Femmes

Qui se cache derrière Joseph ?

by Maud Gabrielson
13.03.2018
À la direction artistique du label Joseph depuis 2009, l’anglaise Louise Trotter réinvente le minimalisme radical et présente la première ligne de sacs de la griffe.

Cette saison, vous signez les tout premiers sacs Joseph. Quelle était votre idée ? 

Louise Trotter : Je voulais des sacs aussi fonctionnels que beaux. Nous avons toutes des vies actives bien remplies et je suis certaine que chaque femme a déjà vécu ce moment où elle cherche ses clefs ou une chose bien précise. Nos sacs sont étudiés pour ces moments-là : il y a une chaîne pour le trousseau et plusieurs légèretépochettes détachables. Chaque modèle s’inspire d’un grand classique, comme le sac de bowling que mon grand-père avait l’habitude d’emporter partout, ou les cartables d’écoliers. 

Quelle doit être la qualité première d’un sac ? 

Il doit être léger ! Il n’y a rien de pire qu’un sac qui vous tire vers le bas. Je déteste également quand le contenu est trop désordonné. 

De quoi parle votre collection printemps-été 2018 ? 

Je voulais dessiner les contours d’un vestiaire de transition. Dans le sens premier du terme : passer d’une saison à l’autre, et comment le dressing peut faciliter ce moment. J’aime l’idée d’y ajouter une dimension émotionnelle. Comment on se débarrasse peu à peu de couches de vêtements en anticipant des vacances à venir, par exemple. Le combo veste/pantalon/chemise se transforme doucement pour devenir plus romantique. J’y retrouve une légèreté qui me touche. 

Comment votre éducation mode s’est-elle construite ? 

Dès l’enfance, en regardant ma mère et ma grand-mère coudre et imaginer des vêtements. Après mes études de mode en Angleterre, j’ai travaillé à Paris, Londres et New York, avant de retourner à Londres pour travailler chez Joseph, label avec lequel j’ai grandi dans les années 1990. Joseph a largement contribué à ma première vision de la mode, car les vêtements et le lifestyle cohabitaient de façon globale. 

Justement, que représentait Joseph quand vous aviez 20 ans ? 

C’était bien plus que de la mode. Joseph fut l’un des premiers concept-stores à mixer mode, architecture, art et gastronomie. Entrer dans la boutique de Londres tenait du rite de passage. Je me souviens de lui, Joseph Ettedgui, fumant son cigare et regardant passer les clients. C’était une expérience en soi, on y allait pour s’imprégner de beaucoup plus que de simples vêtements. 

Il y a une certaine androgynie dans vos créations. Cela a toujours été le cas ?  

Je suis, il est vrai, assez masculine dans mon approche de la mode, mais toujours avec douceur. La marque Joseph est elle aussi ancrée dans cette esthétique. Joseph Ettedgui imaginait des pièces essentielles, pensées pour chaque femme, tout en reconnaissant leur besoin d’inattendu. 

Découvrez l'intégralité de l'interview de Louise Trotter dans L'Officiel actuellement en kiosques.

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