Hommes

Kobe Bryant par George Eddy

Si le basket-ball made in USA a conquis la France, c’est un peu grâce au timbre unique, passionné et rauque de George Eddy, qui l’a commenté sur Canal+ pendant des décennies. Il était tout naturel de le faire échanger avec un Kobe Bryant optimiste et sans nostalgie.
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Cet article a initialement été publié dans L'Officiel Hommes de février 2018. 

 

Que pouvez-vous nous dire de votre relation avec Nike ?

Kobe Bryant : elle est familiale. Nous travaillons ensemble depuis 2003. Ce qui est extraordinaire, c’est la liberté qu’ils m’ont accordée pour développer des projets imaginatifs et les concrétiser au-delà de mes attentes. À leur façon, ils m’ont aidé à devenir un bon joueur, en portant une attention particulière à leurs produits.

Comment occupez-vous votre temps de retraité ?

90 à 95% de mon temps est dédié à la construction de mon studio – qui me servira à concevoir des projets pour différents médias et supports. D’ordinaire, je me lève vers 4 h du matin, je fais du sport jusqu’à 6 h, puis je rentre faire le petit-déjeuner de mes enfants et les emmener à l’école. Je pars ensuite au bureau, d’où je reviens pour m’occuper des activités extra-scolaires de mes enfants. 

Quelle est votre plus fierté de joueur ?

D’avoir su durer dans la qualité de mes performances. D’avoir pu m’entraîner aussi dur le dernier jour de mes vingt ans de carrière que le tout premier.

Est-ce que ce match du 22 janvier 2006 où vous avez marqué 81 points contre les Raptors est votre plus grand souvenir ?

Je pense... mais pas nécessairement de la même façon que l’on pourrait l’imaginer. Quand j’étais gamin, j’avais le record de Wilt Chamberlain à l’esprit, et son match à 100 points (le 2 mars 1962, pour les Warriors de Philadelphie). Forcément, cela me faisait rêver de connaître ce genre de moment, mais cela me paraissait du domaine du possible, je ne voulais pas me sentir contraint par ce que disaient certains, qu’il ne serait jamais possible de marquer 80, 90 ou 100 points... J’ai fait le choix de croire que c’était possible. Que cela soit arrivé a permis à toute une génération de le croire également.

Vous qui avez grandi en Italie, que pensez- vous de l’internationalisation de la NBA?

Elle compte aujourd’hui plus de 100 nationalités... Elle a donné davantage de qualités au jeu. Mon parcours a pu aussi bien servir d’exemple à des gamins européens qui rêvaient de rejoindre la NBA, qui la regardaient de loin comme moi. Je suis enthousiaste àl’idée de pouvoir y participer à ma façon, de donner à la ligue une ampleur plus globale, et c’est bien la dream team (l’équipe olympique américaine aux JO de 92, ndlr) qui a initié ce mouvement. 

Quelles sont à vos yeux les conséquences de la révolution numérique sur la NBA et les joueurs ?

Elle a été largement positive, lui offrant une accessibilité permanente. Enfant, je pouvais écouter Dan Peterson, vers 2 ou 3 h du matin (un entraîneur reconverti dans le commentaire sportif sur des chaînes italiennes à la n des années 80, ndlr), et la plupart des gamins ne pouvaient pas veiller tard pour regarder les matchs. Ils les enregistraient. Bien sûr, il y a des inconvénients, mais c’est toujours le cas dans ce genre de bouleversement.

Est-ce que l’idée de développer votre propre franchise, comme Magic Johnson, ou de posséder une équipe, comme Michael Jordan, pourrait vous intéresser ? Comment voyez- vous votre relation avec les Lakers dans l’avenir ?

Pour le moment, je ne vois rien de cet ordre. Je me concentre sur mon studio, m’occuper d’une équipe me prendrait trop de temps. Il est essentiel de se concentrer sur ce qui vous tient à cœur, et rien d’autre. 

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