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Chez Bottega Veneta, Daniel Lee peaufine sa copie

Quelle est la formule magique pour booster la direction artistique d’une grande maison de luxe? Existe-t-elle seulement? L’exercice, périlleux, s’avère exaltant. Démonstration avec les dernières créations de Daniel Lee, appelées à revitaliser la vénérable institution Bottega Veneta.
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En place chez Bottega Veneta depuis juillet 2018, l’énergique et passionné Daniel Lee a eu le temps de peaufiner sa copie. Le lever de rideau sur une précollection très dense présentée en fin d’année à Milan a témoigné de sa détermination. Et de la pression qui pèse sur les jeunes épaules de créateur. Heureusement, l’Anglais de 32 ans a déjà de la bouteille. Diplômé de Central Saint Martins College of Art and Design, il a fait ses armes chez Maison Margiela, Balenciaga et Donna Karan, avant d’intégrer en 2012 la direction du prêt-à-porter de la maison Céline, ère Phoebe Philo, et de contribuer en coulisses pendant plus de cinq ans aux riches heures de la marque, récemment saluée comme l’une des maisons les plus inspirantes de la décennie. Mais si la mode féminine et l’allure de la Parisienne n’ont plus de secrets pour lui, il lui reste encore à faire ses preuves en tant qu’initiateur d’une dynamique de marque globale, si possible avec une touche de sensualité italienne. Et c’est peu dire que tout le monde l’attend au tournant. Car son placement sur l’échiquier mouvant du luxe ne doit rien au hasard.

Avec la nomination de Daniel Lee, le groupe Kering entend bien rebooster l’emblématique Bottega Veneta, et en faire, dit-on, le nouveau Céline, celui de l’époque où l’accent aigu sur le “e” était encore en vigueur. Celui dont François-Henri Pinault dit qu’il “est à même d’ouvrir un nouveau chapitre de l’histoire de la maison […] avec une vision singulière, inspirée d’un univers créatif très personnel”, entend bien perpétuer les codes qui font la réputation de Bottega Veneta depuis plus d’un demi-siècle. Rigueur, qualité, artisanat, savoir-faire, raffinement… Autant de valeurs ajoutées à préserver, tout en les repensant et en tenant compte des enjeux actuels. À l’image du hit bag "Cabat" au cuir tressé “Intrecciato” de 2001 réinterprété en ce “Maxi Cabat” unisexe et oversize (photo). Une réinterprétation qui donne un sérieux coup de jeune à la marque.

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