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Zoey Deutch : "Mon corps réagit avant mon cerveau à certaines situations"

Zoey Deutch sera partout cette année, de “The Politician” à “Buffaloed” en passant par “Retour à Zombieland”. Nous l’avons rencontrée lors du défilé Fendi Couture à Rome en juillet dernier.
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Photographe : Roberto Patella - Stylisme : Leonardo Caligiuri

Nous sommes le lendemain matin de la première à New York de The Politician, la série phare de Netflix produite par la dream team télévisuelle constituée par Ryan Murphy, Brad Falchuk et Ian Brennan. Au casting, des poids lourds comme Jessica Lange et Gwyneth Paltrow. La première saison (oui, il y en aura d’autres) donne le ton : un commentaire tordu et désopilant, mais tellement vrai sur le paysage politique chaotique des États-Unis à l’heure actuelle, situé dans l’univers fiévreux de lycéens, pleins aux as prêts à tous les coups de poignard dans le dos, et de leurs parents, tout aussi psychotiques. Zoey Deutch, l’actrice de 25 ans qui a le vent en poupe, y interprète Infinity Jackson, colistière de Payton Hobart, un jeune ambitieux joué par Ben Platt, qui vise le poste de président des lycéens. Infinity croit à tort être atteinte d’un cancer, et à mesure que la saison avance, l’intrigue devient de plus en plus déjantée. “The Politician a été, de loin, l’une de mes meilleures expériences. Et je me suis amusée hier soir à la première comme ça ne m’était pas arrivé depuis longtemps”, raconte Zoey, ancienne star de chez Disney, fille de l’actrice Lea Thompson (entrée dans la légende avec Retour vers le futur) et du réalisateur Howard Deutch, en se remémorant avec malice les grands moments de la veille. “On a fini par un karaoké à 2 heures du mat’ puis on est allés manger des pierogis... c’est le signe d’une bonne soirée!” Zoey, qui a fait ses premiers pas sur un plateau quand elle était encore bébé, n’a pas chômé cette année. Tandis que le public découvre The Politician en mode “binge watching”, nous la verrons aussi bientôt dans le drame Buffaloed, où elle interprète une jeune fille prête à tout pour quitter Buffalo, une petite ville de l’État de New York, ainsi que dans Retour à Zombieland, où elle zigouille des morts- vivants aux côtés d’Emma Stone, Woody Harrelson et Jesse Eisenberg. Considérée comme la star de demain, Zoey Deutch fait déjà un carton à Hollywood.

Vous semblez avoir le comique dans la peau...
J’ai été élevée dans un foyer où la comédie était super importante. J’aime vraiment l’idée que jouer la comédie, c’est jouer avec optimisme et positivité. Je trouve qu’il est beaucoup plus facile d’être drôle quand on est dans un état d’esprit positif.

Parlez-nous de The Politician et du personnage d’Infinity Jackson.
C’est un vrai caméléon, et un peu une illusionniste. Elle sait se camoufler, elle est capable de disparaître très vite, mais aussi de revenir. Elle sait se rendre invisible. Sa vie est très chaotique, et en même temps, il y a un vide profond dans son existence. J’ai adoré ce rôle. Je m’étais rarement autant amusée sur un plateau.

Vous avez tourné dans Retour à Zombieland, mais vous n’avez pas eu l’occasion de rencontrer Bill Murray.
Non, je n’ai pas eu la chance de travailler avec lui et je ne l’ai pas rencontré. J’ai l’impression que tout le monde a une batterie d’anecdotes plus dingues les unes que les autres sur Bill Murray, mais je ne fais pas encore partie du club. Bientôt, j’espère. J’admire énormément tous les acteurs qui ont participé au projet, je suis tellement fan d’eux que je n’en n’attendais rien de particulier, en fait. Il ne faut pas trop attendre des personnes qu’on ne connaît pas, ni les mettre sur un piédestal. En même temps, j’ai été surprise de voir le plaisir qu’on y a pris, c’était génial. Une des seules fois de ma vie où, quand je rentrais chez moi le soir, j’étais contente à 100 %.

Comment avez-vous préparé le rôle ?
J’ai habité dans la vallée de San Fernando, dans la banlieue de Los Angeles, pendant vingt-quatre ans, c’est donc là que je me suis préparée pour le rôle, ce stéréotype n’avait pas de secret pour moi. L’esthétique, le look et l’anatomie du personnage sont vraiment enracinés dans cet environnement. Beaucoup de ses références datent de 2009. Je me suis beaucoup amusée à faire des recherches sur cette époque.

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Comment savez-vous si un rôle vous convient ?
Si je m’aperçois que je suis en train de lire les répliques tout haut, en général, ça veut dire que je m’y retrouve, et que j’ai envie de passer une audition. Mon corps réagit avant mon cerveau à certaines situations, ou à certains mots pendant la lecture. Mais je n’ai pas vraiment de méthode de sélection. D’ailleurs, on ne peut pas vraiment dire que je sélectionne : je suis obligée de passer des auditions, et si je décroche le rôle, c’est la joie. Ça me rappelle une citation de Meryl Streep, je vais sûrement la déformer, mais je l’adore. Elle dit : “Jouer, ce n’est pas être quelqu’un d’autre. C’est trouver la ressemblance dans ce qui est apparemment différent, puis s’y retrouver.” C’est ce que j’essaie de faire.

Que pensez-vous de la mode ?
J’adore la mode, parce que c’est libérateur de se saper ou de se déguiser et de devenir quelqu’un d’autre. C’est excitant, et il faut que ça reste un jeu, un plaisir. Ça me permet de me sentir très puissante. J’ai toujours eu une passion pour Katharine Hepburn et tous ces costumes qu’elle portait. Elle a tracé sa voie dans l’histoire en se moquant des conventions, bravant les critères de beauté de son temps. Quand j’enfile une tenue, j’affirme mon pouvoir de décision.

Et le défilé Fendi? C’était comment?
Oh, là là! C’était surréaliste, impressionnant. Un privilège, à coup sûr.

Avez-vous le sentiment qu’enfiler une robe Fendi revient à entrer sur un plateau pour tenir un rôle?
Oui, tout à fait. Comme je l’ai dit, c’est très libérateur de porter un costume et de devenir quelqu’un d’autre. C’est une des premières choses qu’on fait quand on crée un personnage : on invente son image, ce qu’il porte, sa façon de marcher, et je trouve ce processus fascinant. Au quotidien, ce qui compte le plus, à mes yeux, c’est de porter ce qui vous permet de vous sentir bien. Mais ça doit être une question de style, pas de tendances. Le style, c’est ce qui vous plaît, ce dans quoi vous vous sentez bien, selon vos propres critères, qui n’appartiennent qu’à vous.

Comment décririez-vous votre style ?
Je suis un peu bipolaire, pour ce qui est de mon style au quotidien. J’aime les robes bohème à fleurs. Mais je me sens aussi très à l’aise en tailleur pantalon noir des années 1990. Là, je porte le Levi’s taille haute de ma mère et une chemise blanche. Et en général, j’ai des opinions très arrêtées, mais j’hésite beaucoup. J’échange des SMS avec dix personnes avant de prendre la décision finale.

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