kawakubo disait « C’est avec du vieux que l’on fait du nouveau ». C’est vraiment la philosophie de Nïuku. Il s’agit de répondre aussi à une problématique : la mode est l’une des industries les plus polluantes au monde, nous pouvons apporter notre pierre à l’édifice, pour montrer à la nouvelle génération qu’il n’y a pas besoin d’acheter sans arrêt de nouvelles pièces. Casser le cycle de la sur-consommation. 

 

L’endroit qui vous inspire le plus à Paris ? 

Le quartier où je vis en ce moment, forcément. Les alentours du Canal Saint-Martin, de la place de la République. Je passe par là tous les matins en vélo, c’est un véritable catwalk cette place. Entre les jeunes skaters, les jeunes filles ultra-branchées, les mecs qui mixent un manteau Raf Simons à une paire de chaussures de marche. C’est la zone qui nous inspire le plus par son hétéroclisme, c’est le quartier le plus inspirant de Paris.

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Nïuku, printemps-été 2018

Crédits vidéo : Siddhu & Diana Ayanna @ Kamasutralovers

Crédits photos : Nico Bustos 

 

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