Hommes

Le fils de Jude Law est un millennial comme les autres

by Robert Heeg
16.01.2017
À tout juste 20 ans, Rafferty Law est déjà mannequin, DJ et musicien. Précoce, le fils de Sadie Frost et de Jude Law n’entend pourtant pas s’arrêter en si bon chemin. Car, en plus, il déborde d’idées...

Auteur : ROBERT HEEG

Photographe : ROGER RICH

Styliste : WAY PERRY 

“Le fils de Jude Law est mannequin... qui l’eût cru !”, titrait le Huffington Post, un peu sarcastique, lorsque Rafferty Law est monté sur les podiums, pour la première fois, il y a deux ans. Selon le site d’actualités, son itinéraire était tout tracé, dans la mesure où Raff est le fils du couple d’acteurs au physique de rêve, Jude Law et Sadie Frost, et, certes, on peut dire qu’il a remporté le jackpot à la loterie génétique. Mais nous ne sommes pas là pour parler de l’ADN divin de Law Jr. Sans doute, Raff est parti dans la vie avec un certain avantage mais, désormais, il impose sa propre personnalité. Qu’il s’agisse de parader sur les défilés, de manier les platines ou de faire des concerts avec son groupe, il aborde tout ce qu’il entreprend avec beaucoup de sérieux. Et il a vraiment quelque chose à dire. Il est obstiné, mais pas arrogant. Il est déterminé, mais il n’est pas du genre à la ramener constamment. Foncièrement, Raff est juste un jeune homme agréable et tout à fait capable de voler de ses propres ailes, tel que nous le découvrons en lui posant quelques questions pendant le shooting photo à Londres. 

"La mode est un bon moyen de faire connaître mon visage,"

Comment alliez-vous la musique et la mode, et avez-vous une préférence ?

Rafferty Law : Une préférence, je ne sais pas, mais je dirais que la musique est davantage affaire de passion pour moi. C’est là-dessus que j’ai travaillé le plus dur et le plus longtemps. La mode est un bon moyen de faire connaître mon visage, et elle me sert à mettre en avant ma personnalité et ma musique. Je rencontre une quantité incroyable de gens intéressants, qui peuvent aussi m’aider à me mettre en contact avec des producteurs.

Depuis combien de temps faites-vous de la musique ?

J’ai commencé à jouer de la batterie quand j’avais 6 ans. En grandissant, cela ne me satisfaisait plus de me limiter à un seul instrument, alors je me suis lancé dans la guitare et le piano. Et cela a eu un impact énorme sur mon écriture. Au départ, j’écrivais les morceaux tout seul puis, au fil du temps, je me suis mis à collaborer. J’ai monté le groupe Dirty Harrys avec un de mes meilleurs amis, quand on avait 14 ans. On joue toujours ensemble, et on travaille sur un nouveau projet qui, si tout va bien, va se poursuivre sur les dix prochaines années. J’ai suivi un cours de production musicale et une formation d’ingénieur du son. Parce que même si je composais déjà des chansons, une fois en studio, je n’avais pas les outils pour communiquer avec un producteur ou un technicien. À présent, je peux m’occuper de tout moi-même. Je produis de la dance pour m’amuser, et je mélange ces sons avec les riffs de guitare un peu punk de mon pote.  

Comment décririez-vous votre musique ?

Entre Basement Jaxx, Gorillaz et Massive Attack. Il n’y a pas vraiment de genre défini, ça peut plaire à n’importe qui. Moi, j’appelle ça du punk fusion ou du punk Brit pop. C’est ce qu’on cherche à faire, avec les Dirty Harrys. On a enregistré beaucoup de chansons, mais en studio, on ne se retrouvait pas tellement dans le son. Si jamais on faisait un concert, on aurait dit qu’il y avait trois groupes différents qui se succédaient. Je ne veux pas commencer à tourner tant que nous n’avons pas établi un son propre, reconnaissable instantanément. Si tout se passe bien, nous aurons bientôt six ou sept morceaux à diffuser. Les chansons sont abouties, mais il nous reste à les enregistrer. Nous voulons les sortir nous-mêmes, dans une démarche indépendante.

Quel est votre groupe punk préféré ?

Les Clash, même si ce n’est pas très original de dire ça. Sinon, en ce moment, je suis à fond dans Sleaford Mods et aussi un groupe de la fin des années 1970, Slaughter & The Dogs. Il me semble que l’émotion fait son retour dans la musique. En tout cas, je l’espère parce qu’on a connu une grande traversée du désert sur ce plan-là. 

Vous êtes également DJ ?

Ces six derniers mois, la plus grande partie de mon travail s’est effectuée dans l’ombre. Je n’ai pas fait de live et je n’ai rien partagé sur les réseaux sociaux. Mais je tiens à ce que les gens sachent que je suis toujours à fond dans la musique, et mixer est une bonne manière de le faire savoir. 

Vous êtes sous le feu des projecteurs depuis maintenant quelques années. Comment avez-vous réussi à combiner cette attention avec votre scolarité et votre adolescence ?

J’ai eu le bon timing. Quand j’ai quitté le collège à 15 ans, je n’avais aucune expérience dans le mannequinat. Je suis venu à Londres pour poursuivre mes études, j’ai commencé à poser, puis j’ai monté le groupe. Mes parents ont été très clairs là-dessus : il fallait qu’il y ait un équilibre, et je devais finir mes cours avant d’entreprendre quoi que ce soit. Ce n’était pas si difficile, mais j’étais forcé d’être très organisé pour que tout s’enchaîne sans accroc. 

Ça vous fait quoi, l’attention des médias ?

Eh bien, j’essaie juste de rester moi-même. Je consacre toute mon énergie à m’améliorer à la fois en tant que musicien et en tant que DJ.

Vous donnez l’impression d’être un garçon calme, presque introverti.

(Rires) Eh bien, oui, c’est mieux comme ça.

Avez-vous l’impression que votre extrême jeunesse vous force à faire davantage vos preuves, que ce soit dans la mode ou dans la musique ?

Mais je veux faire mes preuves. Et j’ai vraiment quelque chose à prouver. C’est pareil pour tout le monde. Nous avons tous un but. Si je veux me faire une place dans l’industrie musicale, c’est pour que les gens puissent entendre ma musique et l’apprécier. C’est ce que j’ai toujours voulu faire, que ce soit à grande échelle ou juste pour moi-même. 

Ci-contre, veste de laine mélangée et chemise en coton, HILFIGER ÉDITION, TOMMY HILFIGER, Bijoux vintage.
Page de gauche, manteau en cachemire et chemise en coton, HILFIGER ÉDITION, TOMMY HILFIGER. Boucle d’oreille vintage. Page d’ouverture, costume en laine, HILFIGER ÉDITION, TOMMY HILFIGER.

Grooming Ben Jones avec les produits Bumble and Bumble et Skincare de Sisley Paris
Digital et éclairages Pixipixel.com
Digital James Rees

Retouches Big Ted and Little Ted

Production “L’Officiel Hollande”, Olivia Davies 

Vous êtes le type même du millenial qui a réussi. Avez-vous le sentiment de faire partie d’une génération privilégiée ?

Ma génération a beaucoup de chance. Dans le passé, il y a eu tout un tas de mouvements, comme le punk, la Brit pop, ou la house dans les années 1990. Nous avons le privilège de pouvoir piocher dans tout ça pour en emprunter le meilleur ; on peut s’inspirer d’un certain look, réinterpréter les idées musicales d’un mouvement complètement différent et mixer le tout. C’est comme ça qu’apparaissent de nouveaux genres musicaux qui n’ont jamais été explorés auparavant et aussi de nouveaux styles vestimentaires. Ma génération est extrêmement créative. Tous les gens que je connais ont des projets dans le cinéma, la musique, l’art ou la mode et, à l’heure actuelle, toutes ces disciplines se mélangent et se soutiennent entre elles. C’est formidable.

Comment voyez-vous le rôle des réseaux sociaux dans cette évolution ?

C’est un outil exceptionnel pour partager tout ce que l’on crée. Je m’en sers beaucoup. Mais il faut faire attention à ce que ça ne devienne pas une obsession. Il peut arriver de trop partager. Si on met des chansons entières en ligne, par exemple. Une fois que cela est fait, elles circulent et on n’y peut plus rien.

En tant que mannequin, votre apparence est très importante. Quel en est l’aspect le plus crucial, pour vous ?

Mes bijoux ! Je me sens tout nu sans mes bagues, mes chaînes et mes bracelets. En général, je me fais un look total or ou tout argent. Je suis assez spontané, d’ailleurs, j’achète ce qui me plaît, et voilà. Même si je n’arrête pas de perdre mes bagues. J’en ai paumé des tonnes.

Vous avez d’autres projets en cours ?

En ce moment, je suis en train de monter une société d’événementiel avec des amis. Nous voulons organiser des soirées conjuguant art, musique et mode. J’ai beaucoup d’amis très talentueux dans tous les domaines. Ce serait génial d’arriver à mettre tout cela en commun pour une soirée d’exception – avec des super DJs, bien sûr. 

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